Education:Entre pertinence des préparatifs et réalisme des aspirations
Le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a présidé, lundi matin à l’ecole Wejaha Ould Memme située au secteur 18 du quartier Tarhil, relevant de la moughataa de Ryad ( wilaya de Nouakchott sud), la cérémonie d’ouverture de
Le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a présidé, lundi matin à l’ecole Wejaha Ould Memme située au secteur 18 du quartier Tarhil, relevant de la moughataa de Ryad ( wilaya de Nouakchott sud), la cérémonie d’ouverture de l’année scolaire 2019-2020.
Les préparatifs pour l’ouverture de la nouvelle année scolaire sont dans leur phase finale. Ainsi les pouvoirs publics ont tout mis à contribution pour que la nouvelle année soit une année d’espoir pour les fils du pays dans la perspective de la réforme de l’enseignement, secteur considéré comme le pilier fondamental de tout développement national.
Bien plus, l’ouverture de la nouvelle année scolaire marque d’une pierre blanche le début de l’exécution d’une réforme en profondeur du système éducatif dans notre pays et prépare de façon intelligente et graduelle l’émergence d’une école républicaine qui incarne les valeurs fondatrices d’un enseignement qui porte les symboles de l’Etat, enracine les vertus de la société, cultive l’esprit de l’unité et de la solidarité, enseigne le goût de l’effort et du sacrifice et dispense les connaissances nécessaires à la formation de générations saines et aptes à relever les défis de demain.
Les Mauritaniens aspirent à renouer avec l’école républicaine qui incarne les valeurs fondatrices d’un enseignement qui porte les symboles de l’Etat, enracine les vertus de la société, cultive l’esprit de l’unité et de la solidarité, enseigne le goût de l’effort et du sacrifice et dispense les connaissances nécessaires à la formation de générations saines et aptes à relever les défis de demain.
Une telle école est le socle de toute entreprise visant la construction d’une société moderne et démocratique, pétrie dans ses valeurs authentiques religieuses, culturelles et sociales ; une société ouverte sur le monde, imprégnée du savoir, prompte à assimiler les progrès et suffisamment armée pour relever tous les défis. C’est cette école qui est le gage de la cohésion sociale, de la sécurité du pays et de sa stabilité.
Autant il s’agit là d’une profonde aspiration des citoyens, autant c’est une préoccupation majeure des pouvoirs publics qui font de la reforme du système éducatif un pilier essentiel de leur action. Une telle orientation a été réaffirmée à maintes reprises par le Premier ministre, M. Ismail Ould Bedde Ould Cheikh Sidiya, notamment lors de sa présentation du programme de son gouvernement devant le Parlement quand il a affirmé que le gouvernement œuvrera à la mise en place d’un système éducatif efficient, fondé sur l’émergence d’une école républicaine qui consacre les principes de l’égalité, de l’équité et de la cohésion sociale ; une école où les enfants de ce pays reçoivent un enseignement pétri des valeurs de notre sainte religion, de notre culture arabe et africaine ; une école ouverte aux impératifs de la modernité et capable de fournir aux élèves les connaissances et les aptitudes qui leur garantissent la réussite dans leur vie privée et professionnelle. Le Premier ministre avait, alors, déclaré qu’un processus de concertation globale sera engagé en prenant en compte la masse des expériences précédentes et les différents rapports de diagnostic du secteur de l’enseignement déjà établis. Il a assuré que le cadre institutionnel pour l’émergence de cette école républicaine sera mis en place.
Le Premier ministre a annoncé que le budget de l’Etat connaitra une augmentation progressive des ressources allouées au secteur de l’éducation qui atteindra avant 2024 une hausse de 20% du budget global de l’Etat, précisant que le gouvernement mettra un accent particulier sur les volets relatifs à la mise à niveau des enseignements à travers la formation continue et le perfectionnement, l’amélioration des conditions du vie et du cadre adéquat des établissements scolaires, la réhabilitation et l’extension des écoles normales des instituteurs et le recrutement à large échelle d’enseignants.
S’agissant de l’enseignement privé, le Premier ministre a souligné que toutes les dispositions seront prises pour que les écoles privées puissent jouer convenablement leur rôle en complémentarité avec les structures de l’enseignement public, assurant que le gouvernement s’emploiera sans tarder à corriger tous les dysfonctionnements de l’architecture scolaire pour la rendre plus rationnelle, plus fonctionnelle et plus efficace à travers notamment l’adoption d’une démarche de décentralisation, une meilleure définition des attributions des structures de gestion et le suivi du déroulement des carrières des membres du corps de l’enseignement.
Toujours dans le cadre de cette réforme, et pour éviter la déperdition scolaire, particulièrement celle des filles, l’enseignement a été rendu obligatoire jusqu’à l’âge de 14 ans en plus de dispositions assurant un meilleur accès des élèves de l’enseignement secondaire au cycle supérieur et de plus grandes opportunités d’insertion dans la vie active.
Le gouvernement accorde également une attention particulière aux filières de l’enseignement technique comme le confirment les déclarations du Premier ministre, assurant que les efforts du gouvernement feront de la formation technique et professionnelle, à la fois, un facteur essentiel d’insertion dans la vie active et une réponse adaptée aux besoins de l’économie nationale en lui fournissant une main d’œuvre nationale qualifiée. Un tel objectif sera atteint à travers un élargissement du maillage des structures de formation et de professionnalisation ainsi que le partenariat public-privé de manière à offrir des opportunités de formation à 40 milles jeunes mauritaniens.
Au niveau de l’Enseignement supérieur, le Premier ministre a indiqué que le gouvernement s’emploiera à accroitre les capacités d’accueil de l’Ecole polytechnique et des instituts qui en dépendent tout comme il procédera à la création de nouveaux instituts et écoles tournés vers les professions et métiers d’avenir tels que les technologies nouvelles, les hautes études commerciales et la gestion tout comme il sera œuvré à la promotion d’un enseignement supérieur apte à accompagner les progrès scientifiques fulgurants et à répondre efficacement aux impératifs du développement durable. L’enseignement supérieur sera repensé sur la base de nouvelles méthodes et de nouveaux contenus académiques qui encouragent la recherche scientifique appliquée et la recherche expérimentale, de la dynamisation du Conseil supérieur de la recherche et de l’innovation et la création d’un fonds de financement de la recherche et de l’innovations scientifiques.
Dans le cadre des orientations visant à enraciner les valeurs d’égalité et de cohésion, la gratuité de l’enseignement préscolaire au profit des franges les plus démunies et la création d’un centre de formation et de perfectionnement dédiées aux professions liées à la petite enfance (gestion et animation des crèches e jardins d’enfants) ainsi que l’adoption de l’uniforme scolaire pour tous les élèves. Progressivement, il sera procédé à l’élimination des écoles fondamentales privées à partir de l’année scolaire 2020-2021.
Très clairement, l’ouverture de la nouvelle année coïncide avec le lancement d’une batteries de mesures et d’une séries de programmes qui vont révolutionner l’espace de l’enseignement, restaurer l’école dans la place qui est la sienne, et faire émerger une école de savoir, d’égalité, de cohésion sociale sur le socle des valeurs de la fraternité et de la construction du Mauritanien de demain. En un mot une école résolument républicaine.
Pour jeter la lumière sur ce sujet majeur, la Cellule de production de l’Agence Mauritanienne d’Information a interrogé les directeurs de l’enseignement fondamental et secondaire, le directeur général de l’Institut Pédagogique National et l’inspecteur de l’enseignement secondaire, coordinateur du pôle de Nouakchott en plus du président de l’Union Nationale des Associations de Parents d’élèves et d’étudiants et de la directrice de l’école de Tevragh-Zeina sur les préparatifs et les mesures prises sur le terrain de nature à relever les défis de notre système pédagogique.
Dans ce cadre, le Pr Saad Bouh Ould Cheikh Mohamed, conseiller chargé de la communication au ministère a souligné que l’Etat a mis en place un comité interministériel présidé par le Premier ministre, M. Ismail Ould Bedde Ould Cheikh Sidiya, qui comprend plusieurs départements et supervise directement les préparatifs afférents à la nouvelle année scolaire. Ce comité a tenu plusieurs réunions à la Primature élaborant un plan de préparatifs multisectoriel de l’ouverture, notant que ce comité suit au quotidien le processus et chaque département assume ses responsabilités dans cette perspective pour qu’au final les conditions appropriées soient réunies pour une bonne ouverture scolaire.
Il a précisé que les ministères de l’enseignement fondamental et secondaire ont adopté un certain nombre de mesures visant à achever les préparatifs nécessaire pour le succès de la nouvelle année scolaire qu’il s’agisse du staff enseignant : instituteurs et professeurs ou de l’équipe d’encadrement, des infrastructures scolaires ou de la préparation des établissements pédagogiques pour l’accueil des élèves ou encore de la sensibilisation pour convaincre les familles et les parents d’élèves de l’importance que revêt l’inscription, à temps, de leurs enfants de préférence avant le jour de l’ouverture officielle fixée au 7 octobre courant.
Il a affirmé que les ministres de l’enseignement fondamental et de la réforme de l’éducation et de l’enseignement secondaire et de la formation technique et professionnelle respectivement MM : Adama Bocar Soko et Mohamed Melaïnine Ould Eyih ont eu plusieurs rencontres avec les différents acteurs et partenaires de l’action pédagogique et ont entrepris ces derniers jours des visites de terrain au niveau des établissements scolaires en cours de construction et d’autres en état de réhabilitation sans compter leur visite de plusieurs établissements d’enseignement fondamental et secondaire dans les wilayas de Nouakchott en vue de s’enquérir de l’état d’avancement des travaux dans ces établissements, pour voir dans quelle mesure ils sont aptes à accueillir les élèves, leurs capacités d’accueil et leurs caractéristiques techniques.
Le conseiller chargé de la communication a ajouté que les deux ministres ont donné consigne aux responsables de ces établissements de faire en sorte de parachever les travaux dans les délais impartis conformément aux clauses du cahier des charges en respectant les critères de la qualité, relevant que les deux ministères comptent beaucoup sur le rôle des familles pour contribuer à la réussite de cette ouverture de l’année scolaire.
Pr Saad Bouh Ould Cheikh Mohamed a souligné que l’objectif essentiel pour les deux ministres en charge de l’enseignement fondamental et secondaire n’est pas seulement d’assurer une bonne ouverture mais de faire réussir toute la nouvelle année scolaire dans son ensemble. Bien sûr, la première finalité étant que les cours puissent commencer dès le premier jour de l’ouverture de la nouvelle année scolaire avec la présence effective des staffs enseignants de toutes les classes au niveau de l’ensemble du territoire national mais aussi de la présence d’un nombre suffisant d’élèves et d’étudiants pour garantir un bon démarrage des cours. Il a souligné à cet effet, l’intérêt de la coordination avec les parents d’élèves pour mener une campagne de sensibilisation dans ce sens. C’est ainsi qu’une campagne nationale de nettoyage des établissements scolaires a été lancée la semaine dernière sur l’ensemble du territoire national.
S’agissant des lacunes qu’il convient de combler au niveau des enseignants et professeurs, le chargé de la communication a précisé que l’Etat a rendu public un communiqué conjoint pour le recrutement de 5020 enseignants, dont 3000 instituteurs et 2020 professeurs. Le dépôt des dossiers pour ce concours a commencé à partir du 1er octobre pour s’achever le 11 du même mois. Ce dépôt doit être effectué auprès des directions régionales dans toutes les wilayas. Les examens pour ce concours auront lieu le 27 octobre avec un examen écrit pour la sélection des enseignants, ce qui ne manquera pas de contribuer à combler les lacunes enregistrées dans ce domaine en plus de l’offre d’opportunités d’emplois pour les diplômés.
Pour ce qui est des préparatifs concernant les zones sinistrées suite aux dernières inondations, il a noté que les deux ministres ont tenu une série de réunions avec les directeurs régionaux aux cours desquelles un diagnostic précis de la situation générale de l’enseignement au plan national a été opéré suite à quoi toutes les mesures nécessaires ont été prises pour transcender les difficultés et préparer les écoles afin qu’elles soient prêtes à accueillir les élèves le jour de l’ouverture.
Pour sa part, le directeur de l’enseignement fondamental, M. Mohamed Seyid Sallay, a précisé que son département a adopté un plan global pour faire réussir la nouvelle année scolaire en donnant des orientations directes aux directeurs régionaux de l’éducation nationale sur la nécessité d’une bonne préparation de la nouvelle rentrée et en donnant des instructions aux walis fixant les mesures devant être prises, en particulier en ce qui concerne l’état de préparation des établissements et la présence des staffs enseignants ainsi que du personnel d’encadrement en plus de campagnes pour amener les parents d’élèves à présenter leurs enfants aux écoles à temps utile et ce en ouvrant le registre des inscriptions à cette fin en plus de la coopération et de la coordination avec les associations de parents d’élèves destinées à éveiller chez eux l’esprit civique et partant à les conduire à participer à la propreté de leur école ou établissement. A cela s’ajoute l’expédition d’équipements et matériels didactique à toutes les écoles et la publication de la liste des affectations avant l’ouverture pour permettre notamment aux sortants de rejoindre leurs postes au moment approprié.
Il a fait remarquer que les informations dont il dispose soulignent que l’inscription des nouveaux élèves a atteint environ 60% précisant à cet effet que les édifices scolaires sont de deux types : un type ayant trait à une situation générale chronique avec un déficit en écoles et un retard dans la construction de certains établissements ; un autre type qui porte sur la situation découlant des inondations lors de l’hivernage.
Ainsi le contact a été pris avec les autorités administratives compétentes pour diagnostiquer le problème et y attirer l’attention des directions centrales. Dans ce cadre, un diagnostic a été fait, les besoins ont été fixés et les cas de réhabilitation des infrastructures scolaires pouvant l’être ont été traités. De même, des alternatives ont été trouvées, à titre provisoire, afin d’accueillir les élèves en attendant la construction des écoles.
S’agissant de la situation chronique, un large programme a été mis en place pour la construction de 3500 écoles comme cela ressort du programme électoral du Président de la République. Par conséquent suite à cela les insuffisances enregistrées seront transcendées de façon progressive.
Pr Saad Bouh Ould Cheikh Mohamed a indiqué que le nombre d’écoles en état de fonctionnement dépasse les 3120 écoles devant accueillir à peu près 616 mille élèves. L’on prévoit que le chiffre soit porté l’année prochaine aux environs de 630 mille, notant que la composante réformes est une composante essentielle de la mission du ministère qui sera entamée en temps opportun et ce afin d’améliorer la qualité du service présenté par le département à travers plusieurs axes dont la couverture des premières classes, l’encouragement des enseignants qui travaillent dans les zones éloignées et enclavées, la révision des dossiers du personnel pour disposer d’une base de données correcte en vue de la planification et pour la prise de décisions en plus de la diffusion du décret régissant la présence des enseignants.
De son côté, M. Issa Ould Beibatt, directeur de l’enseignement secondaire a précisé que le ministère de l’enseignement secondaire et de la formation technique et professionnelle a pris un train de mesures pour garantir une l’ouverture de la nouvelle année scolaire dans de bonnes conditions, relevant que le nombre d’élèves au niveau de l’enseignement public secondaire a atteint 182 mille environs et celui des enseignants 4300 professeurs dont 1200 appartenant au staff d’encadrement (directeurs d’études, surveillants généraux) le nombre d’établissements a pour sa part, atteint 342 dont 5 nouveaux collèges (deux au Guidimagha, un au Hodh Charghi et un autre au Tagant tandis que le dernier se trouve dans la moughataa de Sebkha, Nouakchott Ouest) A cela s’ajoute 12 lycées d’excellence répartis dans le pays.
Pour ce qui est des préparatifs, le directeur de l’enseignement secondaire a précisé que le département a pris des mesures pour assurer un bon déroulement de la scolarité englobant l’infrastructure pédagogique, la fixation du nombre de classe par établissement pédagogique et les besoins de chaque établissement, les heures de classe dans chaque établissement etc.
M. Ould Beibatt a précisé que les professeurs ont été répartis et les listes des élèves ont été également expédiées aux établissements en plus des affectations des 200 nouveaux sortants.
Le ministère a, en outre, rendu public une circulaire imposant la présence du staff d’encadrement à partir du 23 septembre dernier pour la préparation de l’établissement relevant que tous les staffs sont prêts et que l’inscription est ouverte depuis le 25 du mois écoulé.
Le ministère a donné des consignes fermes sur la nécessité d’équiper tous les établissements pour la nouvelle rentrée en assurant que tous les équipements en tables – bancs et autres accessoires en plus de guides pour l’enseignant soient en place ainsi que du drapeau national qui doit être levé le jour de l’ouverture ; le tout en plus de la tenue du cahier de présence qui doit être transmis à la hiérarchie.
A son tour, M. Cheikh Ould Ahmedou, directeur de l’Institut Pédagogique National a indiqué que son établissement a entrepris la révision des programmes pédagogiques et fait paraître une édition expérimentale, relevant que l’Institut est actuellement en train d’examiner les observations faites sur cette édition que ce soit sur le contenu ou sur la méthode pour la finaliser.
L’IPN, dit-il, a édité à ce jour 800 mille manuels scolaires distribués depuis quelques jours à quelque 120 kiosques répartis sur l’ensemble du territoire pour être vendus à des prix symboliques : (20 N-UM pour les manuels du fondamental et 30 N-UM pour ceux du secondaire).
C’est dire que l’Etat prend en charge pratiquement tout le coût du livre scolaire.
Le directeur général de l’IPN a, pour sa part, déclaré que ces livres ont été distribués dans toutes les zones du pays avec y compris l’édition expérimentale de cette année, notant que la révision des programmes et leur correction est une question d’une importance capitale.
Il y est pris compte des constantes nationales tout accompagnant le progrès de la civilisation universelle.
Au sujet des préparatifs en cours, M. Cheikh Ould Ahmedou a dit que tous les titres (167) sont couverts aujourd’hui par l’IPN et que ces titres couvrent 13 années de la vie scolaire de l’élève dont 6 au fondamental, quatre au collège et trois au lycée. Ainsi l’élève a –t-il besoin de 5 manuels au niveau de la 1ère année du cycle primaire et 6 manuels pour les années restantes de ce même cycle alors que le nombre de livres augmente avec l’entrée au collège avec l’ajout de la langue anglaise, de la physique et de la Chimie pour atteindre 9 livres et cette augmentation va crescendo avec l’accès au lycée avec ses spécialisations (sciences, mathématiques, littérature moderne et originelle).
M. Cheikh Ould Ahmedou a affirmé que son institut élabore et édite 167 manuels scolaires par an en plus de guides et de cartes scolaires en plus de nombreux autres supports pédagogiques, précisant que des dispositions techniques et des mesures de contrôle permettent le suivi des ouvrages pour éviter qu’ils ne soient détournés vers le marché noir à travers l’édition de copies frauduleuses. C’est ainsi que le procédé de numérotation spécifique a été introduit en fonction de la wilaya de destination pour faciliter la localisation du lieu des fuites éventuelles.
De même, une autre disposition supplémentaire restreint l’accès au manuel scolaire aux seuls élèves par exigence de la présentation au kiosque d’un certificat scolaire et d’une copie d’acte de naissance du requérant pour bénéficier du manuel à un prix symbolique.
Le directeur de l’Institut national pédagogique a souligné que le manuel scolaire constitue la pièce maitresse de la stratégie générale de l’enseignement, ce qui lui vaut la priorité dont il jouit au titre du programme du Président de la République, précisant que dans le cadre des nouvelles orientations un accent particulier a été mis sur l’élaboration et l’édition en nombre suffisant des manuels scolaires et autres supports pédagogiques.
Evoquant l’historique de l’institut, M. Cheikh Ould Ahmedou a indiqué que celui-ci a été crée en 1967 sous le nom de « Centre pédagogique » pour être dénommé en 1973 « Institut pédagogique national », en charge de plusieurs missions dont la première est la production de supports pédagogiques, la contribution à la révision des contenus et l’adéquation des supports pédagogiques avec les programmes définis par le ministère de l’Education nationale.
L’IPN est chargé, en outre, de l’évaluation du système pédagogique de façon globale en concertation avec l’inspection générale de l’enseignement de manière à revisiter les contenus, retirer les manuels qui ne répondent plus aux besoins et concevoir de nouveaux pour se conformer aux nouveaux objectifs définis. La structure de l’institut est composée de plusieurs sections dont celle de la production pédagogique qui comprend plus de 120 concepteurs de manuels scolaires de différentes spécialités, soit une moyenne de 6 concepteurs par matière scolaire. A ce staff s’ajoute la collaboration en externe de personnels retraités et d’enseignants spécialisés en fonction, particulièrement que chaque paragraphe de manuel scolaire requiert la correction et la révision pour garantir une unité de l’ensemble, sa cohérence et son adéquation avec le programme officiel avant que l’ouvrage ne soit définitivement validé.
Par ailleurs, le directeur de l’IPN a révélé qu’une autre structure de son institution, en charge de l’évaluation des programmes et des contenus pédagogiques et assure la formation continue à travers l’organisation de plusieurs sessions de formation.
L’institut dispose d’une imprimerie qui lui confère une autonomie en matière d’impression des ouvrages et autres supports scolaires. Cette imprimerie, créée en 1987, fonctionne convenablement et dispose d’un personnel technique qualifié. Depuis sa création, elle assure la publication de tous les imprimés du ministère de l’Education nationale : manuels, cartes, feuilles d’examen (quatre millions de feuilles d’examens sont produites) en plus des diplômes, des relevés de notes.
L’IPN aspire d’une part à développer et à moderniser cette imprimerie pour qu’elle accompagne l’évolution du secteur et réponde au mieux aux besoins sans cesse croissants, et d’autre part, à relever les capacités du personnel de conceptions des manuels scolaires à travers l’intensification des sessions de formations et la dynamisation de la coopération avec les partenaires extérieurs.
Le directeur de l’IPN a précisé que l’imprimerie de l’institut a une capacité de production annuelle de Huit cent mille (800.000) ouvrages et qu’elle nécessite une modernisation de ses équipements, soulignant qu’il n’est pas un pays au monde qui ne dispose pas d’une imprimerie spécifique pour les travaux pédagogiques pour garantir l’autonomie et la qualité des ouvrages scolaires.
Il a affirmé que des actions sont actuellement en cours pour procéder à sa modernisation à laquelle les pouvoirs publics attachent une attention particulière en raison de son apport au relèvement de la qualité de l’enseignement qui est le vecteur de la propagation du savoir et de l’enracinement des valeurs, sources de formation des générations futures. C’est pourquoi l’investissement dans l’imprimerie en tant qu’outil de production des supports des connaissances est en soi un investissement dans le savoir. C’est aussi par des actions de ce type que l’enseignement pourra renouer avec sa place dans une société qui a toujours valorisé le savoir et vénéré les hommes de savoir.
Autres acteurs majeurs de la famille scolaire, les associations des parents d’élèves jouent un rôle indispensable dans la réussite du système scolaire. Le président de l’Union nationale des associations des parents d’élèves, M. Ahmedou Ould Sghaïr, a déclaré que son union a élaboré et mis en œuvre un programme afin de garantir la réussite de la présente entrée scolaire. C’est ainsi, a-t-il dit, qu’elle a organisé plusieurs réunions avec les responsables régionaux, les parents d’élèves, les directions régionales de l’enseignement et tous les autres acteurs impliqués, et ce dans le cadre de la sensibilisation pour que tous les élèves soient présents dans leurs classes dès la première journée.
Il a ajouté que l’Union des associations des parents d’élèves participe activement à toutes les manifestations scolaires relatives au lancement de l’année scolaire à travers notamment l’envoi de missions à l’intérieur du pays et l’organisation d’actions de sensibilisation en collaboration avec les autorités administratives et les représentations du ministère de l’Education nationale.
L’inspecteur d’enseignement secondaire, chargé du pôle sud, M. Nagi Said, a évoqué son rôle dans la préparation de la rentrée scolaire 2019-2020, notamment en matière de garantie de présence des personnels d’encadrement et d’enseignement, le suivi de l’enregistrement des élèves, l’évaluation de l’état des établissements scolaires en plus de la dispense de cours de rattrapage, de l’élaboration de rapports sur le niveau de couverture pédagogique et de l’exécution de 1100 inspections par an et des auditions avec les staffs pédagogiques. Il a précisé que Nouakchott compte 125 inspecteurs d’enseignements secondaires qui ont été mobilisés pour assurer la réussite de l’année scolaire au niveau des 64 établissements secondaires de Nouakchott dont ils assurent la couverture.
De son côté, Mme Zeinebou Mint Mohamed Nagi, directrice de l’école primaire de Tevragh-Zeina, a affirmé que les préparatifs de l’année scolaire 2019-2020 ont été convenablement accomplis, particulièrement l’entretien des salles de classe, des cours et des annexes, la disposition des table-bancs dans les salles de classe, l’enregistrement des nouveaux élèves admis en première année, la répartition des élèves sur les classes, l’affectation des enseignants sur les classes et l’élaboration des emplois de temps. Elle a conclu en disant que tout est fin prêt pour que les cours commencent dès la première journée dans de bonnes conditions au niveau de son école qui compte 445 élèves et 14 enseignants en arabe et en français.
Les kiosques, boutiques et étals des livres et équipements scolaires connaissent depuis une semaine un important afflux des élèves et de leurs parents ce qui a entrainé une hausse de leurs prix. Pour les familles, c’est une préparation à la veille de l’ouverture des classes. Les élèves doivent non seulement avoir leurs sacs, leurs livres et cahiers, mais ils doivent également avoir de nouveaux habits pour le premier jour de la rentrée. Les marchés vivent dans une atmosphère de veille de fête avec l’enfièvrement et la pression qui lui sont consécutifs.
