Le mauvais état des routes et le non respect du code met en danger la vie de tous
L'Organisation Non Gouvernementale "Association pour la sécurité routière et l'éducation sociale" a organisé hier dimanche à Nouakchott une journée
L'Organisation Non Gouvernementale "Association pour la sécurité routière et l'éducation sociale" a organisé hier dimanche à Nouakchott une journée de sensibilisation sur la sécurité routière et sur l'importance qu'il y a à éviter les erreurs humaines qui entraînent quotidiennement la perte de dizaines de vies et d'innombrables dégâts matériels.
L'organisation de cette journée s'inscrit dans le cadre des manifestations commémorant la semaine internationale de la sécurité routière organisée chaque année du 23 au 29 avril en collaboration avec l'institution "Planète Enfants", l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et la "Société Total Mauritanie".
L'association vise, selon son président, M. El Houssein Ould Mohamed, à travers ses actions, à contribuer aux efforts engagés par les pouvoirs publics à préserver la sécurité des vies et des biens des citoyens des dangers qui les menacent.
En effet, la circulation routière à Nouakchott comme à l'intérieur du pays est marquée par des dangers de plus en croissants du fait de l'anarchie qu'elle connaît ainsi que des embouteillages monstres tout au long de la journée dus à la précipitation, au non respect des camionneurs et conducteurs de gros véhicules des zones de la ville où leur circulation est interdite. Les chauffeurs de ces voitures ne sont guère sensibles aux dangers que cela représente pour les autres usagers ainsi que pour les piétons, ni pour l'énorme perte de temps que leurs actes engendrent ainsi que le blocage de l'accès des ambulances transportant le plus souvent des malades dans des situations critiques aux hôpitaux et autres centres médicaux.
La ville de Nouakchott, qui souffre déjà du manque d'un plan architectural d'aménagement au niveau des routes ainsi que des places publiques, victimes ces dernières années d'occupation illégale (certaines places ont même été loties sur autorisation de l'administration), connaît également une concentration aveugle au centre-ville de tous les départements ministériels, des marchés et autres centres de prestations de services auxquels les citoyens sont appelés à visiter peu plusieurs fois par jour.
L'anarchie de la circulation, le baffouement des codes par certains citoyens qui se considèrent au-dessus de la loi, l'autorisation non contrôlée des permis de conduire, l'absence d'éducation civique et des programmes de sensibilisation ainsi que l'inexistence de mesures répressives aux contrevenants sont, entre autres, des éléments qui contribuent à la dégradation de la situation de la circulation routière.
Les facteurs les plus marquant sont les comportements non civilisés de certains citoyens, la conviction d'autres que les routes et les rues sont leur propriété privée, le non respect de la chose publique (certains endommagent la route pour faire passer les branchements électriques et occupent illégalement celle qui passe devant leurs foyers).
Pour s'enquérir de cette situation, s'informer sur les dégâts causés par les accidents de circulation au cours des quatre premiers mois de cette année et sur les mesures entreprises pour préserver la vie et les biens des citoyens, l'Agence Mauritanienne d'Information a tenté, mais en vain, d'interroger le commissaire chargé de la voie publique à Nouakchott.
Par contre, certains citoyens ont livré leur opinion sur la situation de la circulation routière à Nouakchott. M. Sidi Ould Sidha a indiqué que toutes les capitales du monde vivent une situation similaire pendant une certaine période, soulignant que celà représente, avec d'autres problèmes qui datent de plusieurs dizaines d'années, des questions qui méritent des solutions convenables et durables.
Il a suggéré la construction de plusieurs ponts et chaussées surtout sur l'avenue Jemal Abdel Nasser et la construction de routes réservées aux camions et autres gros véhicules qui doivent obligatoirement avoir des horaires fixes pour rentrer et sortir de la ville.
M. Ould Sidha a ajouté que la rigueur dans l'application des lois en vigueur et leur modernisation conformément aux besoins de la situation et du développement croissant de la ville de Nouakchott sont des questions auxquelles il faut apporter des solutions rapides, appelant à interdire la circulation à l'intérieur de la ville aux remorqueurs et autres véhicules ne possédant pas les qualifications techniques requises.
De son côté, M. Taleb Ekhyar Ould Limam a souligné l'importance de l'application d'un certains nombre de mesures répressives en attendant la mise en place de solutions définitives pour la problématique de la circulation routière et l'éradication des comportements nuisibles à la fluidité du trafic à l'intérieur de Nouakchott.
Pour sa part, M. Ahmed Ould Sidi, conducteur d'un camion, a mis en relief les problèmes de la circulation, précisant que pour charger ou décharger un camion dans les marchés de Nouakchott, il faut toute une journée en raison des difficultés d'accès à ces endroits. Il a ajouté que les endroits réservés au transport des marchandises ne doivent pas être au centre-ville, soulignant l'opportunité de la réorganisation rapide du transport terrestre.
M. Ould Taleb a indiqué que l'accès des camions à l'intérieur de la ville de Nouakchott est devenu plus facile depuis la disparition de l'institution qui était chargée d'organiser le secteur, précisant que ces véhicules se rendent plusieurs fois en ville à la recherche de clients entraînant des embouteillages qui durent parfois plusieurs heures.
Il a appelé les pouvoirs publics à réviser l'organisation du secteur des transports de façon à assurer au transporteur ses prestations, au client de bénéficier d'un transport lui garantissant sa sécurité et celle de ses biens et à alléger les problèmes d'embouteillage que connaît la ville de Nouakchott.
