Le président malien au cours d'une conférence de presse: "Les décisions courageuses prises par la Mauritanie sont de nature à sortir rapidement le Mali de sa situation actuelle"
Au terme de la visite d'amitié et de travail qu'il vient d'effectuer en Mauritanie, le Président malien Dioncounda Traoré a tenu, lundi à Nouakchott, une conférence de presse au cours de laquelle, il a

Au terme de la visite d'amitié et de travail qu'il vient d'effectuer en Mauritanie, le Président malien Dioncounda Traoré a tenu, lundi à Nouakchott, une conférence de presse au cours de laquelle, il a passé en revue les principaux axes de la coopération bilatérale et salué les efforts déployés par la Mauritanie pour contribuer à la solution de la crise qui secoue actuellement le Nord Mali.
Voici la teneur de cette conférence de presse:
"D'abord, je voudrais remercier mon frère le Président Mohamed Ould Abdel Aziz, le peuple mauritanien et le gouvernement mauritanien pour l'accueil qui nous a été réservé, un accueil africain, j'allais dire un accueil mauritanien qui reflète l'hospitalité mauritanienne bien connue et pour toutes les attentions la la sollicitude dont on a été l'objet.
Comme vous le savez, le Mali et la Mauritanie sont non seulement sur le plan géographique deux pays voisins mais quasiment deux peuples qui constituent, en réalité, un seul peuple, tellement les brassages à travers l'histoire et le temps ont été importants.
Il est difficile aujourd'hui le long des frontières et à l'intérieur de nos deux pays de faire une distinction nette entre les Maliens et les Mauritaniens. Il n'est donc pas étonnant que nous recherchons à consolider les relations de fraternité, d'amitié et de coopération entre nos deux pays qui sont celles qui doivent naturellement exister.
Nous avons surtout parlé des difficultés que vivent les maliens actuellement. Nous avons également parlé du soutien et de l'accompagnement du Président Mohamed Ould Abdel Aziz, du gouvernement et du peuple mauritaniens dans cette crise que nous traversons et pour laquelle nous avons besoin du soutien de tous nos frères et amis.
Les décisions courageuses qui ont été prises par le gouvernement mauritanien sont des décisions de nature à faire de sorte que le Mali sorte rapidement de cette situation.
Nous avons aussi parlé de la coopération bilatérale. Vous savez il y a des échanges entre le Mali et la Mauritanie aussi bien sur le plan commercial que sur le plan humain. Beaucoup de Maliens sont en Mauritanie et beaucoup de Mauritaniens sont au Mali. Pour ceux parmi nous qui résident près de la frontière, ils savent que les échanges sont intenses. Donc il est tout à fait naturel de consolider ces échanges.
Nous avons également parlé de ce qui est en train d'être fait actuellement en Mauritanie pour améliorer les conditions de vie et de santé des populations et pour permettre aux populations l'accès à l'eau potable. Ce sont des expériences que nous devons échanger de manière à ce que les uns et les autres bénéficient de ce qui se fait ici et là.
J'ai visité le centre d'oncologie qui est très sophistiqué et je vous assure que j'étais vraiment impressionné par les techniques de pointe qui sont en train de se développer en Mauritanie. Voilà de grands chantiers construits par mon frère Mohamed Ould Abdel Aziz et c'est un exemple à suivre car des exemples comme ça méritent d'être imités.
Cette visite a été vraiment bénéfique et nous a permis d'avancer et surtout pour nous Maliens car elle nous permet d'espérer de sortir de la crise que nous traversons de manière à ce que tous ensembles Mauritaniens et Maliens, tous les pays et les peuples de la sous région et de l'Afrique, nous puissions désormais nous occuper de ce qui est essentiel pour nous à savoir le développement et le confort de nos différents processus de démocratisation.
J'ai également félicité mon frère Mohamed Ould Abdel Aziz pour tous les progrès réalisés, notamment dans les domaines de la promotion de la démocratie et l'édification de l'Etat de droit.
La Mauritanie est en passe de devenir un des meilleurs exemples de démocratie et d'Etat de droit dans la sous région.
C'est donc une visite très importante qui doit marquer une nouvelle étape dans la coopération bilatérale entre les deux pays.
Ce que le Premier ministre (ndlr: malien) a demandé à nos frères Mauritaniens est tout à fait naturel puisque la nature des groupes armés que nous avons aujourd'hui au Mali exige le concours militaire de l'ensemble de la sous région, des pays du champs dont la Mauritanie et même au delà, parce que nous avons été amené à demander l'appui de la France et de l'ensemble de la communauté internationale car l'adversaire auquel nous avons affaire est vraiment le terrorisme international et les narco trafiquants. Et, Dieu sait que lorsqu'ils s'installent quelque part, il est difficile de les en sortir. Donc, ce que nous avons demandé c'est un appui militaire et nous avons eu une réponse positive puisque le Président Mohamed Ould Abdel Aziz a déclaré récemment que la Mauritanie était prête, dès que l'ONU décidera de créer une force onusienne pour le maintien de la paix au Mali, à engager des troupes mauritaniennes. Je crois que c'est important comme décision. Et, nous saurons gré au Président, au gouvernement et au peuple mauritaniens.
Au sujet des négociations, nous sommes en train de mettre en place les conditions nécessaires pour qu'elles puissent se dérouler dans de bonnes conditions et aboutir aux résultats escomptés. Nous parlons, à notre niveau, plutôt de dialogue et de réconciliation. Au Mali, nos priorités, aujourd'hui, sont l'intégrité de notre territoire, l'unité nationale ; et quant vous parlez de l'unité nationale c'est dire que tous les éléments de la nation doivent être unis et c'est là qu'il y a la notion de réconciliation. C'est cela la mission fondamentale de la commission que nous sommes en train de mettre en place et qui s'appelle justement commission dialogue et réconciliation. Evidemment, le volet dialogue concerne les groupes armés qui sont constitués essentiellement de Maliens. Je pense que le dialogue et la réconciliation sont extrêment importants. Nous allons engager un dialogue inclusif dans quelques jours où toutes les communautés seront représentées parce que la crise que nous traversons a eu un impact sur tous les Maliens.
Dans des situations pareilles à celle que vit notre pays actuellement, il est tout à fait possible de déplorer des exactions mais ce qui est sûr c'est que moi-même et le gouvernement du Mali, nous sommes déterminés à faire de sorte, d'abord, de réduire au minimum ces exactions, et ensuite de faire en sorte que toute personne, civile ou militaire, qui se rendrait coupable d'exactions puisse en répondre devant les juridictions maliennes compétentes ou devant des tribunaux internationaux. Il n'y aura aucune complaisance et je pense que ce sont des conditions indispensables pour la réconciliation nationale".
