Nouadhibou, au confluent de la mer et du désert
A cheval entre la mer et le désert, là où les dunes vives viennent s'échouer sur les rivages de l'Atlantique, Nouadhibou est par excellence la cité du poisson et du fer. La ville a été au départ bâtie
A cheval entre la mer et le désert, là où les dunes vives viennent s'échouer sur les rivages de l'Atlantique, Nouadhibou est par excellence la cité du poisson et du fer. La ville a été au départ bâtie principalement autour des activités de pêche auxquelles sont venues, par la suite, se greffer celles liées à l'exportation du minerai de fer. Devenu un pôle industriel relativement important, la ville devait, sans grande préparation, faire face à un afflux massif de populations, ce qui devait avoir des retombées négatives sur le paysage urbain et sur la qualité même de la vie dans la cité. Anciennement dénommé Port-Etienne, la capitale de la wilaya de Dakhlet Nouadhibou, située dans le nord-ouest de la Mauritanie, sur le cap Blanc (Ras Nouadhibou), a vu le jour en 1907. Aujourd'hui, elle est l'un des plus grands centres urbains du pays, dont elle est la capitale économique.
Une ville déjà centenaire Beaucoup d'eau a coulé sous les ponts depuis que le gouverneur général de l'Afrique Occidentale Française (AOF), Ernest Roume, baptise la petite agglomération d'alors du nom de" Port Etienne " en hommage à l'ancien ministre français des Colonies, Eugène Etienne. C'était le 15 août 1907, à une époque où Nouadhibou n'était que cette petite bourgade qui pouvait passait inaperçue n'eurent ses eaux poissonneuses et sa position géographique privilégiée qui en fit une escale de l'Aéropostale de Latécoère, du temps des pionniers de l'aéronautique, entre les deux guerres mondiales. Jean Mermoz et Antoine de Saint-Exupéry y relâchèrent souvent. C'est même là, paraît-il, que Saint-Exupéry rédigea le célèbre ouvrage ''Terre des Hommes''.
Des atouts à faire valoir Pour une superficie de 17.800 Km2, Nouadhibou est peuplée de 130.815 âmes dont 72 337 pour la commune centrale selon les données du recensement de 2006.
La croissance démographique qu'a connue la wilaya s'explique à la fois par l'exode rural qui a vidé les campagnes de leurs habitants mais aussi par l'attrait des centres industriels pour les forces vives recherchant l'emploi.
Depuis 2004, le phénomène des migrations vers le continent européen a accentué le mouvement de populations vers Nouadhibou qui est devenu une point de départ des migrants africains essayant de rejoindre les Iles Canaries.
La wilaya compte une moughataa unique et 4 arrondissements que sont Boulenouar, Inal, Nouamghar et Tmeymichatt.
C'est par l'intermédiaire du port minéralier de Nouadhibou, situé juste à côté du Point Central de la Société Nationale Industrielle et Minière (SNIM) où est acheminé le minerai de fer extrait de la mine de Zouerate, qu'est exporté le fer mauritanien. Faut-il souligner ici que ce minerai très riche est acheminé de Zouerate à Nouadhibou par l'un des plus longs trains du monde. A elle seule, cette activité complexe qui implique multiple intervenants et une main d'oeuvre diversifiée a fait que l'histoire de la ville s'est longtemps confondue avec celle de la Miferma d'abord puis celle de la SNIM.
Mais, outre les activités liées à l'exploitation et la commercialisation du minerai de fer, Nouadhibou devait se distinguer un peu plus tard par le développement des activités à dominante halieutique dont la capitale économique est devenu, à un moment donné, un des pôles les plus prospères. D'ailleurs, des perspectives de reprise semblent se dessiner avec la création en cours de grandes industries de transformation du produit halieutique. En fait, la pêche demeure un pilier essentiel de la vie économique dans la région. Ce secteur a focalisé l'intérêt des pouvoirs publics qui ont déployé de considérables efforts en matière de surveillance des eaux territoriales, de formation professionnelle, de préservation des stocks et d'acquisition d'équipements. Cet intérêt s'est traduit par un accroissement de la production estimée à 600.000 tonnes pour la pêche industrielle et à 200.000 pour la pêche artisanale, sans compter les centaines d'opportunités d'emploi offertes à terre et en mer aux jeunes mauritaniens.
Au plan des infrastructures de base, la ville a su tirer profit de l'amélioration de la couverture de ses besoins en eau potable par le biais d'une récente conduite de tuyaux à grand diamètre drainant l'eau à partir du champ captant de Boulenouar, à près de 100 Km de Nouadhibou.
Cette amélioration de la desserte de la capitale économique a favorisé l'éradication des quartiers précaires qui empoisonnaient le paysage urbain de la ville et compromettaient toute action visant la réalisation du bien-être des habitants. En effet, de nouvelles zones ont été loties en faveur des habitants les plus démunis qui ont joui d'un cadre de vie acceptable dans de nouveaux quartiers connectés aux réseaux d'eau et d'électricité et pourvus de centres et points de santé, d'écoles, de marchés, de routes urbaines etc.. Dakhlet Nouadhibou constitue aussi un pôle touristique grâce à la réserve du Banc d'Arguin, d'une surface de 12 000 km² partagés entre partie terrestre et partie continentale et qui est l'un des plus grands parcs d'Afrique de l'Ouest. Cette réserve où se rassemblent d'importantes colonies d'oiseaux venus d'Europe et d'Afrique est une destination privilégiée pour les chercheurs, les plaisanciers et pour les visiteurs en quête de repos.
Sur le plan des voies de communication, Nouadhibou est reliée, depuis 2005, à Nouakchott et donc au réseau routier national par une route bitumée venue à point nommé combler les défaillances nées de la faillite d'opérateurs nationaux du transport aérien.
Ce nouveau moyen de communication a stimulé l'attrait exercé par Nouadhibou sur les populations, surtout celles du sud, à la recherche de travail.
