Le Directeur Général d'Air Mauritanie explique les circonstances du détournement de l'avion de sa société

Le directeur général d'Air Mauritanie a apporté aujourd'hui, mercredi, des éclairages sur les circonstances du détournement, la semaine dernière, de l'avion
Le directeur général d'Air Mauritanie a apporté aujourd'hui, mercredi, des éclairages sur les circonstances du détournement, la semaine dernière, de l'avion de sa société, indiquant qu'il a coïncidé avec la tenue d'un comité de direction transformé en cellule de crise pour suivre la situation. Le DG d'Air Mauritanie a déclaré à l'AMI que la cellule de crise s'est attelée à déterminer l'horaire, la situation du carburant et la zone où pourrait se trouver l'avion détourné. Il a ajouté qu'après examen des différents éléments et l'établissement de plusieurs contacts, la zone où se situe l'appareil a pu être déterminée, après un bref contact établi par l'un des membres de l'équipage avec le DG qui a rappelé le numéro en question en vain recevant un message d'appel attestant la présence de ce numéro dans l'espace marocain. Le DG a ajouté qu'en rappelant le même numéro, il a reçu un message d'un opérateur de téléphonie espagnole, ce qui attestait que l'avion était entré en territoire espagnol et qu'il se dirigeait vers Las Palmas. A ce moment, le représentant d'Air Mauritanie à Las Palmas était entré en ligne pour révéler que l'avion est en territoire espagnol et qu'il l'apercevait, affirmant par la suite qu'il a atterri au sol avec une vitesse anormale avant qu'il ne fonce et s'arrête. Le DG a indiqué que la cellule de crise est restée en contact avec le représentant d'Air Mauritanie sur place jusqu'au moment où il est devenu sûr que les passagers sont descendus en bonne santé de l'appareil et que le pirate a été maîtrisé avant d'être remis aux autorités espagnoles avec l'intervention de la sécurité espagnole à bord de l'avion pour un contrôle. Après ce contrôle, la cellule a estimé que le détournement a connu un dénouement heureux. A une question relative aux circonstances dans lesquelles le pirate a été arrêté, le DG a déclaré qu'il s'agit d'une méthode connue, sur laquelle les équipages ont été formés et que le pilote avait coordonné avec son équipage. La méthode a consisté à freiner l'appareil sur le tarmac, à le propulser à l'avant, avant de le freiner à nouveau, ce qui crée des déséquilibrages violents pouvant entraîner la chute de l'arme des mains du pirate. Ce qui s'est produit effectivement et permis à l'équipage d'attaquer le pirate avant qu'il ne puisse récupérer son arme. Le DG a estimé que cette méthode de maîtrise des pirates a été rarement effectuée et qu'elle a eu lieu une fois, à bord d'un avion israélien. De son coté, M. Ahmed Ould Mohamed Lemine, le pilote de l'avion qui était présent au moment de l'entretien avec le DG a décrit la scène de l'enlèvement de l'avion déclarant qu'elle s'est produite après que la porte de la cabine de pilotage qui fait face à celle de l'équipage ait été frappée. Après l'ouverture de la porte, le pirate est entré, deux pistolets au poing et a ordonné à l'équipage de se diriger vers la France. Le pilote a répondu que la quantité de carburant dans les réservoirs de l'avion ne permet pas d'aller en France et qu'il devra atterrir à Nouadhibou pour se ravitailler en kérosène. Le pilote a indiqué que le pirate a refusé cette proposition et donné le choix entre, aller au Maroc ou en Espagne. Le pilote a déclaré avoir choisi d'aller au Maroc en direction de l'aéroport de Dakhla où les autorités ont refusé de lui donner l'autorisation d'atterrir. Après, le pilote a indiqué qu'il s'est dirigé vers les Canaries qui ont donné le feu vert à l'atterrissage de l'appareil. Le pilote a souligné avoir demandé au pirate de parler avec la tour de contrôle espagnole après que le pirate lui ait déclaré qu'il était sahraoui estimant à cet effet, qu'il parlait espagnol. Le pilote a révélé que le pirate a refusé de parler à la tour de contrôle déclarant: "parle avec eux, demande leur du carburant et dis leur de ne pas s'approcher de l'avion sinon j'exécute un passager". Le pilote a indiqué que le pirate lui a affirmé avoir mis à l'arrière de l'avion une bombe. Ce à quoi le pilote déclare lui avoir répondu que les pistolets en sa possession ne servent à rien, du moment qu'il a une bombe, soulignant à l'occasion, qu'il s'est rendu compte que le pirate ne parle pas ni Français, ni Espagnol et qu'il n'est guère préparé à ce genre de circonstances. Ensuite, -a déclaré le pilote à l'AMI-, j'ai coordonné une action avec l'équipage après avoir convaincu le pirate de fermer la porte qui le sépare de celle de l'équipage, en lui faisant croire que la fermeture de la porte, c'est activer le moyen de l'ouvrir. Ce qui a permis à l'équipage de l'atteindre à l'atterrissage de l'avion dans des conditions déséquilibrantes. Ce qui s'est produit, dit-il. Par la suite, les passagers lui ont sauté dessus -ajoute-t-il- et l'ont passé à tabac. Le pilote a également déclaré que tout au long de l'enlèvement de l'avion, il a tenu à tranquilliser les passagers, leur disant que les choses vont bien.

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Mis à jour le 24/10/2026 00:02