Le ministre des finances répondant à une question orale: Des bases juridiques et transparentes ont été mises en place pour l'accès à la propriété foncière"
La réunion plénière de l'Assemblée nationale, tenue mercredi, sous la présidence du député Mohamed Ould Boïlil, a été consacrée à la réponse à la question orale posée par le député Edane Ould Ahmed Ould Ethmane au ministre des Finances M

La réunion plénière de l'Assemblée nationale, tenue mercredi, sous la présidence du député Mohamed Ould Boïlil, a été consacrée à la réponse à la question orale posée par le député Edane Ould Ahmed Ould Ethmane au ministre des Finances M. Moctar Ould Diay, demandant à ce dernier d'éclairer l'opinion publique nationale sur ce qu'il considère comme étant des pratiques sans précédent visant le domaine foncier de l'Etat et renforçant l'idée répandue qu'une minorité de privilégiés est en passe de faire main basse sur les richesses nationales, en générale, et sur le domaine foncier publique, en particulier.
Dans sa réponse, le ministre des Finances a exprimé, tout d'abord, son étonnement qu'une telle question soit posée en ce moment précis, considérant qu'elle aurait été plus pertinente si elle avait été posée il y a 10 ans, à l'époque où la politique foncière était caractérisée par l'anarchie, la gabegie et le clientélisme.
Il a souligné que des quartiers entiers avaient été distribués à Nouakchott et à Nouadhibou de façon anarchique sans aucun respect des normes réglementaires et sans considération pour l'intérêt national, au moment où les populations des quartiers précaires croupissaient des décennies durant dans des conditions déplorables dans les zones Hay Sakine, Bouhdida, Toujounine, Arafat et El Mina.
Il a également indiqué que le Président de la République a compris très tôt la nécessité de mettre fin aux peines de ces citoyens ordinaires à qui il a commencé à rendre visite et à s'enquérir de leur situation, leur promettant que la résolution du problème des quartiers anarchiques (Gazra) à Nouakchott et dans les grandes villes du pays sera l'une de ses priorités. Et que chaque famille mauritanienne aura une parcelle dans ces quartiers où seront réunies les conditions d'une vie décente.
Ce qui était un rêve quasi impossible, assure le ministre, est devenu, aujourd'hui, une réalité tangible, rappelant que des milliers de lots ont été distribués et des milliers d'hectares ont été aménagés à Nouakchott, à Nouadhibou, à Rosso et à Kaédi. Comme, ont été investis, ajoute-t-il, des milliards d'ouguiyas pour la construction d'infrastructures de base adéquates et d'installations vitales conformément aux aspirations des populations.
Le ministre a déclaré que des bases juridiques strictes et transparentes ont été mises en place pour l'accès à la propriété foncière dans le pays. Aussi, l'octroi des parcelles dont la superficie dépasse les 1000 m2 relève désormais des prérogatives du Conseil des ministres et celles dont la superficie est inférieure aux 1000 m2 de celles du ministre des Finances, précise-t-il.
Il a indiqué, par ailleurs, que le travail est en cours en vue de l'élaboration de plans urbains pour les grandes villes pour un développement harmonieux, rapide et respectant les normes modernes dans les villes nouvellement créées.
Il a souligné que le Gouvernement soucieux d'améliorer l'aspect architectural de la ville de Nouakchott et à encourager le secteur privé à jouer pleinement son rôle dans le développement économique du pays, a décidé de vendre aux enchères certains de ses domaines fonciers dans les zones des Blocs, la zone industrielle sur l'Avenue de la Résistance et la bandes jouxtant le stade olympique et l'Ecole de nationale de police, en plus de 353 ha cédés en contrepartie de la construction du nouvel aéroport international de Nouakchott, reprochant à certains d'essayer d'altérer ces choix judicieux par leurs résultats et par la transparence qui a caractérisé leur gestion.
Il a ajouté que les anciens bâtiments qui étaient dans ces zones ont cédé la place à des immeubles modernes, comme c'est le cas dans la zone des "blocs", soulignant que la rue Moctar Ould Daddah et la rue de la Résistance ont changé totalement de visage après la construction d'immeubles modernes.
En plus de ces résultats visibles, a-t-il dit, plus de 7,5 milliards d'ouguiyas ont été versés dans le trésor public en contrepartie de l'obtention de ces lots de terrains.
Le ministre s'est demandé s'il y a maintenant des gens qui doute de l'aéroport international de Nouakchott, appelant tous à se poser la question combien coûte ces types d'aéroports dans le monde et qu'elle est la période nécessaire pour leur réalisation?
Il a ajouté qu'un aéroport de cette ampleur ne coûterait pas moins de 150 milliards d'ouguiyas et que la période nécessaire pour sa réalisation a dépassé dans des pays voisins sept ans.
Le ministre a noté également que parmi les priorités du gouvernement figure la mise en place d'une politique foncière étudiée se basant, dans son exécution, sur les techniques modernes et visant la révision du cadre juridique de l'actuelle politique foncière qui remonte à 1933, ainsi que l'élaboration d'une cartographie complète du domaine foncier dans tout le territoire national gérée par un système informatique exploitable sur le site internet, permettant l'émission des documents comme les permis d'occuper et l'archivage de tous les droits, conformément à un système d'organisation respectant la loi et tenant compte des responsabilités. Ce système, a-t-il affirmé, est actuellement prêt pour être appliqué.
Le ministre des finances s'est enfin dit disposé à recevoir une commission parlementaire d'inspection pour enquêter sur les différents sujets abordés par la question du député et rendre publics les résultats de cette enquête, précisant qu'il est temps de dire la vérité aux citoyens mauritaniens et de s'éloigner des rumeurs et des mensonges.
