Adrar : Focus sur la problématique de l’accès à l’eau potable
L’eau est une denrée rare. En Adrar, les citoyens, les élus locaux et les services de l’Etat sont mobilisés pour trouver une solution durable au problème de l’accès à l’eau potable
L’eau est une denrée rare. En Adrar, les citoyens, les élus locaux et les services de l’Etat sont mobilisés pour trouver une solution durable au problème de l’accès à l’eau potable. L’Ami a rencontré les différents intervenants du secteur pour en savoir davantage.
Les ressources en eau sont rares dans la région, estime le directeur régional de l’Office national de l’Assainissement M. Houssein Ould Chriv qui souligne que son administration travaille sur deux volets essentiels pour résoudre le problème d’accès à l’eau.
Il s’agit d’abord de convaincre les citoyens de la nécessité d’une utilisation rationnelle de l’eau afin d’approvisionner le plus grand nombre, ensuite d’explorer de nouvelles pistes et stratégies afin de résoudre le problème définitivement. Selon lui, des avancées significatives ont été faites, notamment avec le forage de puits artésiens. De même, au cours de l’année, la moughataa d’Ouadane a bénéficié du forage de deux puits pastoraux.
La mission dépêchée en juillet par le ministère de tutelle est arrivée à la conclusion suivante : « nous avons des indicateurs encourageants sur l’existence de ressources en eau dans la zone de Terkent ainsi que dans les communes de Ahel Ain Taya, d’Aoujet et de Tawaz ».
Revenant sur le fait que l’accès à l’eau fait partie des priorités du président de la République, M. Houssein Ould Chriv rappelle que 50 villages des moughataas d’Atar, Chinguitti, Aoujeft et Ouadane ont bénéficié d’un accès gratuit à l’eau potable dans le cadre des efforts déployés pour atténuer l’impact du coronavirus sur les populations.
Il estime que l’action du ministère de l’hydraulique est quelque peu limitée par la géographie de la wilaya (massifs rocheux…), l’absence d’un plan d’urbanisation et la multiplication des bidonvilles.
De son côté, le maire de la commune d’Atar M. Cheikh Melainine Ould Cheikh Saad Bouh a indiqué que la question de l’accès à l’eau est une problématique structurelle qui remonte à plusieurs décennies. Il distingue trois niveaux d’action qui permettront de trouver des solutions durables.
La première est une étude géologique pour extraire de l’eau potable des profondeurs (1000 m) sur la durée, la seconde concerne la mise en place de barrages pour stocker les eaux de pluie et la troisième option est le dessalement de l’eau de mer ou encore le projet Aftout Saheli.
A son tour, le directeur régional de la distribution à la Société Nationale D’Eau, M. Mohamed Abderahmane Abou Maali, a indiqué que le réseau de la moughataa est alimenté par la vallée de Teyarett à travers plusieurs puits. Ainsi deux réservoirs d’une capacité de 600m3 pour la première et 500 m3 pour la seconde, desservent la moughataa
Selon lui, le réseau d’approvisionnement en eau est fonctionnel à 80 % ; il faut des travaux pour qu’il soit fonctionnel à 100 %. La société a travaillé pour fournir de l’eau à des zones situées en hauteur difficilement accessibles. Il a ajouté que le nombre d’abonnés atteint 4 300 alors que la consommation mensuelle est de 90 mille m3 par mois, en moyenne.
A Atar, certains ont trouvé une alternative. C’est le cas de M. Mohamed Yeslem Ould Chamekh, propriétaire d’un robinet public. Il souligne qu’il l’a ouvert en 2019 pour servir les citoyens qui n’avaient pas accès au réseau. Ould Chamekh déclare disposer d’un réservoir de plus 20 tonnes qui garantit l’approvisionnement de l’eau dans les moments difficiles.
La rareté de l’eau touche les foyers et les entreprises. C’est le cas de M. Ahmed Ould Soueilim qui estime que sa société connait des difficultés liées aux coupures de d’eau. Ainsi, quelques-uns de ses projets sont à l’arrêt ou ont accusé du retard.
Mohamed Ismaïl
