Le Président de la République à la revue « Chargh Al-Awsat » : les relations avec l’Arabie Saoudite sont ancrées dans l’histoire
Le président de la République, Son Excellence M. Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani, a affirmé mercredi soir à Riyad, lors d'un entretien avec le journal Al-Charq Al-Awsat publié ultérieurement, que sa visite au Royaume d'Arabie saoudite s'inscrit dans le c
Le président de la République, Son Excellence M. Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani, a affirmé mercredi soir à Riyad, lors d'un entretien avec le journal Al-Charq Al-Awsat publié ultérieurement, que sa visite au Royaume d'Arabie saoudite s'inscrit dans le cadre de la fraternité, de l'amitié et de la coopération entre les deux pays frères.
Il a ajouté: « Vous savez que les liens entre nos deux peuples frères sont enracinés dans l'histoire ».
Voici le texte de l'interview:
« Tout d'abord, pouvez-vous nous expliquer le but de votre visite en Arabie Saoudite, quels sont les dossiers les plus importants qui ont été discutés et leur apport dans le renforcement de la coopération entre les deux pays?
- En effet, notre visite en Arabie Saoudite s'inscrit dans le cadre de la fraternité, de l'amitié et de la coopération entre les deux pays frères. Vous savez que les liens entre nos deux peuples frères sont ancrés dans l'histoire. L’attachement des "chanaqitas" aux Lieux Saints est notoire. Ils enduraient la fatigue et la peine, dépensaient ce qu’ils avaient de plus cher et de plus précieux pour s’y rendre, en dépit de la distance et de leurs moyens à l’époque. En contrepartie, ils bénéficiaient de la considération et du respect. Ils se sont rendus célèbres par leur savoir et leur encyclopédisme. De sorte que ces relations d’amour et de considération, ainsi que l’identité commune de culte et de civilisation que les deux peuples partagent, ont constitué un socle aux relations diplomatiques et de coopération fructueuse et constructive.
L’Arabie Saoudite demeure un soutien de premier ordre à la Mauritanie, dans les divers secteurs. De même que la Mauritanie, par ses décisions, s’est toujours rangée du côté du Royaume face à tout ce qui pourrait menacer la sécurité, la stabilité et les intérêts de l’Arabie Saoudite.
Cette visite est donc l’occasion de se concerter sur les diverses questions d’intérêt commun et passer en revue les moyens de renforcer la coopération bilatérale.
« Vous avez assumé les affaires de l'État il y a environ 5 mois. Quels sont alors les dossiers les plus importants sur lesquels planche actuellement votre gouvernement pour améliorer la sécurité économique, politique et culturelle du pays?
- Notre gouvernement a fait de sa priorité la lutte contre la pauvreté, l'exclusion et la marginalisation, la réforme du système éducatif, la construction d'une économie forte efficace dans la création d’opportunités d'emploi, la production de la valeur ajoutée, la consolidation d’une culture de dialogue et de respect mutuel entre les différents partis politiques. De par notre conviction que c'est cela renforce la sécurité économique, politique et culturelle dans le pays.
« Le gouvernement a-t-il un plan pour s'adapter à un monde multipolaire, pour s'adapter aux mutations en cours au centre de l'économie mondiale et le changement de l'équilibre des forces économiques?
- La mondialisation a provoqué un changement fondamental dans les règles traditionnelles qui régissaient le développement et l’essor des pays, qui se trouvent contraints de se regrouper afin de profiter des horizons et des potentialités qu’offre la mondialisation de manière à en atténuer les répercussions négatives.
Nous sommes convaincus que la mise en place de ces blocs et le soutien de la coopération multilatérale sont le meilleur moyen d'atteindre les objectifs de développement durable que nous avons tous adoptés aux Nations Unies, et que nous nous efforçons d’atteindre d'ici l'horizon 2030.
« Comment voyez-vous les réactions face aux grands défis et aux interventions auxquels sont confrontées les deux nations arabe et islamique, qui en sont grandement affectées?
- Nos nations, arabe et islamique, sont exposées à des défis immenses, sécuritaires, de développement et culturels. Or, ces défis doivent être levés pour résoudre les conflits actuels dans le monde arabe de façon à garantir aux pays leur intégrité de territoriale et de préserver leur indépendance et la dignité de leurs peuples. Il incombe d’éradiquer l’extrémisme et l’ultra-radicalisme et de propager les valeurs de respect et de modération.
Ce qui ne saurait advenir de manière efficiente, sans l’amélioration de l’action arabe commune et la volonté de réaliser l'intégration économique, de libérer les énergies des jeunes, de lutter contre l'injustice et l'exclusion. Ainsi, la cohésion sociale se renforce, l'unité nationale se raffermit et s’amenuise le gouffre entre les régimes et les peuples.
« Vous avez suivi le plan de paix américain annoncé par le président Trump concernant la question palestinienne. Comment voyez-vous un tel plan?
- Nous avons toujours été, et sommes toujours, attachés à une solution juste et globale à la question palestinienne, à une solution qui garantisse au peuple palestinien ses droits et consacre la création d’un État palestinien indépendant, avec El-Quods comme capitale, conformément aux résolutions légitimes internationales.
« La Libye est confrontée aux divisions et à des ingérences extérieures, tout comme le Yémen, l'Irak, le Liban et le Soudan. Comment voyez-vous ces crises?
- Nous observons ces crises avec tristesse, douleur et chagrin. Quant à la Libye, il faut accélérer un dialogue inclusif qui n'exclut personne, et nous mettrions pour son succès les efforts des Nations Unies, de l'Union africaine et de la Ligue des États arabes. Quant au Yémen, la légitimité constitutionnelle devrait être bâtie pour trouver une solution pacifique à laquelle toutes les parties prendraient part. Cette logique de dialogue est la même qui devrait prévaloir en Irak, au Liban et au Soudan, voire dans le monde arabe et le monde entier comme seul moyen de résoudre les crises.
