La pêche, le transport maritime et l'exploitation pétrolière : des menaces écologiques pour le Golf du Banc d'Arguin
Par Cheikhna Ould Cheikh
La pêche abusive, le transport maritime et récemment l'exploitation pétrolière constituent des menaces sérieuses pour l'écosystème du Golf du Banc d'Arguin.
Long de 950
Par Cheikhna Ould Cheikh
La pêche abusive, le transport maritime et récemment l'exploitation pétrolière constituent des menaces sérieuses pour l'écosystème du Golf du Banc d'Arguin.
Long de 950 km avec une profondeur de 200 miles, le golf du banc d'arguin représente un espace maritime et un milieu marin complexe et vulnérable dont la partie orientale est occupée par le Parc National du banc d'arguin, classé site du patrimoine mondial de l'humanité pour sa biodiversité particulièrement riche.
Face à cette complexité écologique et à l'évolution rapide de ses usages et des risques qui en découlent, la préservation de l'environnement marin du Golf du Banc d'Arguin et la gestion durable des ressources halieutiques de la zone économique exclusive mauritanienne qui lui sont associées, sont, dans une large mesure, des enjeux prioritaires pour notre pays.
Conscient de cette réalité et en perspectives d'une bonne gestion de cet espace, qui assure une co-viabilité de ses écosystèmes marin et de ses pêcheries, le gouvernement mauritanien, avec l'appui de la coopération française a mis en place un programme de coopération scientifique dans le golf du Banc d'Arguin destiné à collecter d'avantages d'informations océanographiques, biologiques, écologiques et socio-économiques afin de réduire les dangers qui planent sur cet espace vital pour l'économie nationale et l'équilibre des écosystèmes en général.
Le programme vise également à renforcer la coopération scientifique entre les institutions nationales opérant dans le domaine (PNBA et IMROP) et d'autres institutions françaises de recherche comme (le CNRS, le Muséum National d'Histoire Naturelle, l'Institut de recherche pour le Développement ainsi que plusieurs Universités).
La réalisation de ces ambitions constitue le grand défi que doit relever le projet d'approfondissement des connaissances sur le Golf du Banc d'Arguin (PACOBA), dont le comité de pilotage s'est réuni pour la première fois il y a deux semaines seulement.
Le projet qui s'étale sur trois années est financé par le fonds de solidarité prioritaire de la coopération française à hauteur de 50pc du montant total du projet qui se chiffre à environ un milliard d'ouguiya.
Au sujet de l'importance du PACOBA et des résultats attendus de son exécution, le président du comité de pilotage du projet a indiqué à l'AMI que le projet vise à renforcer les capacités des deux institutions principales, l'IMROP et le PNBA, pour acquérir un niveau de connaissances et de compréhension scientifiques suffisant sur l'écosystème marin du Golf du Banc d'Arguin.
En terme de résultats, a poursuivi M. Mohamed Lemine dit Saadna Ould Navée, le projet permettra de réaliser un pas décisif vers la connaissance intégrée et la compréhension spatiale des phénomènes hydrologiques, bioécologiques et maritimes du Golfe et de leur rôle dans le système de production et de gestion des pêches. Il créera les instruments de veille écologique et économique de façon à réunir les conditions pour détecter les changements, prévenir les risques et protéger les écosystèmes du Banc d'Arguin.'
Le projet s'attellera, enfin, à appuyer la décision pour une gestion des ressources naturelles par une dynamisation des échanges d'information entre les institutions qui auront à définir les conditions d'usage et les règles de conservation ou d'exploitation et avec les bénéficiaires du projet.
Le président du comité de pilotage du PACOBA a précisé que la première composante du projet doit permettre de réaliser les recherches fondamentales manquantes nécessaires à la compréhension des mécanismes qui président à la production de la ressource halieutique et de les intégrer au sein d'un système d'information environnementale (SIE) sur le Golfe du Banc d'Arguin.
La seconde composante, a-t-il dit, est consacrée à la mise en place d'un Observatoire de l'environnement au PNBA et la troisième à l'élaboration et la mise en oeuvre de mécanismes de diffusion et d'échange des informations produites, tout au long du projet.
L'apport du secteur de la pêche à l'économie nationale constitue 40pc de nos exportations, soit 20 à 25 pc des recettes budgétaires de l'Etat. Il contribue pour près de 10pc au PIB et environ 36pc des emplois du secteur moderne.
