Célébration de la journée internationale du réfugié
Le calvaire vécu par des citoyens négro-mauritaniens expulsés au Sénégal et au Mali à la suite de ce qui est convenu d'appeler la crise sénégalo-Mauritanienne
Le calvaire vécu par des citoyens négro-mauritaniens expulsés au Sénégal et au Mali à la suite de ce qui est convenu d'appeler la crise sénégalo-Mauritanienne de 1989, l'organisation de leur retour dans la dignité et le rétablissement de ces derniers dans leurs droits tels sont les grands thèmes développées mercredi soir à Nouakchott, au cours d'une manifestation organisée par le Forum des Organisations Nationales des Droits Humains en Mauritanie (FONADH), dans le cadre de la célébration de la journée internationale du réfugié, commémorée, cette année, pour la première fois dans notre pays.
L'assistance composée de responsables des différents fragments de la société civiles, d'ex-réfugiés mauritaniens et de réfugiés de plusieurs nationalités vivant en Mauritanie, a suivie tout d'abord une déclaration du secrétariat exécutif du FONADH, lue par son président, M. Sarr Mamadou, qui retrace l'évolution du dossier des déportés.
Le document précise que ces personnes, "victimes d'une politique de chauvinisme d'Etat et donc d'exclusion ont vécu pendant 18 ans de la charité internationale et de l'hospitalité fraternelle des peuples et dirigeants Sénégalais et Maliens".
"Pendant que les victimes affrontaient avec peine les conditions de vie dramatiques, les autorités mauritaniennes de l'époque niaient avec arrogance cette réalité douloureuse" et la seule concession que les autorités d'alors ont daigné faire "face à la pression de l'opinion publique internationale et de dire que tout mauritanien qui se trouve à l'étranger est libre de rentrer chez lui" souligne la déclaration.
"C'est dans ce cadre que le HCR, en accord avec les autorités Sénégalaises de l'époque, a décidé, en violation du droit humanitaire élémentaire, de suspendre l'assistance alimentaire, scolaire et sanitaire" indique la déclaration qui ajoute que "c'est pourquoi une partie importante des réfugiés, après large concertation, a décidé de rentrer au pays pour y continuer la lutte et que les autres sont resté dans des conditions misérables".
Le document précise que l'espoir suscité par le changement du 3 Août 2005, quand au règlement de cette question s'est vite évaporé, en dépit de la pression de l'opinion publique nationale et des partenaires au développement, soulignant que l'actuel président de la république et son premier ministre, "ont réitéré leurs engagement à régler ce problème, ainsi que celui du passif humanitaire et des séquelles de l'esclavage".
Au sujet de la solution de ce problème, le Forum, propose le dialogue direct avec les organisations des victimes elles-mêmes et sans intermédiaires, le recensement immédiat des réfugiés restés au Sénégal et au Mali, avec le concours des pays hôtes, de la communauté internationale et de toutes les bonnes volontés, la restitution des biens spoliés, à défaut une juste indemnisation des victimes et le recouvrement de leur citoyenneté, entre autres. La FONADH soutient enfin que ces mesures devraient contribuer à l'instauration d'un climat de paix, de sécurité et de concorde nationale.
M. Kane N'Dyawar ex- réfugié (président de la SENI au niveau du Trarza pendant la transition) a exprimé son émotion et sa joie d'assister à la célébration de cette journée, pour la première fois en dehors des salles obscures. Il a évoqué les conditions difficiles de son expulsion avec sa famille et "l'injustice qu'il a subit".
Il a enfin indiqué que "la question des déportés est une plaie profonde qui nécessite un temps pour la cicatriser et qu'elle concerne l'ensemble de la Mauritanie dans sa diversité".
M. Fofana, réfugié vivant en Mauritanie devait souligner l'importance de la célébration de cette journée et remercier les autorités pour l'avoir accueilli et le peuple mauritanien pour son hospitalité légendaire.
