L'Assemblée nationale adopte un projet de loi d'appui au budget
L'Assemblée nationale, réunie en plénière jeudi à Nouakchott sous la présidence de son vice-président, le député Mohamed Mahmoud Ould Lemmatt, a adopté un projet de loi présenté par le Gouvernement relatif

L'Assemblée nationale, réunie en plénière jeudi à Nouakchott sous la présidence de son vice-président, le député Mohamed Mahmoud Ould Lemmatt, a adopté un projet de loi présenté par le Gouvernement relatif à un accord de crédit entre le gouvernement mauritanien et l'Agence française de développement et destiné à l'appui du budget.
Le montant de ce crédit se monte à 20 millions d'euro, soit 7 milliards 611 millions d'ouguiya, remboursable sur 15 ans avec une période de grâce de 5 ans et un taux d'intérêt allégé. Une partie de ce financement sera affectée à la réforme du secteur de l'électricité.
Dans leurs discussions, des députés ont loué ce genre de crédits tandis que d'autres l'ont critiqué, dénonçant notamment l'exclusion des petites entreprises nationales de la participation aux projets financés par des fonds extérieurs.
D'autres députés ont appelé à la réduction des tarifs de l'électricité qu'ils ont jugés trop élevés.
Dans l'explication du projet de loi, le ministre des finances, M. Thiam Diombar, a indiqué que le montant dudit crédit sera alloué principalement à l'appui des capacités de la Société mauritanienne d'électricité (SOMELEC) en vue d'améliorer sa situation financière difficile. Une situation, a-t-il ajouté, qui revient au fait que l'Etat comptait au départ céder le secteur de l'électricité aux privés après sa séparation de celui de l'eau.
Cette mesure a conduit à la négligence de l'investissement dans ce secteur dont les installations se sont détériorées engendrant la médiocrité des services, a-t-il dit.
Le ministre a également cité deux autres facteurs ayant participé à la dégradation de la SOMELEC : la hausse des cours du pétrole et la gabegie.
Il a par ailleurs souligné que la création de 7 commissions de marchés publics au lieu d'une seule centrale ainsi que d'une autorité de régulation conduira inéluctablement à faciliter l'accès des petites entreprises nationales aux financements extérieurs tout en garantissant une plus grande transparence.
Les députés ont aussi écouté une question orale adressée par le député Cheikh Ahmed Ould Khalifa, au ministre du développement rural, M. Brahim Ould M'bareck Ould Mohamed El Moctar, sur la politique du Gouvernement en matière de sécurité alimentaire.
Dans sa réponse, le ministre a rappelé que le problème de la sécurité alimentaire est posé à tous les peuples du monde.
Il a ensuite rappelé le règlement de la dette des agriculteurs qui s'était accumulée pendant deux décennies pour devenir un sérieux handicap devant l'agriculture irriguée, en plus d'une nouvelle conception des campagnes agricoles et de la réduction des prix des intrants agricoles, notamment les engrais.
Ces mesures, a ajouté M. Brahim Ould M'bareck Ould Mohamed El Moctar, ont permis de porter la production agricole cette année à 273.000 tonnes, soit une augmentation de 67% par rapport aux dix dernières années.
Il a expliqué que ce volume de production a pu couvrir 34% des besoins du pays en céréales, une augmentation dépassant le taux de couverture de 23% au cours des 10 dernières années.
Le ministre a cité de nouveaux programmes comprenant l'aménagement de 6.000 hectares pour les cultures irriguées, l'exploitation de 5.000 hectares pour la culture du blé et la construction d'une usine de sucre à Foum Legleite et d'une autre pour la viande de poulet et les oeufs.
Il a tenu à rassurer les populations en affirmant que le Gouvernement suit de près la situation.
Le Programme de solidarité sans précédent du point de vue quantité et qualité fonctionne toujours et poursuivra ses prestations, a souligné M. Brahim Ould M'bareck Ould Mohamed El Moctar.
