Des actions à protéger (Par Aly Ould Ahmed Sidi)
L'antenne du haut fleuve du PDIAIM (Projet de Développement Intégré de l'Agriculture Irriguée en Mauritanie) basée à Kaédi contribue à la réalisation
L'antenne du haut fleuve du PDIAIM (Projet de Développement Intégré de l'Agriculture Irriguée en Mauritanie) basée à Kaédi contribue à la réalisation de campagne maraichère de contre saison chaude au Gorgol et au Brakna. Elle offre, dans ce cadre, aux agriculteurs des semences sélectionnées, des engrais et des produits phytosanitaires de quallité et en quantités suffisantes.
L'antenne assure aussi le conseil et le suivi technique tout au long des différentes phases de la campagne jusqu'à la récolte afin de déterminer le rendement et de définir la rentabilité de l'exploitation.
En 2006, le PDIAIM, dont l'action est participative, a aidé à l'exploitation de plus de 30 ha dont 27 réservés au maraichage et le reste ayant servi pour la plantation d'arbres fruitiers comme le manguier, le bananier et le goyavier.
Le projet a également expérimenté le procédé "goûte à goûte" dans 4 perimètres d'1 ha chacun à Kaédi et Lexeiba (Gorgol) et Dar El Barka (Brakna).
Les périmètres réservés au maraichage ont donné des rendements de 20T/ ha pour les aubergines, 15T/ha pour le melon, 20T/ha pour les pastèques et 12T/ha pour le gombo. La commercialisation de cette production n'a pas rencontré de problème de commercialisation parce qu'elle est la seule réalisée, dans cette période pour alimenter les marchés en légumes de tous les produits qui leur ont été acheminés et le gombo a été vendu très cher au Sénégal" a affirmé, à l'AMI le responsable de l'antenne, M. Yahya Ould Khyarhoum.
Il n'exlut pas, cependant, le problème de commercialisation qui peut se poser avec accuité en hiver, au moment où l'offre est supérieure à la demande.
Le responsable de l'antenne, qui note le PDIAIM, dans l'exécution de sa seconde phase, va construire un centre de conditionnement et acheter des camions Frigo, ne peut à lui seul resoudre ce problème.
En plus des voyages d'études qu'il a organisés au Mali, au Sénégal et au Niger pour permettre aux paysans mauritaniens de rencontrer les agriculteurs de ces pays, enrichir leur connaissance et améliorer leur savoir faire, le projet va bientôt commencer à exploiter 40 autres ha dont une partie sera réservée aux coopératives féminines. Les coopératives féminines, bien qu'elles intéressent le PDIAIM, puisqu'il a retenu 3 d'entre elles pour sa prochaine campagne, ne remplissent pas souvent, selon le responsable de l'antenne, les conditions très simplifiées exigées par le projet. ' Le foncier pose un grand problème ", dit-il, avant de poursuivre: " Vous ne pouvez pas mener des actions dans un périmètre qui vont s'arrêter dès qu'un problème fonçier surgit".
Dans ses activités, le PDIAIM mène des démonstrations claires et réussies qui produisent, d'après Ould Khyarhoum, des rendements certains. Bien qu'elles soient rentables, les actions du projet ,si elles ne sont pas protégées, peuvent aussi donner des résultats négatifs comme cela a été le cas une fois où une coopérative à Lexeiba s'est vue ravager un périmètre, par un troupeau de bovins.
Le responsable de l'antenne, qui reconnait que dans de tels cas, l'intervention du PDIAIM, au lieu d'être bénéfique tourne à la perte, souligne encore que le projet ne peut non plus aider une Coopérative en difficulté comme par exemple le dépannage d'une motopompe qui tombe en panne en milieu de Campagne.
"Nous ne sommes concernés que par les intrants, l'enrichissement du sol et la lutte contre les insectes fait remarquer M. Yahya avant de préciser: "l'irrigation, le labour, la protection des périmètres et la lutte contre les calamités naturelles ne sont pas notre affaire."Le responsble de l'antenne appelle, cependant, à l'entreprise d'actions communes entre les différents services avant de déplorer le manque de coordination pour la réalisation d'activités complémentaires. Il mentionne, dans le cadre de la coordination, une complémentarité d'actions entre le projet de développement rural communautaire (PDRC) qui peut financer l'achat du grillage, s'il est sollicité, et le PDIAIM qui a besoin de protection des périmètres dans lesquels il intervient.
La réalité des choses, fait-il constater, fait que le PDRC opère au niveau des communes alors que nous sommes dans des coopératives qui peuvent ne pas se situer dans son champ d'action.
Pour ne pas devenir "celui qui trait sa chamelle dans la marre", le PDIAIM n'a-t-il pas intérêt à protéger ses activités pour les rendre utiles et bénéfiques pour tous?
