Prévision climatique saisonnière de la pluviométrie pour la période Juillet-Août et Septembre (JAS) 2016 en Mauritanie
La prévision climatique saisonnière est une prévision probabilistique basée sur les caractéristiques des conditions de températures de surface de la mer (SST) de l'Océan Pacifique, de l'Atlantique, de la Méditerranée, de l'Océan indien et des conditions g

La prévision climatique saisonnière est une prévision probabilistique basée sur les caractéristiques des conditions de températures de surface de la mer (SST) de l'Océan Pacifique, de l'Atlantique, de la Méditerranée, de l'Océan indien et des conditions générales de l'atmosphère.
Selon l'office national de la météorologie, l'analyse des conditions de températures actuelles des différentes surfaces océaniques et leurs évolutions futures laissent présager que l'hivernage 2016 sera caractérisé en Mauritanie comme suit :
- Des dates de début de saison normales à tardives sont attendues sur la partie sud-ouest de la zone agro-sylvo-pastorale du pays (ZONE 3);
- Des dates de début précoces à normales sont prévues sur la bande sud et sud-est de la zone sylvo-agro-pastorale du pays (ZONE 2) ;
- Des cumuls pluviométriques excédentaires à normales par rapport à la moyenne 1981-2010 pour la période Juillet-Aout et Septembre sont très probables sur le Sud et sud-est de la Mauritanie ;
- Des cumuls pluviométriques normales à déficitaires par rapport à la moyenne 1981-2010 pour la période Juillet-Aout et Septembre sont probables sur le sud-ouest du pays (ZONE 3)
- Des cumuls pluviométriques normaux à légèrement excédentaires sont probables sur le reste du territoire;
- Des séquences sèches normales à longues sont prévues en début et en fin de saison sur la majeure partie de la zone agro-sylvo-pastorale du pays ;
- Des dates de fin de saison de pluie tardives à normales sont attendues sur l'ensemble de la zone agro-sylvo-pastorale du pays.
Carte de prévision saisonnière pour la période Juillet-Aout et Septembre 2016 La normale (1981-2010) des cumuls pluviométriques pour la période Juillet -Août et Septembre comparée à l'année 2015
Stations la normale Cumul JAS 2015 Aioun 178 206
Akjoujt...........54 109
Atar..............56 27.2
Bir Moghrein......30 133
Boutilimit........137 177
Kaédi.............246 233.8
Kiffa.............222 180
Nouadhibou....... 7 8.2
Néma............. 185 180.9
Nouakchott....... 82 77.5
Rosso........... 209 121
Selibaby......... 420 321
Titjikja......... 76 77.5
Zouérate......... 33 69.5
Compte tenu des tendances ci-dessus, il est fortement recommandé de :
1. Pour les agriculteurs :
a) Pour la zone 3 (Sud-ouest du pays) où il est plus probable d'observer des dates de début de saison tardives, et des séquences sèches normales à plus longues après le démarrage de la saison les agriculteurs doivent :
- éviter de se presser à semer tôt, afin d'éviter les pertes en semences, en fertilisants, en main d'oeuvre et en capitaux, qu'engendre les ressemis multiples généralement liées à une installation contrastée de la saison ;
- utiliser des variétés résistantes à la sècheresse et/ou à cycles courts ;
- limiter l'utilisation des espèces/variétés exigeant beaucoup d'eau ;
- éviter les apports supplémentaires d'engrais, notamment azote, pendant la période d'installation des cultures et celles à risques de sécheresse ;
- privilégier les techniques culturales favorisant l'économie de l'eau du sol ;
- privilégier l'exploitation des bas-fonds ;
- planifier le recours à l'irrigation d'appoint ;
- Consulter régulièrement les techniciens des services de vulgarisation agricole ;
- Assurer une bonne gestion et un usage efficient des ressources en eau ;
- Interagir avec les techniciens de la météorologie nationale et des services d'agriculture pour des informations agro-météorologiques et des conseils sur les variétés à utiliser.
b) Pour la zone 2 (sud et sud -est du pays) où il est plus probable d'observer des cumuls pluviométriques excédentaires à normaux, des dates de début de saison précoces et des séquences sèches normales à longues après le démarrage de la saison, les agriculteurs doivent :
- Investir d'avantage dans les semences des variétés améliorées, aussi bien pour les cultures vivrières que pour les cultures de rente ;
- apporter des fertilisants (fumure organique et engrais minéral)
- renforcer la vigilance contre les adventices et les ravageurs des cultures (criquets et autre insectes nuisibles) ;
- mettre en place des dispositifs pour prévenir les risques d'inondations et limiter exploitation des zones inondables ;
- Investir plus dans l'aquaculture ;
- Ne pas baisser la garde vis-à-vis d'éventuelles fortes pluies pour minimiser les dégâts sur les vies et les biens matériels ;
2. Pour les éleveurs :
a) Pour les pasteurs et agropasteurs de la zone 3 (sud-ouest du pays) à probabilité d'une installation normale à tardive de la saison des pluies, envisager :
- la mise en place d'aliments bétail ;
- faciliter aux animaux l'accès aux points d'eau les plus proches, afin de les mettre à l'abri des effets du manque d'eau et d'éviter les conflits entre agriculteurs et éleveurs.
b) Pour les pasteurs et agropasteurs des zones à forte probabilité d'excédents pluviométriques zone 2 (sud et sud-est du pays) :
- veiller à éviter aux animaux les risques de noyade ;
- prévenir les épizooties à germes préférant de bonnes conditions humides.
3. Pour les pécheurs et pisciculteurs :
Le refroidissement attendu des eaux du golfe de guinée et sur l'Atlantique est favorable à la remontée du phytoplancton, donc à une bonne productivité de poisson dans nos côtes. Aussi, les écoulements excédentaires à normaux attendus dans pas mal des bassins fluviaux sont favorables à la pisciculture. D'où l'importance de prendre des dispositions pour maximiser les rendements de la pêche.
4. Pour les autorités nationales, locales et les acteurs de développement (Projets, ONGs et OPs) :
- Prendre les dispositions pour mettre en place les intrants agricoles (semences améliorées, engrais et aliments bétails) en quantité suffisante dans les différentes zones ;
- Prendre les dispositions pour doter les services d'agriculture et les producteurs en équipements et moyens pour la pratique de l'irrigation notamment autour des points d'eau utiles à cet effet ;
- Prendre les dispositions pour résorber les déficits de production potentiels dans les zones à installation tardive de la saison des pluies à travers la promotion du maraichage, de l'agroforesterie et d'autres activités ;
- Appuyer et favoriser la communication de l'information climatique (dont les révisions saisonnières) aux différents utilisateurs dont les producteurs agricoles en particuliers ;
- Mettre en place ou renforcer les dispositifs d'encadrement des producteurs, de veille et de réponse aux risques liés au climat ;
- Prendre les dispositions utiles pour éviter ou réduire les dégâts et les pertes liés notamment aux inondations et aux invasions des ravageurs des cultures, dans les zones à risques en :
" Palliant au risque permanent lié à l'occupation anarchique des zones inondables ;
" Renforçant les capacités d'intervention des services techniques à ne pas baisser la garde par rapport au suivi des risques d'inondation et d'invasion acridiennes dans les zones vulnérables.
5. Pour le secteur de la santé :
- Prendre les dispositions utiles pour protéger les populations contre les moustiques particulièrement les enfants ;
- Prévoir la disponibilité des stocks de médicaments antipaludéens dans les zones à accès difficile.
6. Pour le secteur de l'Environnent :
- encourager et renforcer les reboisements ;
- consulter régulièrement les bulletins de l'ONM pour mieux planifier les opérations de reboisements.
Par Hassan Ould Mohamed Ahid
