Gorgol: Des efforts à renforcer pour vaincre le paludisme
La Communauté Internationale célèbre demain Jeudi 25 Avril, la journée Mondiale du paludisme, maladie parasitaire potentiellement mortelle transmise par les moustiques, sous le thème: «Investir pour vaincre

La Communauté Internationale célèbre demain Jeudi 25 Avril, la journée Mondiale du paludisme, maladie parasitaire potentiellement mortelle transmise par les moustiques, sous le thème: «Investir pour vaincre le paludisme». Cette journée de mobilisation donnera au Monde entier l’occasion d’attirer l’attention sur les efforts qui doivent être déployés pour éliminer le paludisme des pays touchés.
Au Gorgol, les services de santé accordent une attention particulière dans leur lutte contre le paludisme aux enfants de zéro à 5 ans, aux femmes enceintes et aux personnes âgées qui constituent les groupes à risque. Ainsi, les centres et les postes de santé de la wilaya ont, en 2012, dans le cadre des prestations de leurs services, enregistré 22928 cas de paludisme présumé, 1001 cas de Paludisme grave et 22 cas de paludisme confirmé. Ils ont également distribué 1441 moustiquaires à des femmes enceintes. Le centre hospitalier de Kaédi a, quant à lui, soigné de cette maladie, au cours de la même année, 41 enfants de 1 à 14 ans, 154 hommes et 224 femmes dont 88 enceintes. Le ministère de la santé a, pour sa part, lancé à partir du 1er Juin une campagne nationale de lutte contre les vecteurs du paludisme et du choléra qui a concerné pour le Gorgol l’épandage aérien de produits chimiques homologués par l’OMS sur les périmètres pilotes de Kaédi ainsi que la pulvérisation de ces produits autour des eaux stagnantes et des ordures dans toutes les moughataas. Dans une déclaration à l’AMI, le directeur régional de l’action sanitaire au Gorgol, DR. Mohamed SaÏd Ould Mohamed Yehdhih a indiqué que la wilaya par sa position géographique au bord du fleuve est soumise à une forte pression des moustiques qui favorisent la prolifération du paludisme. Il a, par la suite, remarqué que l’opération menée par le ministère de la santé a diminué la présence des moustiques. «C’est un constat fait par les populations elles-mêmes », a-t-il dit. Le directeur régional a encore souligné que les efforts des structures de santé de la wilaya sont axés sur la sensibilisation pour une meilleure prise de conscience des populations des dangers du paludisme, la distribution des médicaments de prévention et des moustiquaires imprégnées aux femmes en état de grossesse ainsi que le soin rapide des malades. Si la pression des moustiques devient de moins en moins importante dans certaines zones de la wilaya, elle est de plus en plus forte à Kaédi, capitale de la teinture, des ordures et des eaux stagnantes. En période d’hivernage, par exemple, les pluies qui s’abattent sur la ville l’embourbent dans une boue pâteuse qui fait prendre un sal coup à sa propreté déjà entachée par les nombreux tas d’ordures entassés ça et là. Le visiteur, qui se rend pour la première fois à Kaédi, peut être surpris de voir dès sa sortie pour une petite promenade la présence de flaques d’eau, de marres de boue et des ordures qui jonchent les rues si celles-ci ne sont elles mêmes boueuses. Ce constat est partagé par un des notables de Gataga, M. Mohamadou Abdoulaye Tandia qui assure que le manque de canaux pour évacuer les déchets de teinture et les eaux usées des ménages versées par les familles sont à l’origine d’une présence permanente des moustiques dans le quartier. Il a noté, par la suite, que les citoyens ne sont pas encore conscients de l’intérêt d’utiliser la moustiquaire imprégnée dès le crépuscule. Le médecin chef de la circonscription sanitaire de la moughataa de Kaédi, DR. Oumar Ould Sidi Mohamed affirme, de son coté, que faute d’assainissement à Kaédi, les ordures sont devenues si nombreuses qu’elles ont envahi les structures de santé de la ville. « C’est une situation très grave », remarque t-il. D’autres citoyens de Kaédi ont eux aussi leurs mots à dire sur la propreté de la ville et la présence des moustiques. Parmi eux, M. Sidi Ould Malek, habitant du quartier 310 au nord de Kaédi qui assure qu’en période d’hivernage ni lui, ni les autres membres de sa famille ne peuvent dormir à cause des moustiques. Il a également indiqué, dans un sourire ironique, que lors de l’hospitalisation de sa fille, malade du paludisme, il n’a reçu comme médicaments gratuits qu’une ordonnance. Un peu plus à l’est, dans le quartier d’El Kebba, Mme. Atte Mint Mheimid note, pour sa part, qu’elle a entendu parler de distribution de moustiquaires imprégnées aux femmes enceintes avant d’affirmer, qu’en cette période, sa fille qui était en état de grossesse, n’a pu trouver une moustiquaire pour se protéger des anophèles. Elle a aussi précisé qu’elle n’a vu aucun assainissement exécuté par la commune dans son quartier. «Ce sont les jeunes d’El Kebba qui se sont organisés pour nettoyer chaque Vendredi les rues du quartier», a-t-elle souligné. Contacté par l’AMI, le 2ème adjoint au maire de la commune de Kaédi, M. Cheibany Sidi Diagana a déclaré que la commune a entrepris des actions ponctuelles d’assainissement avec l’appui du PAM et de certaines ongs comme World Vision pour répondre à la problématique des ordures. Il s’est déclaré quand même désoler de constater l’incapacité de la commune de mettre en place des points bien indiqués pour le dépôt primaire des ordures. « C’est pourquoi on constate ça et là des ordures sauvages», a-t-il dit. Le 2ème adjoint a cependant apprécié le rôle joué par les jeunes de certains quartiers comme Moderne et Gataga qui ont, de leurs propres initiatives, entrepris tous les vendredis des travaux d’assainissement de leurs quartiers et de certains édifices publics. Pour vaincre le paludisme, le DR. Oumar Ould Sidi Mohamed propose la sensibilisation des populations sur les meilleures manières d’utiliser les moustiquaires, l’amélioration des méthodes de diagnostic et de traitement des malades et surtout l’assainissement permanent de la ville. Reste à savoir si la commune va s’intéresser de nouveau à l’assainissement ou laissera-t-elle Kaédi dormir sur ses oreillers d’ordures?
