Plusieurs acteurs de la société civile plaident en faveur d’une légifération du tabac en Mauritanie
Nouakchott a abrité, mardi, une concertation sur du tabagisme organisée au profit des parlementaires, du Haut Conseil de la Jeunesse (HCJ), des autorités locales, des Associations d’Autorités locales, des Imams , des Organisations de la Sociétés Civiles e
Nouakchott a abrité, mardi, une concertation sur du tabagisme organisée au profit des parlementaires, du Haut Conseil de la Jeunesse (HCJ), des autorités locales, des Associations d’Autorités locales, des Imams , des Organisations de la Sociétés Civiles et des ONG engagées dans la lutte contre le tabac dans le but de constituer, ensemble, un groupe de plaidoyer en faveur d’une légifération du tabac en Mauritanie.
Organisée à l’initiative de l’association Mauritanienne de lutte la tuberculose, le tabac et le sida (AMALUTS), cette concertation est motivée par la recrudescence des maladies liées à l’usage du tabac, cette matière qui demeure, à ce jour, la première cause de mortalité dans le monde alors qu’il est fort possible de l’éviter.
Il est aussi une source de paupérisation, compte-tenu de sont coût ,les frais de soins qu’il engendre et les effets néfastes qu’il occasionne pour l’environnement.
L’événement a donné lieu à plusieurs interventions abordant les différents volets de la thématique, en mettant l’accent sur les incidences du tabagisme aux plans de la santé, de l’environnement et du pouvoir d’achat des ménages.
Intervenant en premier lieu, le directeur du programme national de lutte contre le tabagisme au ministère de la santé, Dr. Abdallahi Abou Habib, a déploré l’accessibilité à grande échelle du produit du tabac en Mauritanie à cause de plusieurs facteurs dont le coût très bas, l’absence de législation et son usage abusif dans tous les lieux publics .
‘’La Mauritanie est le seul pays où le tabac est vendu à tous et pour tous, sans aucune contrainte, bien que les dangers qu’il présente sont évidents, car vécus quotidiennement et reconnus par les décideurs, la société civile et les partenaires au développement. Face à cette situation anormale, il importe d’œuvrer à l’adopter une loi anti tabac.’’, a-t-il, insisté ?
Commentant la propagation flagrante du fléau du tabagisme au sein de la société mauritanienne, le sociologue Cheikh Saadbouh Camara, a souligné quelques facteurs d’ordre social et psychique dont la publicité, le désir d’autonomie, les média qui publient des publicités reflétant de bonnes images de fumeurs et leur attribuent la force, l’élégance et le courge, ce qui est totalement contraire à la réalité.
Pour endiguer le phénomène, le professeur Camara recommande l’adoption d’une législation réglementant l’usage du tabac et davantage d’efforts de sensibilisation et d’éducation impliquant toutes les catégories sociales pouvant influer sur l’opinion nationale.
Quant au député Camara Ali Galadio, il juge que la meilleure solution pour freiner l’usage du tabac est soumettre les produits du tabac à une forte taxation pour les rendre hors portée de la majorité de la population cible, notamment les jeunes écoliers, les femmes et autres.
Pour sa part la présidente de l’ONG AMALUTS, Dr Sunna Boli, a lancé appel en faveur d’une législation limitant la publicité en faveur du tabac, fixant un âge légal pour l’acheter et indiquant les endroits où il est interdit de fumer. Elle a aussi rappelé que, jusqu’à présent, la Mauritanie qui a ratifié, en 2005, la Convention Cadre Antitabac de l’OMS, ne dispose pas de loi antitabac.
Abordant les volets épidémiologiques et l’ampleur de phénomène à l’échelle internationale, Dr Sunna Boli a révélé que plus d’un milliard de fumeurs à travers le monde dont :
Plus de 80 % des fumeurs de par le monde vivent dans des pays à revenus faibles ou moyen.
37 % des fumeurs masculins appartiennent aux pays à revenus élevés,
49 % des fumeurs vivent dans les pays à revenus faibles ou moyens.
Pour parer à ces chiffres très alarmants et dans le souci nous protéger contre ce fléau, la présidente de l’ONG propose, comme solution ultime :la légifération du tabac.
Pour sa part, la présidente du Cyber forum des organisations de la société civile, Mme Khattou Mint Baham, a axé son intervention sur la nécessité de la conjugaison des efforts des uns et des autres pour épargner à la Mauritanie les dangers du tabagisme.
Elle a particulièrement insisté sur le rôle de la femme dans cette lutte en tant qu’ éducatrice des enfants et membre influant au sein de la communauté.
Des imams, dont celui de la mosquée Ibn Abbss, ont souligné qu’au regard des préjudices que l’usage du tabac occasionne pour la santé humaine, l’environnement et le pouvoir d’achat des ménages, le produit est prohibé aux yeux de la religion musulmane.
Les oulémas ont insisté sur la protection des fumeurs passifs contre ce produit toxique et de faire des milieux publics, des espaces entièrement non fumeurs.
Des représentants de la société civile, du haut conseil de la jeunesse, des réseaux de jeunes et des journalistes ont intervenu lors de ce plaidoyer et soulevé des questions liées au sevrage, au coût financier du traitement des maladies causées par le tabagisme et à la nécessité de se doter au plus vite possible d’une réglementation qui protège les non fumeurs et préserve aux usagers du produit le droit de le consommer sans porter atteinte aux personnes innocentes.
Pour le Dr Abou Habib, coordinateur du programme national de lutte contre le tabac, la multiplication des cancers, surtout au niveau des organes nobles comme le cœur, les poumons et les reins est due, dans la plupart des cas, à l’usage du tabac.
Il a ajouté que toute personne qui ne consomme pas le tabac, exerçant une activité physique quotidienne et qui suit un régime alimentaire riche en légumes a 90% de chances d’être immunisé contre les cancers.
Après un débat houleux et constructifs des participants, au nombre de cent, il a été convenu d’adopter une déclaration appelant à l’adoption d’une loi anti tabac dans les plus brefs délais. Laquelle déclaration doit être soumise aux hautes autorités du pays et est susceptible de faire baisser les taux de consommation de ce produit dangereux à l’origine de plusieurs pathologies et responsable de 10% des incendies de par le monde.
Sur la base de ce consensus, tous les participants ont salué l’initiative de ce plaidoyer et se sont portés volontaires à militer pour une rapide légifération anti tabac, chacun suivant son champ d’action.
Les imams se sont engagés à mettre leurs tribunes, notamment le prêche du vendredi, au service de la lutte contre le tabac pour l’intérêt public.
Compte –rendu de Med Abderrahmane Ould Md Yehdhih.
