Le PNBA, l'autre richesse de Dakhlet-Nouadhibou
Nouadhibou, ce n'est pas seulement le poisson ou la SNIM. La région se distingue aussi par son immense système laguno marin qui confère une spécificité à la côte qui n'existe nulle part ailleurs. Cette
Nouadhibou, ce n'est pas seulement le poisson ou la SNIM. La région se distingue aussi par son immense système laguno marin qui confère une spécificité à la côte qui n'existe nulle part ailleurs. Cette spécificité a un nom, le Parc National du Banc d'Arguin (PNBA). Celui-ci est une réserve naturelle couvrant un tiers du littoral mauritanien. Sa surface est de 12 000 km² partagés entre partie terrestre et partie continentale en fait un des plus grands parcs d'Afrique de l'Ouest.
Créé en 1976, devenu site " Ramsar " (Convention sur les zones humides) en 1982 et site du patrimoine mondial de l'Unesco en 1989, le Parc National du Banc d'Arguin est régi par la loi 2000/24 et a été offert symboliquement par le Gouvernement mauritanien comme don à la terre, le 14 mars 2001, à l'occasion de la " Campagne pour une planète vivante " du WWF.
D'une étendue de 12 000 km², ce parc marin et côtier occupe la moitié orientale du Golfe d'Arguin. Il s'étend de la pointe Minou au nord (au delà du cap d'Arguin) jusqu'à la ville de Mamghar au sud (située au delà du cap Timiris), et comprend également les îles d'Arguin et de Tidra. Maintien de la biodiversité et protection des écosystèmes Le Parc National du Banc d'Arguin joue un rôle capital pour le maintien de la biodiversité marine et la protection de l'écosystème du Golfe d'Arguin. Le PNBA constitue une pièce maîtresse du renouvellement des ressources halieutiques à l'échelle de la ZEE Mauritanienne et, sans doute, plus largement à une échelle sous-régionale.
Fondé en 1976, sur demande du naturaliste français Théodore Monod, le Parc vise la protection des patrimoines matériels et immatériels de cette zone qui est extrêmement riche.
En effet, le PNBA est une zone de reproduction pour un très grand nombre d'oiseaux migrateurs d'Europe et pour des oiseaux endémiques tels que la spatule blanche. D'autre part les pêcheurs Imraguens, qui habitent sur le territoire du parc national depuis plusieurs siècles vivent en harmonie avec son environnement, notamment en ce qui concerne les techniques de pêche. Ces pêcheurs sont connus pour leurs prélèvements raisonnés de mulet jaune au filet d'épaule avec, pour compagnons de pêche, les dauphins.
Cependant, le patrimoine matériel et immatériel est menacé par la surpêche généralisée des océans. La ressource dans la partie maritime du Parc, pourtant interdite aux bateaux à moteur, est menacée par les activités de pêche qui ont lieu hors de ses frontières. C'est en partie dans ce cadre qu'agit l'institution du PNBA, en mettant en oeuvre des mesures de protection et de sensibilisation.
Des paysages attrayants S'étendant du Cap Minou au cap Timris, le PNBA est marqué d'une suite de paysages variés. Même dans sa partie désertique, le PNBA présente des paysages diversifiés : zone de sables durs, grandes dunes, dunes éoliennes, sebkhas, mangrove, milieux vaseux... autant de reliefs qui ne sont pas sans favoriser une vie animale et végétale riche et variée.
Un autre phénomène constitutif de la vie marine sur le Parc est l'" upwelling " ou remontée de l'eau. Par la remontée d'eau froide des profondeurs, due au vent, c'est une véritable éclosion de la vie subaquatique qui a lieu, les eaux du Parc devenant alors un énorme garde-manger pour l'ensemble de la chaîne alimentaire.
L'île d'Arguin est une des îles de la côte du Banc D'Arguin. Elle est entourée d'une vaste baie aux eaux bleues et violettes, au-dessus des herbiers. Simple plateforme de grès posée sur la mer, elle mesure quelques 6 km de long sur 4 de large. Balayée par l'alizé, écrasée de soleil, l'île peut demeurer des années sans recevoir de pluie; aussi ne porte-t-elle que bien peu de végétation (qui ne reverdit d'ailleurs qu'après une averse).
S'il existe de nombreuses îles sur cette côte, celle d'Arguin est la seule à posséder de l'eau douce, dans un puisard ouvert sur le plateau rocheux.
Cette île, habitée depuis la préhistoire, vit la présence de plusieurs comptoirs, notamment portugais, hollandais et français. Le commerce de la gomme arabique ayant acquis une grande importance pour l'industrie européenne, la France va s'installer de vive force à Arguin, après les campagnes de 1721, 1723, 1724. Mais en 1728, ce sera l'abandon définitif. Entretenir une garnison à Arguin coûte décidément trop cher, et le commerce de la gomme se déplace plus au sud.
Le site est connu notamment pour son avifaune très diversifiée. On y trouve aussi de nombreux cétacés : dauphins, orques, marsouins et baleines.
Afin de rendre accessible à tous son patrimoine reconnu par l'UNESCO, le PNBA a mis en place depuis quelques années une démarche respectueuse de l'environnement : l'écotourisme. Définition d'un seuil de capacité de charge, charte du visiteur, organisation de la visite, tels sont les projets sur lesquels travaille le PNBA.
Depuis quelques années et à la faveur de la loi 2000/024, une mutation s'est opérée dans la mission du PNBA. Celle-ci ne se limite plus exclusivement à l'aspect protection des écosystèmes mais fait place désormais à une implication systématique des populations. D'ailleurs selon le représentant régional du PNBA à Nouadhibou, M. Menna Ould Mohamed Saleh, l'espace du PNBA fait l'objet dorénavant d'une cogestion de la part du Parc, de l'autorité administrative et des populations de la région concernée. D'ailleurs c'est en ce sens qu'il nous a parlé de cet atelier annuel de concertation qui est un conclave où toutes ces parties se rencontrent et évoquent toutes les questions liées à l'avenir du PNBA et de ses populations. Cette approche censée être plus efficace ne manquera pas de donner de bons résultats pour la protection des écosystèmes ainsi que pour le bien-être des populations locales et la pérennité de ce site qui a l'ambition de demeurer un haut lieu de la biodiversité mondiale.
