Le Premier ministre répond aux interventions des députés relatives à la politique générale du gouvernement
Le Premier ministre M. Yahya Ould Hademine a apprécié les remarques et les propositions faites par les députés, issus des différentes composantes de la scène politique, représentée

Le Premier ministre M. Yahya Ould Hademine a apprécié les remarques et les propositions faites par les députés, issus des différentes composantes de la scène politique, représentées à l'Assemblée nationale et des divers groupes parlementaires au sein de cette chambre, relatives à la déclaration qu'il a présentée devant le parlement sur bilan de l'exécution de la politique générale du gouvernement pour la période 2015-2016 et sur ses perspectives.
Le Premier ministre a indiqué au cours d'une séance plénière tenue à l'Assemblée hier jeudi, sous la présidence du député Mohamed Ould Boilil, son président, qu'il essayera de répondre à toutes les questions, en uniformisant les réponses à celles qui se recoupent.
M. Yahya Ould Hademine a débuté par la question relative aux statuts prévus pour la mahadra, soulignant d'emblée, que le tumulte suscité dernièrement sur les Écoles coraniques n'est pas justifié.
Il a précisé à ce propos, qu'en fait, le département concerné a réorganisé ce secteur et constaté que certains instituts sont devenus des établissements, disposant de récépissés pour les uns et sans autorisation pour les autres, d'où la suspension de l'activité de ceux non reconnus jusqu'à la réunion des documents nécessaires.
L'obtention de ces documents est facile, puisqu'il n'est demandé que disposer d'un programme d'enseignement, des enseignants et des sources financement, soit une procédure pouvant être faites en une heure de temps et partant l'obtention du récépissé avant une semaine.
L'institut est un établissement au sein duquel des élèves perçoivent des bourses dont il faut identifier les sources de financement a-t-il ajouté, soulignant la levée d'interdiction faite depuis deux jours à certaines mahadras, qui ont justifié ne pas affiliées à des instituts.
Le Premier ministre a rappelé que c'est l'actuel pouvoir qui a rompu les relations avec Israël en 2009, dans un contexte connu par tous, précisant qu'il a également imprimé, et pour la première fois dans le pays, le "Mashaf Ach charif" affirmant qu'il est aussi engagé à l'imprimer de nouveau au cours de cette année.
L'actuel pouvoir a apporté tout l'appui nécessaire aux mahadras mauritaniennes, estimées à 6.783 et où professent 200 enseignants percevant des salaires mensuels a-t-il dit, indiquant que 3.715 Écoles coraniques bénéficient d'aides annuelles, soulignant que 800 Imams dans les 8.493 Mosquées touchent pour la première fois des salaires alors que 5.687 Mosquées reçoivent des aides.
La réorganisation des instituts est entreprise au service de la religion islamique a dit le Premier ministre, afin de s'assurer que les Écoles coraniques se trouvent toujours sur la bonne voie, qui a constant servi de forteresse pour nos valeurs anciennes et de barrage infranchissable à l'assaut des idées et autres agressions extérieures.
Il faut éviter de politiser ce sujet, puisque la religion islamique est sacrée et tout ce qui s'y rapporte fait partie de nos constantes qui font toujours l'objet d'un consensus.
Le pouvoir, qui soutien l'association des Oulémas et l'union nationale des Imams ne peut fermer les mahadras, a dit le Premier ministre, rappelant que c'est lui qui a ouvert en 2015, 16 écoles pilotes dans les mahadras, accordé des salaires à leurs enseignants et des aides à leurs disciples, ouvrant également des dizaines d'autres dans les villages relevant du domaine d'intervention de l'agence nationale Tadamoun, soulignant l'ouverture d'un nouveau groupe d’Écoles coraniques au cours de l'année 2016.
Le Premier ministre a insisté sur la responsabilité du gouvernement à assurer la défense des constantes nationales, pour les prémunir contre l'oubli et l'instrumentalisation, précisant que cette responsabilité sera honorée sans recul, hésitation ou tergiversation.
Un recensement général des mahadras a été entrepris et des statuts seront mis pour ces Écoles coraniques, organisant leur répartition sur les niveaux d'enseignement, de façon à disposer de mahadras de niveau académique et d'autres de niveau secondaire ainsi de suite, conformément à la méthodologie d'enseignement et à la nécessité d'adapter ces systèmes au rite malékite qui fait l'objet d'un consensus de la part de tous les mauritaniens a dit le Premier ministre.
Ce qui permettra d'augmenter les Écoles coraniques et de leur donner un nouveau souffle pour que les diplômes obtenus par ces étudiants puissent faire l'objet d'équivalence.
Le Premier ministre s'est étonné à la fin de ses réponses aux questions relatives à ce point, comment un ex responsable politique, ayant occupé la plus haute fonction de l'Etat, puisse accuser, à travers des chaînes télévisées et des radios, les mahadras d'exporter le terrorisme, sans que cela ne suscite la moindre réponse, de la part de ceux qui font ce tapage sur la fermeture de certains instituts pour des motifs clairs et convaincants.
Répondant aux questions relatives à l'agriculture, notamment celle du riz, il a rappelé que cette culture produisait à ses débuts moins de 20 mille tonnes par an, précisant que les engagements pris par l'Etat relatifs à l'achat du riz, s'inscrivait dans le cadre des besoins prévus du programme Emel estimés à 40 mille tonnes.
La production du riz a couvert par la suite les besoins de l'Etat et a été entièrement achetée avant de dépasser ultérieurement ces besoins pour atteindre 112 mille tonnes environ. Donc, décision a été prise d'écouler l'excédent sur le marché local.
L'Etat prendra des mesures visant à soutenir les producteurs, portant sur l'augmentation des taxes sur le riz importé et demeurera engagé, comme par le passé, à fournir les engrais, à assurer l'aménagement des terres arables et lutter contre les déprédateurs tels que les oiseaux granivores-t-il dit.
Il est inconcevable que l'Etat se substitue aux producteurs agricoles, industriels ou aux éleveurs pour vendre leurs produits. Cette conduite n'existe dans aucun pays du monde. L'Etat peut toutefois contribuer à la protection de la production, en vue de sa commercialisation, entrainant ainsi un manque à gagner fiscal, mais ceci s'inscrirait dans le cadre de la politique d'appui aux producteurs.
Évoquant le dossier de l'esclavage, le Premier ministre a précisé qu'il n'y a personne aujourd'hui en Mauritanie qui accepte d'être esclave, ou qui accepte d'exercer l'esclavage, affirmant que c'est cela, la conception de l'inexistence de l'esclavage, rappelant la promulgation de lois dissuasives pour lutter contre ce phénomène.
Le phénomène de l'asservissement ou de l'esclavage est devenu un commerce utilisé par certains africains dont des mauritaniens pour obtenir des visas, le droit d'asile politique; tel que le confirme un cas enregistré en Roumanie, où deux personnes, la première nommée Diallo Saidou et la seconde Sow Moussa, natifs de Kaédi, ont été arrêtés, après avoir présenté une note contrefaite, précisant qu'il a été publié dans les journaux, dans le but de les retrouver, affirmant être asservis et emprisonnés par leur maître pour avoir égaré trois chamelles à Bir Moghrein a poursuivi le Premier ministre.
Il était indispensable de révéler ce cas fabriqué de toutes pièces pour informer l'opinion nationale et internationale sur le degré élevé de propagande trompeuse visant notre pays sur ce dossier.
A propos de la non évocation du programme dit "programme Emel", dans le cadre de la présentation du bilan du gouvernement, le Premier ministre a indiqué que cela est dû au fait que le programme n'est plus provisoire et qu'il a été inscrit au budget présenté au parlement.
Il a souligné également les retombées positives de ce programme sur le train de vie de milliers de familles et son rôle consistant à fournir les denrées de première nécessité à des prix fixes et accessibles au cours des trois dernières années.
Les boutiques ouvertes dans le cadre de ce programme ont atteint en 2015, le chiffre de 1.124, avec la vente en riz au cours de l'année écoulée de la même quantité achetée pendant les deux précédentes, années d'une moyenne de 56.656 tonnes.
S'agissant du blé, la quantité vendue a baissé, en raison de l'augmentation de la production céréalière des autres spéculations au cours de l'année écoulée, soulignant la vente de quantités appréciables d'huile végétale, de sucre en plus de la distribution gratuite ou à des prix symboliques de quantités de poissons.
Répondant à la question relative à l'approvisionnement en eau potable de la ville de Kiffa, le Premier ministre a souligné la finalisation de deux forages au niveau de la localité de Ntakatt, ayant fait naître l'espoir de l'existence de réserves appréciables d'eau; ce qui contribuera momentanément à résoudre le problème de la soif au niveau de la ville de Kiffa, en attendant le lancement du projet objet de la réflexion.
Le Premier ministre a indiqué à propos de l'année scolaire écoulée, que la déclaration de 2015 année de l'enseignement, signifie la mise en place de tous les fondements nécessaires à la réforme de l'enseignement, précisant que réaliser cet objectif suivant l'agenda requis peut durer 15 ans.
Les efforts entrepris dans ce cadre comprennent à ce jour, la mise en place des programmes nécessaires, la fourniture du manuel scolaire avec la distribution au cours de l'actuelle année scolaire d'un million environ, tout en travaillant pour offrir davantage a dit le Premier ministre.
Ces efforts portent sur le renforcement des infrastructures qui constituent un pilier fondamental de la réforme du secteur à travers la réalisation de trois programmes d'infrastructures scolaires, le lancement d'un programme d'urgence portant sur la construction de 207 écoles dont 46 réparties en 33 écoles fondamentales, 13 secondaires ont été achevés et 161 en cours de construction.
Le gouvernement dispose d'un programme pilote de réhabilitation des établissements scolaires, lancé depuis la ville de Nouakchott et comprenant les villes intérieures, attirant l'attention sur deux écoles d'excellence à Ouad Naga construites dans le cadre du programme et clairement visibles à toute personne qui emprunte la route de l'Espoir et traverse Ouad Naga.
Il a souligné aussi le renforcement de la formation du personnel pédagogique, citant à titre d'exemple, l'ouverture de deux écoles de formation des instituteurs et la formation intensive pour combler le déficit constaté en enseignants.
Le Premier ministre a précisé que celui qui examine le budget va se rendre compte que toutes les rubriques portant sur les infrastructures de base et l'investissement en général ont fait l'objet d'augmentation en raison de l'existence d'indicateurs prévoyant des dépassements au niveau du budget actuel.
Au sujet de la Société Nationale Industrielle et Minière (SNIM), les chiffres de production atteindront 13 millions de tonnes. Il est prévu, au cours de l'année prochaine, qu'elle atteigne 16 millions de tonnes et le projet Guelb II doit également ajouter de nouvelles qualités de fer de nature à favoriser le développement des ventes de la société.
Il a souligné que la politique générale du gouvernement sur 3 ans fera que chaque année un certain nombre de réalisations sera accompli et 421 activités ont été programmées ces trois années dont 325 ont été réalisées effectivement.
Parmi ces activités réalisées 24 sont en passe d'être achevées et 18 connaîtront le lancement effectif avant 2017 tandis que 72 le seront en janvier courant ou février prochain.
Le Premier ministre s'est dit satisfait des réalisations accomplies au cours de 2015, en particulier dans des domaines liés à la vie de tous les jours des citoyens.
Il a indiqué qu'une politique industrielle a été adoptée à travers la création de pôles économiques dont l'un est dans les Hodhs et l'autre en Assaba en plus d'un troisième au Guidimagha. De même les investisseurs ont été encouragés à ce niveau par la mise en place d'infrastructures les rapprochant des lieux où se trouvent les matières premières à transformer pour favoriser les conditions propices d'implantations d'unités industrielles des produits agricoles et d'élevage.
S'agissant de la sécurité, le Premier ministre a, au sujet des actes de vol, de brigandage et d'agression dont ont parlé les députés, dit que tous les auteurs de ces actes ont été appréhendés et sont actuellement sous les verrous, exception d'un seul appartenant à un groupe dont certains se sont évadés de plusieurs pays du monde plus développés que la Mauritanie. Alors qu'ici seuls trois cas d'évasion de ce genre ont été enregistrés au cours des 10 dernières années et un autre d'une prison de 1000 détenus au cours d'une période de plus de 5 ans.
Il a tenu à préciser que Nouakchott n'est plus désormais un regroupement de ruraux mais est devenue une grande ville d'un million d'habitants dont deux cent mille étrangers et il n'est donc plus possible de la comparer à Nouakchott de 1972 où il y avait très peu de cas de vol.
Répondant à la question sur le recrutement au sein du conseil économique et social, le Premier ministre a rappelé que cette institution est l'une des structures constitutionnelles de la République, soulignant qu'elles ne sont pas toutefois au dessus de la loi, selon laquelle, le recrutement doit obéir à des critères précis de transparence.
La procédure de recrutement était délaissée depuis 20 ans avant d'être réactivée depuis 3 ans, puisqu'il n'est plus possible pour l'Etat de recruter un fonctionnaire sans passer par cette procédure a-t-il dit.
Les budgets mobilisés pour ces institutions sont soumis, à l'exception de celles du parlement (l'assemblée nationale et le sénat), qui disposent de mécanismes spécifiques de contrôle, à l'inspectiongénérale de l'Etat.
Evoquant les dernières arrestations faites à Nouadhibou, le Premier ministre a indiqué que l'agence nationale du registre de la population et des titres sécurisés a découvert une falsification de certaines pièces d'état civil, soulignant que ces efforts ont conduit à l'arrestation du fraudeur étranger, précisant que les informations selon lesquelles, un employé de l'agence serait l'auteur des ces contrefaçons sont infondées.
Sur un autre plan, le Premier ministre a indiqué que la participation de l'armée dans la construction nationale est une chose naturelle et peut être considérée comme étant partie intégrante des moyens et règles fondamentales des armées dans le monde, en particulier à travers le génie militaire, qui joue un rôle pivot dans la construction des ponts au cours des guerres et dans les opérations de déminage.
Le génie militaire exécute aussi des projets non lucratifs, désormais ambitionnés par notre pays, puisqu'il participe activement, depuis sa création, à la construction nationale à l'instar de ses pairs dans le monde a-t-il ajouté, précisant que le dernier tronçon de la route de Nouadhibou est exécuté par le génie militaire égyptien en tant qu'entrepreneur.
Evoquant le port de Nouadhibou, il a rappelé que son extension, financée par le gouvernement espagnol a été réalisée, soulignant qu'il a été constaté à la fin des travaux, que la profondeur fixée n'a pas été respectée à certains points, d'où le refus du gouvernement de le réceptionner.
Cette situation a conduit à un litige entre le gouvernement et l'entrepreneur avec lequel le gouvernement espagnol a traité a-t-il dit, précisant qu'il a été convenu en décembre dernier avec l'entrepreneur de payer un million d'euros environ pour compléter les travaux inachevés.
Ce projet a été décidé avant l'actuel pouvoir, qui ne l'aurait jamais accepté, du fait que l'extension adoptée ne permet pas aux gros navires d'accoster dans le port afin que le port ne soit pas compétitif à celui de Las-Palmas, ce qui a conduit l'Etat a examiner actuellement la construction d'un grand port à Nouadhibou, de 18 m de profondeur au lieu de 7, en plus de l'étude d'un port au chef d'arrondissement de N'Diago, qui sera le plus grand dans le pays et dont les travaux seront lancés prochainement.
Le Premier ministre a évoqué le travail réalisé par l'inspection générale de l'Etat et l'inspection des finances, précisant qu'aucune des deux ne peut constater des irrégularités de gestion sans faire le nécessaire, rappelant qu'elles jouissent de l'indépendance dans leurs missions et qu'elles ont réalisé au cours de l'année écoulée 49 contrôles, soulignant que le même nombre d'inspections sera effectué en 2016.
Évoquant l'aliment-bétail qualifié de fourrage avarié, le Premier ministre a indiqué qu'il est excellent et produit récemment en février 2015, soulignant un stockage inapproprié du fait que les dépôts étant fermés ont conduit les gaz dégagés dans un lieu clos à leur incendie, précisant qu'après cet incident, les stocks ont été transférés vers des dépôts appropriés et sécurisés. D'ailleurs, certains députés ont visité ces dépôts a-t-il dit.
Évoquant le secteur de la santé, le Premier ministre a rappelé que les réalisations enregistrées dans ce domaine sont visibles, soulignant la construction de trois hôpitaux, dont les travaux de l’un sont arrivés à terme, la réalisation de 36 centres de santé dont 6 sont achevés et de 130 points de santé dont certains ont été réalisés.
Les services d’urgence ont bénéficié d’une attention particulière et les hôpitaux ont connu, pour la première fois, l’introduction de centres de traitement des brûlures dans hôpital de la capitale, à l’hôpital de Kiffa, en plus de l’augmentation du nombre des appareils d’examen à la sonde au niveau de plusieurs structures sanitaires.
Abordant la diversification agricole, le Premier ministre a indiqué qu’elle requiert une étude et un temps, rappelant les pratiques limitées de ce type de culture sous-palmier dans le passé et les succès réalisés par la diversification dans le domaine maraicher.
Il est indispensable, dans ce domaine, de développer les mentalités et d’encourager les citoyens à s’orienter vers l’agriculture, en particulier, derrière barrages, soulignant que le gouvernement dispose d’un programme de maîtrise des eaux superficielles notamment dans les zones de faible pluviométrie.
Trois barrages seront réalisés dans ce cadre au cours des six prochains mois, en particulier dans la zone de Elwad (Oued), dans la wilaya de l’Adrar.
Répondant à une question relative à la propriété des terres agricoles, le Premier ministre a indiqué que les anciennes propriétés ne sont pas prises en considération du point de vue de l’Etat, précisant que chaque citoyen a le droit à la propriété sur le territoire national.
Il a souligné, dans ce cadre, que la Kédia d’Idjil, qui était dans le passé une propriété privée, est aujourd’hui un bien pour tous les mauritaniens, soumise à une exploitation servant l’intérêt de tous.
Ceci s’applique aussi à la ville de Nouakchott et à des zones semblables telles que l’arrondissement de Dar El Barka, qui verra le lancement d’un projet agricole réalisé au profit des habitants, dans un endroit fixé de concert avec eux a-t-il ajouté.
Tout projet adopté par l’Etat vise un intérêt général sans discrimination aucune et évite à tout prix d’être une source de nuisance a-t-il dit.
Toute revendication de propriété quel qu’elle soit, impose la présentation de pièces sans équivoque remises par les autorités habilitées a-t-il conclu.
La séance plénière s’est déroulée en présence des membres du gouvernement et de plusieurs conseillers du Premier ministère et de directeurs centraux de départements.
