Relance des activités d'exploration pétrolières dans le bassin de Taoudéni

Le bassin de Taoudéni, qui couvre une superficie de 1.500.000 km2 entre la Mauritanie et le Mali est l'un des bassins anciens les plus mal connus au monde. La partie mauritanienne qui à elle
Le bassin de Taoudéni, qui couvre une superficie de 1.500.000 km2 entre la Mauritanie et le Mali est l'un des bassins anciens les plus mal connus au monde. La partie mauritanienne qui à elle seule s'étale sur une superficie de 600 km (est-ouest) et 250 km (nord-sud) a fait pourtant l'objet de prospection pétrolière dans les années 60-70 par des sociétés pétrolières comme Texaco mais les résultats mitigés obtenus à l'époque et le contexte particulier, marqué par des contraintes liées au prix dérisoire du baril du pétrole, à l'enclavement de la zone, aux conditions climatiques sévères et au niveau limité du développement de la technologie ont découragé les opérateurs qui ont finalement abandonné la zone. Trois décennies plus tard, l'espoir renaît avec le lancement, début de l'année 2000 d'une nouvelle carte géologique établie par un institut français qui suscite de nouveau l'intérêt de grandes sociétés d'exploration pétrolières, encouragées aussi par la hausse actuelle du prix du baril du pétrole, la performance des outils technologiques et les progrès enregistrés sur le plan du désenclavement des zones abritant les sites de prospection. Déjà plusieurs sociétés ont signé des contrats de partage de production avec les autorités mauritaniennes et même entamé leurs activités de prospection à des degrés divers au niveau du bassin de Taoudéni. C'est le cas de la société Total EP Mauritanie qui opère au niveau des blocs TA7 et TA8 d'une superficie de 58.000 km2 dont 80% sur le territoire de la wilaya de l'Adrar et 20% au Tagant. Cette société, qui a achevé la phase d'installation, avant d'entamer en 2006, une campagne sismique au niveau de ses blocs, a obtenu des résultats encourageants selon le chef géophysicien de la mission M. Angel Gonzalez Carballo, qui a indiqué à l'AMI que l'acquisition sismique qui correspond exactement à l'échographie en médecine a permis la reconnaissance de la roche mère qui atteste de l'existence effective du pétrole dans ces blocs. Il a aussi précisé que la recherche est avancée sur le plan de l'état de maturation et de l'identification de la structure, des facteurs déterminants, a-t-il dit, dans le processus de prospection pétrolière. Le responsable de Total a souligné que le programme défini par la société pour la première période d'exploration qui s'étale sur trois années est réalisé à l'ordre de 80% grâce à la conjonction de plusieurs facteurs notamment la collaboration des autorités mauritaniennes à tous les échelons, le dynamisme et le savoir faire de l'ensemble du personnel de la société mais aussi la performance des moyens technologiques utilisés dans l'opération. Au sujet du coût de l'opération, M. Gonzalez s'est contenté de dire que le km2 nécessite la mobilisation de quelques milliers de dollars, montant qui varie en fonction de la différence du terrain. Au plan de la sécurité, il a précisé que les normes strictes de sécurité sont observées tant au niveau des camps qu'au niveau des sites de prospection à travers la présence d'une équipe médicale disposant d'une clinique, d'une unité de purification d'eau, d'un système performant de communication et surtout la présence d'une unité de l'armée qui joue pleinement son rôle. Ces mesures ont permis, a-t-il dit, d'effectuer 950.000 heures de travail/homme sans accident de travail. Concernant la protection de l'environnement, M. Gonzalez a révélé que le traitement des déchets liquides et solides est confié à la société Shencker qui effectue un tri sélectif sous le contrôle de la société. Il a ajouté que dans le souci de préservation de l'environnement, la société a opté pour l'usage des camions vibreurs au lieu de celui des explosifs et que toutes les dispositions sont prises pour éviter tous ce qui est de nature à détériorer ou dénaturer cette zone d'intérêt écologique. Répondant à une question relative aux répercussions des activités de la société sur les habitants de la zone, le responsable de la société a indiqué que l'action de Total est axée sur trois points focaux à savoir l'appui à la commune, la formation dans le domaine de l'eau et la valorisation du patrimoine mauritanien. C'est dans ce cadre, a-t-il dit, que s'inscrit la signature de l'accord cadre, mardi dernier à Wadane, entre la société et les populations de cette moughataa. En vertu de cet accord, dont la signature a été supervisée par le ministre du pétrole et des mines en présence de l'ambassadeur de France à Nouakchott, du directeur délégué de Total EP Mauritanie et des autorités administratives de l'Adrar, la société s'engage, a dit M. Gonzalez, à financer des projets de développement local portant sur la réhabilitation et la réalisation d'infrastructures de base. Il a également évoqué la présence sensible des employés mauritaniens dans les sites d'exploration et au niveau des camps (90 % de l'effectif est mauritanien) précisant que ces derniers profiteront du savoir faire de l'équipe de la BGP qui travaille sur le terrain. Il a enfin indiqué que les conditions de travail sont bonnes. Cet avis n'est pas partagé par les employés mauritaniens qui reconnaissent à la société le respect des engagements, mais qui réclament la révision des contrats afin que leurs droits et devoirs soient clairement définis, l'accès aux soins au même titre que leurs collègues étrangers, l'amélioration de leur conditions d'hébergement et la création de loisirs au niveau des camps. Ils se plaignent également de propos frustrants tenus à leur égard par les responsables étrangers qui les traitent de tous les noms et auxquels ils n'osent pas répondre sous peine d'être licenciés sans droit. Les habitants du Tagant doivent eux aussi se préparer pour accueillir une autre société d'exploration pétrolière. Il s'agit en l'occurrence de la société Ripsol qui doit entamer la phase d'installation à partir de septembre prochain. Cette bonne nouvelle a été annoncée par le ministre du pétrole et des mines lors d'une visite d'information sur l'évolution des recherches géologiques et de la campagne sismique engagées au niveau du bassin de Taoudéni, qu'il a effectuée récemment dans les wilayas de l'Adrar et du Tagant. Le ministre a aussi révélé que notre pays a signé des contrats de partage de production pétrolière avec deux autres sociétés et que le département du pétrole envisage de développer le partenariat avec davantage de sociétés d'exploration pétrolière dans le but de mieux connaître les potentialités que recèle le bassin de Taoudéni et de pouvoir les exploiter éventuellement dans l'intérêt de la nation. L'espoir est donc permis, mais les mauritaniens doivent patienter encore, car la phase de production des blocs TA7 et TA8 du bassin, si les résultats sont concluants et si le programme se déroule sans faille, ne pourra avoir lieu qu'à l'horizon 2014-2015 a déclaré le directeur délégué de Total EP Mauritanie, M. Guy Butteux.

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Mis à jour le 22/10/2026 00:02