Le ministre de la Justice: Le gouvernement exécute des programmes ambitieux pour élever du niveau de la sécurité, de la santé, de l'éducation et de l'alimentation dans les prisons
L'Assemblée Nationale a consacré la la séance plénière qu'elle a tenue, mercredi sous la présidence de M. Mohamed Ould Boilil, son président, aux réponses du ministre de la justice, Me Brahim Ould Daddah, sur la question orale qui lui est adressée par la

L'Assemblée Nationale a consacré la la séance plénière qu'elle a tenue, mercredi sous la présidence de M. Mohamed Ould Boilil, son président, aux réponses du ministre de la justice, Me Brahim Ould Daddah, sur la question orale qui lui est adressée par la députée El Malouma Mint Billal.
Dans sa question, la députée a affirmé que les prisons en Mauritanie connaissent une dégradation des situations sociale, sanitaire, sécuritaire et éducative, en plus de ce qu'elle a appelé d'échec de l'opération de réforme et de réhabilitation.
Elle a souligné que cette situation a conduit récemment à des opérations de fuites collectives de la prison de Dar Naim, de décès répétés de certains prisonniers et de propagation de maladies et d'épidémies.
Elle a aussi ajouté que malgré les dispositions juridiques adoptées par la Mauritanie, le surpeuplement, la malnutrition, l'arbitraire, la déviation, la consommation de la drogue, la violence, l'extrémisme, la corruption et la ségrégation restent les caractéristiques essentielles des prisons du pays.
Elle s'est demandée jusqu'à quand les prisons mauritaniennes connaîtront une telle situation de dégradation, malgré l'appui dont bénéficie le secteur de la part du Budget de l'Etat et des partenaires, appelant le ministre à présenter les solutions proposées par son département pour résoudre ces problèmes.
Dans ses réponses, le ministre a indiqué que la question lui donne l'occasion d'informer messieurs les députés et l'opinion publique nationale de la situation des prisons en Mauritanie et des programmes exécutés par le gouvernement, sur instruction du Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, pour améliorer les situations sécuritaire, sanitaire, alimentaire et éducative dans les prisons.
Il a ajouté que la situation des établissements pénitentiaires dans le pays n'est pas aussi obscure comme le présente, dans la question orale, l'honorable députée, soulignant qu'il accueille favorablement la critique constructive et qu'il est disposé à y répondre avec tout le sérieux requis et l'objectivité demandée.
Le ministre a précisé que la Mauritanie ne compte pas seulement sur l'appui des partenaire pour prendre en charge les prisons et les prisonniers mais compte plutôt, en premier lieu, sur les ressources propres de l'Etat mauritanien pour élever du niveau institutionnel des établissements pénitentiaires et des services qu'ils dispensent.
Il a, à ce sujet, insisté sur l'intérêt qu'accorde l'opinion publique nationale et internationale à la situation des prisons, étant donné la nécessité, pour la société, d'assurer la sécurité, le bien être, la paix sociale et de prémunir les citoyens contre les déviations et l'extrémisme.
Il a indiqué que, conscient de sa responsabilité vis-à-vis des citoyens, qu'ils jouissent de leur liberté ou qu'ils soient en prison, le gouvernement a le devoir de veiller sur la satisfaction des besoins humains et juridiques de ces citoyens.
Le ministre a rappelé l'intérêt qu'accordent les pouvoirs publics, depuis que le pays est dirigé par le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, pour revêtir la justice d'un caractère humanitaire, protéger les droits de l'homme, insister sur l'importance des droits dans l'administration quotidienne des affaires judiciaires et empêcher le crime que ce soit à travers les lois et les mécanismes mis en place, dans ce cadre, depuis 2009, ou en s'appuyant sur les normes des Nations Unies dans le traitement des prisonniers.
Il a ajouté que les lois régissant les prisons dans notre pays prévoient la création d'organismes de consultation et de contrôle chargés de contrôler les prisons en ce qui concerne l'hygiène, la sécurité, le système alimentaire etc.
Le ministre a noté que son département s'emploie actuellement à mettre en place un comité de consultation national pour les prisons et la réforme qui sera chargé d'étudier toutes les questions relatives à l'amélioration des conditions des prisonniers et d'élaborer des rapports périodiques à ce sujet.
Le ministre de la justice a précisé que le Conseil supérieur de la justice a nommé, au cours de sa dernière session, des magistrats chargés de l'exécution des peines au niveau de chaque tribunal régional. Ces magistrats sont chargés, a-t-il dit, d'exécuter les peines prononcées, de visiter les établissements pénitentiaires, de suivre le degré d'exécution des textes relatifs à l'organisation et à la gestion de ces institutions en ce qui concerne la légalité de la détention, les droits des prisonniers et la conformité des procédures des sanction.
Il a également insisté sur l'importance accordée à la création d'une infrastructure appropriée et moderne, reflétant ainsi, a-t-il dit, le nouvel intérêt accordé par les hautes autorités du pays au secteur de la justice, soulignant que de nombreuses réalisations ont été accomplies dans le domaine des infrastructures pénitentiaires. Il a précisé que la surpeuplement dont souffrait les établissements pénitentiaires et qui était à l'orignine de tensions au sein de ces derniers n'existe plus grâce à l'ouverture de nouvelles prisons à Aleg, Nouadhibou et Bir Moughrein dont les capacités d'accueil sont respectivement de l'ordre de 650, 400 et 200.
Il a noté que les réalisations dans ce domaine comportent aussi le début de construction et d'équipement d'une suite pour la détention des personnes souffrant de maladies contagieuses et le projet de construction de deux centres sanitaires à la prison de Dar Naim et à la prison centrale de Nouakchott dont les sites sont déjà définis et les plans arrêtés. Les travaux dans ces deux centres commenceront bientôt, a-t-il dit.
Le ministre a précisé que des travaux de réhabilitation du réseau d'adduction d'eau et du réseau d'assainissement et de de réalisation d'un château d'eau dans la prison centrale de Nouakchott seront en outre exécutés, en plus de la conclusion du marché relatif à la construction d'un centre de détention des mineurs.
M. Brahim Ould Daddah a souligné que l'amélioration du niveau de vie à l'intérieur des prisons constitue le grand défi que le secteur s'emploie à relever, notant que cet objectif a été atteint, dans une grande mesure, et précisant que le département a oeuvré, au cours de la dernière période, à doter les prisons des moyens permettant aux prisonniers de mener une vie appropriée.
Ainsi, a-t-il dit, les prisons de Nouakchott, d'Aleg, de Nouadhibou et de Bir Moughrein ont été dotées, cette année, de l'ameublement nécessaire et d'outils de cuisine, soulignant que l'opération de dotation sera généralisée à toute les prisons du pays dont les centres sanitaires seront aussi approvisionnés en médicaments et en équipements, permettant ainsi aux personnels médicaux de travailler dans de bonnes conditions au sein des prisons.
Le ministre de la justice a indiqué que l'alimentation revêt une importance particulière, soulignant qu'aucune amélioration du niveau de vie à l'intérieur des prisons n'est possible sans accorder à l'aspect alimentaire l'intérêt qu'il faut.
Il a précisé que c'est la raison pour laquelle les prisons ont été approvisionnées de manière continue en rations alimentaires tout en veillant sur la qualités des repas servis aux prisonniers.
Il a souligné que, dans ce cadre, le ministère a signé une convention avec le commissariat à la sécurité alimentaire garantissant l'approvisionnement des prisons en produits alimentaires essentiels (céréales, huile, lait en poudre, sucre, thé). Les produits destinés aux prisons ont été exemptés de la TVA, chose, a dit le ministre, qui s'est répercutée positivement sur la vie des prisonniers.
toutes ces mesures, a-t-il dit, ont eu un impact positif sur les prisonniers, selon les rapports des milieux neutres, en ce sens que le niveau des cas de malnutrition a reculé de 24%, l'an dernier à 14,2% au mois de mai 2016, sans déceler aucun cas de malnutrition aiguë.
Le ministre de la justice a indiqué que les initiatives adoptées, durant la dernière période, ont conduit à une évolution réelle dans le domaine de la couverture sanitaire, en ce sens que les prisons de Nouakchott, Nouadhibou et Aleg disposent à l'heure actuelle d'équipes médicales dispensant les services sanitaires de manière continue.
Il a en outre rappelé que l'Etat prend en charge l'ensemble des besoins sanitaires des prisonniers, de manière garantissant l'accès de ces derniers aux formations sanitaires publiques, soulignant que le département assure le suivi sanitaire et les analyses médicales des prisonniers qui reçoivent aussi continuellement les médicaments dont ils ont besoin, avant d'insister sur le fait qu'aucun décès supect n'a été enregistré depuis un temps à l'intérieur des prisons.
Le ministre a affirmé que le suivi des derniers cas de décès enregistrés au niveau des prisons et qui sont au nombre de 5 depuis 2015 parmi les 2200 prisonniers a montré que ces décès étaient naturels et non causés par une quelconque négligence.
M. Brahim Ould Daddah a révélé que son département mène actuellement une révision et une dynamisation de l'effort éducatif et d'enseignement à l'intérieur des prisons à travers l'adoption de nouvelles approches basées sur l'encouragement des enseignants à étudier de nouveaux choix relatifs à la formation professionnelle, soulignant que les activités sportives et récréatives seront aussi dynamisées.
Le ministre a précisé que le gouvernement s'emploie à mettre en place une stratégie à contours claires basée sur les principes de la réhabilitation et de la réforme à travers la dynamisation d'activités d'enseignement et de prêche par l'intermédiaire d'oulémas, d'Imams et d'enseignants qui donneront, à l'intérieur des prisons, des exposés et des conférences exhortant sur la nécessité d'apprendre les devoirs religieux, de faire preuve de comportements exemplaires et de s'écarter des comportements nuisibles conduisant à la déviation, en plus de l'organisation de session de formations sur les différentes activités comme l'informatique, l'enseignement des langues au profit des mineurs, la couture, la peinture au profit des femmes, la soudure et la ménuiserie pour les autres prisonniers.
La stratégie prévoit aussi, a dit le ministre, d' accorder des prêts aux personnes sorties de prisons pour créer de petits projets générateurs de revenus.
Il a affirmé que le département étudie actuellement un ensemble d'activités productrices qui seront menées à l'intérieur des prisons, citant parmi ces activités, la création de pépinières pour la production d'arbres pour lutter contre la sécheresse, la création de boulangeries et de dépôts de briques, soulignant que le but visé à travers ces projets n'est pas uniquement d'assurer aux prisonniers une qualification professionnelle mais aussi de disposer de revenus.
Le ministre a indiqué, par ailleurs, que la fuite des prisonniers a lieu dans des cas rares, notamment aux moments où ils bénéficient de facilités de service, rappelant la fuite collective de la prison de Dar Naim le 19 février 2016 quant 47 prisonniers se sont évadés dont 42 ont été repris par la suite. Les cinq autres prisonniers sont encore vivement recherchés et seront arrêtés, a-t-il dit, soulignant que la fuite des prisons est un phénomène international et ne prouve pas nécessairement la faiblesse de la sécurité dans les prisons.
Le ministre de la justice a indiqué qu'une base des données pour la gestion prisonniers est actuellement en train d'être réalisée, en collaboration avec l'Agence nationale du registre de la population et des documents sécurisés. Une telle mesure , a-t-il dit, est de nature à maîtriser la situation juridique des prisonniers grâce au suivi quotidien du dossier de chaque prisonnier.
Il a rappelé que les prisons sont en général l'un des domaines d'intervention des organisations humanitaires nationales et internationaloes, soulignant que cette intervention s'est limitée, au passé dans la plupart du temps, au contrôle et à la critique. Cette situation, a-t-il dit, a changé au cours de la dernière période, en ce sens que les politiques adoptées par le gouvernement ont réussi à faire évoluer cette relation en partenariat positif à travers l'ouverture et la confiance grandissante, ce qui a conduit la plupart de ces partenaires à oeuvrer pour lancer des initiatives sérieuses dans le but de contribuer à l'amélioration de la situation de nos établissements pénitentiaires.
Le ministre a enfin appelé les députés et les représentants de la société civile à entretenir le lien avec les établissements pénitentiaires qui restent, a-t-il dit, ouverts devant eux, soulignant que leur administration demeure disposée à recevoir toute remarques de nature à nous permettre ce auquel nous aspirons tous, à savoir asseoir les nobles valeurs humaihnes.
Il s'est dit convaincu que toute démarche entreprise dans ce sens sera positive car devant permettre soit de montrer les lacunes pour les combler ou rendre hommage aux efforts déployés par le gouvernement sur instruction du Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz et grâce au suivi sérieux de la part du gouvernement du Premier ministre, M. Yahya Ould hademine.
Dans leurs interventions les député ont loué l'évolution positive qu'ont connue nos établissements pénitentiaires récemment, appelant à renforcer cette orientation visant à faire des prisons non pas seulement un lieu de détention mais aussi un lieu de formation et de réhabilitation.
