Le ministre de l'intérieur: "nous ne céderons pas dans la préservation de l'ordre et la défense des libertés"
Le ministre de l'intérieur et de la décentralisation M. Mohamed Ould Ahmed Salem Ould Mohamed Rare a indiqué mardi au cours d'une plénière présidée par le 1er vice président de l'Assemblée nationale M.

Le ministre de l'intérieur et de la décentralisation M. Mohamed Ould Ahmed Salem Ould Mohamed Rare a indiqué mardi au cours d'une plénière présidée par le 1er vice président de l'Assemblée nationale M. Mohamed Ould Mohamedou que le gouvernement ne cédera pas s'agissant de la préservation de l'ordre et de la défense des libertés des citoyens".
Dans ses réponses à l'interpellation faite par le député Hamdi Ould Brahim sur les mesures prises par son département pour poursuivre les criminels qui ont osé porter atteinte au "Mashaf Acharif" (le Saint Coran) et pourquoi a -t- on déploré un martyr dès lors que le gouvernement est responsable de la sécurité des citoyens et de la protection des symboles sacrés de notre Sainte religion, le ministre a relevé que les réalisations accomplies dans ce domaine comme l'attention accordée aux Imams, leur dotation de salaires, l'impression du "Mashaf" mauritanien la création d'une station radio dédiée au Coran ainsi que de celle d'une chaine de télévision dite la "Mahadra" montre l'intérêt que le gouvernement accorde à notre sanite religion.
S'agissant de la 1ère partie de la question le ministre a souligné que les faits remontent au dimanche 2 mars courant entre 20 heures et 21 heures dans la moquée "Khaled Ibn El Welid" de Teyarett.
Cela requiert dit-il, de poser un certain nombre de questions: qui est l'individu qui peut avoir un intérêt pour attenter aux symboles sacrés de la "Oumma" et qui est la personne qui a couvert ce crime exécrable et essayé par tous les moyens d'en effacer les traces? Et quels sont les moyens déployés par le gouvernement pour arriver à répondre à toutes ces questions?
Je crédite de bonne foi tous les mauritaniens estimant qu'aucun d'entre eux ne peut oser toucher aux symboles sacrés de la "Oumma" pour en déduire qu'aucun individu ne peut avoir un intérêt pour faire une telle chose exceptées deux personnes:
un athée et cela implique qu'il veut faire montrer à tous ce qu'il est et porter atteinte aux sentiments de la "Oumma", une position qui requiert de sa part le courage de se faire connaître et défier les croyants. Donc il ne peut le faire caché dans une mosquée d'un quartier périphérique, la nuit.
Par conséquent, la logique voudrait qu'il ait le courage de défier les musulmans. Par exemple celui qui a profané le Prophète (Paix et Salut sur Lui) a défié clairement la société utilisant tous les medias, cette éventualité fait que son auteur ne doit pas généralement se cacher, ce qui est contraire à ce qui a été dit par le garçon au demeurant seul témoin dans cette affaire.
L'imam de la mosquée 2ème témoin a trouvé les exemplaires du Livre Saint dans l'endroit réservé aux ablutions à l'intérieur de l'enceinte de la mosquée et les pris pour les mettre à l'intérieur de celle-ci en attendant la prière du soir "Icha" et n'en a fait pas fait cas aux autorités administratives ou sécuritaires.
C'est après la prière du "Icha" qu'il a dit aux fidèles avoir trouvé un "Mashaf" déchiré dans l'endroit où l'on fait les ablutions.
La mosquée n'a pas manqué àcette heure de fidèles et il y avait quelqu'un qui donnait des cours.
La mosquée est devant une place publique où se trouve une épicerie si bien que l'endroit n'est pas désert de sorte qu'un véhicule puisse s'arrêter et repartir sans que personne ne le voit dans l'entourage de la mosquée et à l'intérieur de celle-ci, mosquée qui dispose d'une entrée exigue de sorte que l'entrée et la sortie ne s'opèrent pas de manière fluide.
L'imam n'a pas informé les autorités, mais celles-ci l'ont été rapidement et se sont déplacé sur les lieux (autorités administratives, sécuritaires et procureur de la République) et entamé l'enquête pour déterminer le crime et le ou les auteurs s'il y'en a. Mais elles n'ont trouvé qu'un enfant qui recevait son enseignement de l'Imam comme seul témoin.
L'Imam a indiqué que l'enfant l'a informé qu'il a vu un véhicule avec deux personnes à bord une blanche et une noire ou le contraire.
La police a convoqué les témoins en vue de l'ouverture d'une enquête. A l'issue de quoi l'enfant s'est rétracté disant qu'il n'est pas sûr.
Le plus regrettable dans cette affaire est que nous avons délaissé une bonne habitude celle d'enseigner les enfants le Coran non pas dans le "Mashaf" mais dans l'ardoise (laouh) ce qui est de nature à exposer le "Mashaf" subdivisé en parties à un traitement qui ne lui sied pas. Or les enfants étudient non pas à l'intérieur de la mosquée mais dans la cour, ce expose le "Mashaf à être déchiré involontairement du fait du vent et de la négligence des enfants.
Personnellement, s'il y a des gens qui soupçonnent un individu d'avoir fait un tel acte, j'exclue, au regard des éléments disponibles et des preuves, qu'un mauritanien puisse le faire de façon préméditée.
Par ce que notre éducation religieuse bien enracinée depuis des siècles fait que le "Mashaf" ne doit être touché que par une personne purifiée par les ablutions. Un tel état de choses fruit d'une longue accumulation ne peut s'évaporer du jour au lendemain du fait de la mondialisation.
C'est pourquoi ce fait ne peut être provoqué volontairement.
S'il y avait vraiment des faits prouvant l'existence d'un auteur, nous aurions trouvé cet auteur. Nous avons appréhendé bien des délinquants et criminels ainsi que des trafiquants de stupéfiants invétérés et récidivistes notoires mais aussi des terroristes virulents dans nos villes comment peut on être inaptes à capturer un individu censé être responsable d'un acte qui touche aux sentiments de tous les mauritaniens.
Ce que j'ai voulu dire en un mot à ce sujet c'est que les éléments de cette affaire m'ont permis de conclure que l'absence d'aboutissement de l'enquête n'implique en rien une faiblesse dans la recherche au niveau de la police mauritanienne mais qu'il s'agit d'une action soit involontaire résultant de la négligence en mettant les Mashafs dans des endroits inappropriés soit que les enfants qui les utilisaient les ont laissés dans ces endroits inappropriés et que, dans tous les cas, il s'agit, en l'absence de preuves et selon toute logique d'une négligence.
Nous avons suivi notre enquête et nos instrumens de recherche et jusqu'à présent, toutes les preuves d'une accusation volontaire ou préméditée se rétrécissent en faveur d'un problème de négligence.
Mais la question posée, c'est pourquoi l'Etat n'a pas été informé de l'incident au moment de l'acte de profanation, alors que les chaines de télévision nationales et internationales ont été avisées. Au lieu d'appeler les autorités sécuritaires compétentes, l'on a fait recours aux manifestations (avec bâtons et pierres et même armes blanches) donc à la force pour ternir l'image du pouvoir, pouvoir au demeurant expression de la volonté du peuple.
Le Saint Coran est plus grand et plus sublime pour être exploité à des fins politiques contre l'Etat.
Il est plutôt de notre devoir de le respecter et de le protéger au lieu de nous renvoyer mutuellement des accusations portant sur la négligence à son encontre. Nous sommes unis par un seul mot "Allah est unique, Mohamed est son Envoyé", notre religion est l'Islam auquel nous nous référons pour les besoins d'arbitrage. Nous sommes tous, partisans et opposants, des musulmans. La foi ne peut être le monopole de quiconque.
Je souhaite préciser sur cette tribune que l'Etat est responsable de la protection de tous, des libertés, des institutions démocratiques dont le Parlement à fortiori du Saint Coran.
Le ministre s'est également demandé si l'inauguration, par le Président de la République, de la chaine de télévision "El Mahadra" qui comprend 186 écoles coraniques de Vassala à Bir Moghrein et où les meilleurs Oulémas du pays dispensent des cours religieux peut susciter une marche de foules énorme sur le Palais présidentiel sous prétexte de la profanation du Saint Coran.
Les manifestations et l'assaut du Palais présidentiel sont-ils des actes spontanés résultant du sacrilège du Saint Coran? Malheureusement non, ils ne l'étaient pas car le décryptage de la riposte montre qu'elle n'était pas cohérente. Certains ont été choqués par l'acte de profanation, sont sortis dans la rue, mais il y avait des banderoles, des voitures munies de haut-parleurs, des véhicules qui coordonnaient les opérations entre les manifestants.
Des personnes encadrées venues des moughataas de la capitale ont commencé à affluer et à se joindre aux manifestants dans une démarche de mobilisation d'une particularité rare.
J'ai vu des masses considérables mobilisées par les partis de la majorité qui n'atteignent pas le degré de sensibilisation et de mobilisation de ces foules.
La façon d'adresser des affronts au gouvernement, de le dénigrer et de l'accuser d'être incapable de protéger les symboles sacrés m'a particulièrement frappé.
J'ai demandé si cette manifestation est réellement spontanée et si le sursaut est fait pour le soutien du Prophète ou s'il s'agit d'un élan politique par excellence.
Je veux rappeler un chiffre simple pour l'année 2013. 112 manifestations et sit-in ont été enregistrés à Nouakchott sans que les foules s'exposent à des jets de bombes lacrymogènes, du fait que le temps et l'espace étaient déterminés et l'autorisation accordée.
Mais pourquoi ces manifestations ont été organisées nuitamment, alors qu'elles n'étaient pas autorisées, ni spontanées et qu'elles étaient accompagnées de violence.
La police a gardé son sang froid et oeuvré pour assurer la sécurité des citoyens et des biens à travers la fermeture des marchés, une bonne conduite vis-à-vis des foules énormes, sans tirer de balles réelles ni de plastiques.
Elle a seulement lancé des bombes lacrymogènes ordinaires, alors qu'elle a enregistré la blessure de 15 policiers dont 3 ont été évacués pour la gravité de leur cas à l'hôpital.
Je rappelle que le décès du défunt est dû à des difficultés respiratoires, selon le rapport de l'autopsie effectuée par la suite par une équipe de médecins conduite par un proche du défunt.
Nous sommes convaincus que le peuple mauritanien doit jouir de la démocratie mais la loi organise les règles de ce jeu pour éviter la dérive car la sécurité et la liberté sont deux éléments inséparables dont la faille au niveau de l'un entraîne celle de l'autre.
Je veux affirmer depuis cette tribune que nous ne lésinerons pas dans le maintien de l'ordre et de la sécurité comme c'est également le cas pour la protection des libertés, des acquis constitutionnels et juridiques dont jouit le peuple mauritanien.
Au sujet de la fermeture injustifiée au regard de certains députés, de l'Association " El Moustaqbal ", qui dispense des cours en arabe en Fikh etc, et fait du prêche (" Daawa "), le ministre a déclaré : "Nous avons des centaines d'associations dont des dizaines reçoivent quotidiennement des autorisations. Nous poursuivrons notre appui à la société civile comme composante fondamentale des institutions constitutionnelles du pays, car sans société civile, la société ne peut se développer et progresser, du fait qu'elle représente la relation avec l'Etat, d'une part, et le peuple, d'autre part ".
Mais la société civile n'a pas de cachet politique, puisque la politique relève de la compétence des partis alors que le rôle de cette première est par excellence d'ordre éducatif, social et économique.
Quand l'autorité administrative et sécuritaire affirme l'existence d'un dysfonctionnement au niveau de l'ordre public et de la sécurité qui relèvent de ses compétences, le pouvoir d'appréciation, reconnu par toutes les législations du monde, lui incombe et à elle seule.
En conséquence, il y a eu un dysfonctionnement au niveau de cette association qui pourrait être involontaire ou volontaire résidant en ce que les responsables proclamés de cette association ne sont pas ceux qui sont dans ses statuts. Quand cette anomalie s'affirme, les autorités administratives et sécuritaires ont constaté une atteinte à l'ordre public qui a conduit au retrait de l'autorisation de cette association. Cependant la justice est ouverte et nul n'est sensé être supérieur à la loi.
