Le Président de la République accorde une interview à RFI à Paris
Le Président de la République Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz a accordé à RFI, jeudi dernier à Paris, une interview au cours de laquelle il a expliqué la position mauritanienne par rapport à la question

Le Président de la République Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz a accordé à RFI, jeudi dernier à Paris, une interview au cours de laquelle il a expliqué la position mauritanienne par rapport à la question libyenne,au terrorisme, à la détermination de la Mauritanie à combattre ce phénomème, au souhait d'une coopération sous-régionale pour lutter contre les bandes armées qui écument dans les pays du Sahel, procédent aux enlèvements et exigent des rançons pour libérer les ôtages.
A question de la dérive de l' extrémisme en Libye, le Président a indiqué" nous ne souhaitons pas qu'il y ait une dérive militaire dans cette zone mais il existe effectivement des signes précurseurs. Nousavons reçu beaucoup de renseignements recoupés qui prouvent qu'il y a une partie de l'arsenal militaire de la Libye qui s'est volatilisé et qui, en partie, s'est retrouvé entre les mains des trafiquants et de terroristes ce qui compliquera à l'avenir la situation déjà assez compliquée et assez complexe dans la région sahélo-saharienne".
Sagissant des assurances données par le CNT, son chef, M.Moustapha Abdel Jelil d'être un peuple musulman à l'Islam modéré et de la reconnaissnce du CNT par l'UA, le Président Abdel Aziz a noté avoir "parfaitement confiance en la personne de Moustapha Abdel Jelil".
Pour ce qui est de la reconnaissance, il a souligné que la libye étant membre de l'union africaine cette reconnaissance ne se pose pas signalant au passage des principes à mettre en place entre autres: la mise en place d'un gouvernement " le plus large possible pour qu'il puisse toucher l'ensemble des parties libyennes et qu'il puisse encore jouir de la confiance du peuple libyen globalement".
Le président de la république a indiqué le caractère atypique de la Libye " où il n'y a pas de constitution, pas de partis politiques, pas d'institutions" et d'ajouter "il faudrait quand même qu'on laisse un peu au temps le temps de faire les choses".
Parlant des freins à la lutte efficace commune contre le terrorisme qu'il a d'ailleurs reconnus, le Président de la République a signalé la détermination de la Mauritanie à combattre ce phénomène.
Il a ajouté:" nous faisons ce que nous faisons avec nos propres moyens et nous sommes engagés"." Nous avons en face de nous quelques bandes armées qui s'approvisionnent malheureusement à partir de certaines de nos villes et qui sont financées parfois, malheureusement par le payement de quelques rançons parce que ce sont ces rançons qui financent les groupes terroristes, qui leur permettent de recruter leurs personnels, de renforcer leurs capacités opérationnelles sur le plan matériel".
Le payement des rançons est " la pire des solutions" pour la Président Mohamed Ouls Abdel Aziz parce que " plus vous payez de rançon, plus les terroristes prendront d'ôtages et plus ils s'équiperont pour prendre d'autres ôtages".
Quant à la question de coopération commune des pays sahélo-sahariens pour traquer l'ennemi commun le terrorisme,le chef de l'Etat a dit:" nous collaborons et nous entretenons de très bonnes relations, et les meilleures d'ailleurs, avec l'Algérie,le Mali et le Niger. Mais sur le plan de la lutte effective contre le terrorisme nous, nous ne pouvons pas attendre parce que nous avons été attaquéqs dès 2005 sur notre territoire" et d'ajouter" la seule chose que je pourrai vous garantir c'est qu'actuellement en Mauritanie, il n'existe pas de bases où de sites d'entraînement de terroristes et il n'existe pas un seul terroriste en liberté. Les terroristes que nous avons sont en prison, jugés et condamnés".
A la question: Est ce qu'un seul pays peut résoudre le problème et éradiquer la menace à lui tout seul ? Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz de noter et conclure
" Ce n'est pas souhaitable. Il est nécessaire et souhaitable qu'il y ait une bonne coopération, un échange d'informations solidaire, ce qui se fait actuellement entre tous les pays d'ailleurs ou la plupart des pays, qu'ils soient africains ou européens et au-delà même. Mais pour ce qui est de l'engagement sur le terrain, nous en tout cas nous sommes décidés à ne pas rester les bras croisés".
