PRAPS : Appui aux éleveurs et aux agriculteurs et exploitation rationnelle des pâturages
Les États de la région du Sahel (Mauritanie, Tchad, Sénégal, Niger, Burkina Faso, Mali) avaient annoncé en octobre 2013 à Nouakchott la naissance d’un Projet Régional d'A

Les États de la région du Sahel (Mauritanie, Tchad, Sénégal, Niger, Burkina Faso, Mali) avaient annoncé en octobre 2013 à Nouakchott la naissance d’un Projet Régional d'Appui au Pastoralisme au Sahel (PRAPS), visant la protection de leur système pastoral à travers 5 composantes à savoir la santé animale (i), la gestion des ressources naturelles (ii) , l’accès au marché (iii), la gestion des crises pastorales (iv) et le soutien aux institutions (v).
A travers la facilitation de l’accès au marché, le projet vise la diversification des revenus des familles des éleveurs, à régler les litiges et à soutenir les éleveurs et les agriculteurs.
Financé par la Banque mondiale, le projet dont le financement du PRAPS en Mauritanie, est de 45 millions de dollars, est le premier du genre dans la région.
Le projet comprend également de nombreux objectifs et programmes, dont certains ont été achevés au cours de la première phase du PRAPS, qui couvrait la période comprise entre 2016 et 2021, tandis que la partie restante, qui s'étend de 2022 à 2027, devra être achevée au cours de la seconde phase vise à :
1- Améliorer la santé animale : Les maladies animales représentent un problème croissant, en particulier les maladies qui peuvent se propager au-delà des frontières ou se transmettre des animaux aux humains (c'est-à-dire les zoonoses).
Les effets de ces maladies ne se limitent seulement pas à la mort d'animaux et à la menace pour la santé publique, mais ont également de graves répercussions secondaires telles que la réduction du commerce d'animaux et d'aliments d'origine animale, les maladies génétiques animales et les restrictions imposées à l'élevage, en plus de leur impact direct sur la sécurité alimentaire, notamment en ce qui concerne les moyens de subsistance dans les campagnes.
Afin d'éliminer les maladies animales et d'atténuer leurs répercussions sanitaires, économiques et sociales, le projet a adopté une stratégie qui s'articule autour de deux axes principaux :
- Soutenir et diversifier les capacités des services vétérinaires et renforcer leur cadre institutionnel,
- Développer les infrastructures de santé animale en plus de la surveillance et du dépistage des maladies animales prioritaires.
Il a été effectué dans ce cadre, selon le directeur technique du PRAPS, M. Mohamed Fadel Nema, l’ouverture de 21 centres de santé animale et la construction de 150 fermes, afin de soutenir les campagnes de vaccination du bétail, soulignant également l’appui du Département de près d’une trentaine de véhicules 4x4 pour permettre aux responsables chargés de la santé animale de contrôler toutes les opérations liées aux campagnes de vaccination menées annuellement sur l'ensemble du territoire national.
Cette composante a soutenu diverses formations organisées au profit des cadres du secteur de l’élevage, dont la formation de 300 agents vétérinaires et l’organisation de 50% des campagnes de vaccination, notamment en ce qui concerne la pasteurellose des petits ruminants », a-t-il confié à l’Agence Mauritanienne d’Information (AMI), soulignant l’action entreprise par le PRAPS pour appuyer les capacités de l'Office National de Recherche et de Développement de l’Elevage et le système pastoral dans le domaine de dépistage des médicaments pour animaux et de leur qualité, disant que le projet s’appuie dans la mise en œuvre des programmes de cette composante sur la coordination avec la Direction des Services Vétérinaires.
2- Composante de la gestion des ressources naturelles : cette composante vise selon le directeur technique du projet, à réduire l'exploitation déraisonnable des ressources et des espaces pastoraux, en plus de la réalisation de puits et de points d'eau dans les zones des éleveurs et la limitation des conflits sociaux entre les éleveurs et les agriculteurs.
« Cette composante a réalisé 7 pactes pastoraux au niveau des wilayas des deux Hodhs, de l’Assaba, du Brakna, du Gorgol, du Trarza, du Guidimakha et de Tidjikja, en plus de parties de Nouadhibou, de l’Adrar, de l’Inchiri et de Tiris Zemmour, comme stratégie de préservation des ressources pastorales et de réduction des conflits, en plus de 153 points d'eau dont des puits traditionnels et autres artésiens, équipés de pompes fonctionnant à l'énergie solaire, soulignant l’adoption du projet de plusieurs ateliers destinés à améliorer le niveau de culture des éleveurs sur les pactes pastoraux et la maintenance des équipements des points d'eau.
3- Composante d'amélioration de l'accès aux marchés (bétail) : C'est une composante stratégique du projet qui vise à donner une valeur ajoutée à tous les produits de l’élevage en développant les infrastructures connexes d’une part et un système informatique sur les activités commerciales dans les marchés d’autre part en plus du renforcement des capacités pastorales intrinsèques.
« La première phase du projet a vu l'achèvement de17 marchés de bétail modernes dans les villes et villages frontaliers, la réalisation de plus de 20 abattoirs, afin d'améliorer la santé publique et de réhabiliter ces aires d’abattage suivant les normes sanitaires en vigueur, alors que la deuxième phase de ce projet, sera marquée par la réalisation de certaines infrastructures liées aux marchés de bétail, aux abattoirs, aux laiteries et aux unités de collecte du lait », a-t-il dit, mettant en exergue, l’amélioration des capacités des organisations pastorales, dans tous les domaines liés aux pâturages, grâce à l’appui qui leur a été apporté par le projet, qui leur a permis également de tirer profit des différentes expériences des peuples voisins dans la région du Sahel.
4- Composante de gestion des crises pastorales : cette composante apporte un appui dans le domaine des indicateurs pastoraux qui aident à prévoir les crises et à appuyer les groupes pastoraux vulnérables, en finançant des projets générateurs de revenus, à assurer des formations qualifiantes organisées au profit des jeunes et des femmes, avec la signature à ce titre, d’un accord avec l'Observatoire National de la Sécurité Alimentaire pour le suivi des indicateurs liés aux crises pastorales.
« Le projet a également lancé plusieurs formations dans le domaine de la santé animale, de l'électricité, de la culture maraîchère et de la teinture au profit de 850 bénéficiaires jeunes et femmes et plus de 300 projets générateurs de revenus au profit des groupes pastoraux vulnérables », a-t-il dit.
« Le projet a réhabilité et restauré 20 centres de santé vétérinaire et formé des cadres dans le domaine de la santé animale, dont 10 cadres dans le domaine vétérinaire, afin d'appuyer le système de santé vétérinaire comme il soutiendra également le secteur avec divers équipements et outils pour améliorer ses services », a précisé le directeur technique du PRAPS Mohamed Fadel Nema.
«Le projet compte réaliser, dans le domaine de la qualité des médicaments vétérinaires et d’appui aux campagnes prioritaires de vaccination contre les maladies vétérinaires, des enclos vétérinaires, renforcer la politique et des stratégies du système pastoral », a-t-il poursuivi.
Il a, en outre, annoncé l’appui, dans le cadre de la seconde phase du projet, des chartes pastorales qui n'ont pas bénéficié du PRAPS au cours de la première étape, dont la réalisation de points d'eau et de puits artésiens sur tout le territoire national, de pares feux contre les incendies en plus du soutien apporté aux microprojets afin de lutter contre la désertification dans les zones pastorales.
Concernant la composante de l’appui institutionnel, le directeur technique a indiqué, qu’il interviendra dans le cadre du renforcement de la situation pastorale dans le pays au niveau de l’administration compétente (gestion des filières animales), affirmant, l’appui dans le cadre de la deuxième phase du projet d’équipement des points pastoraux afin de tirer profit des zones pastorales et d’appuyer la culture de fourrages.
5- composante d’amélioration de l'intégration sociale des femmes et des jeunes : elle comprend selon les responsables du projet, des formations de réhabilitation, des projets générateurs de revenus et l’accès des jeunes et des femmes au registre social.
Le système pastoral est considéré comme un système de production écologiquement durable qui fournit une gamme de services écosystémiques, tels que le maintien et la restauration de la biodiversité dans les pâturages et la fertilité des sols dans les terres cultivées, tout en contribuant à l'approvisionnement des marchés en denrées d'origine animale.
Le système pastoral est l'un des principaux systèmes de production dans les zones arides du monde et se caractérise principalement par l'utilisation partagée des ressources naturelles.
La nouvelle phase du projet soutiendra cette activité importante pour améliorer la résilience des éleveurs et des agriculteurs face aux défis, dans certaines parties de la région et de la côte.
Reportage : Salka Hamed
