Le Président de la République procède à l'ouverture de la nouvelle année judiciaire
Le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz a ouvert, lundi matin, au palais de justice à Nouakchott, la nouvelle année judiciaire 1432 de l'héjir correspondant à l'année 2011, et ce

Le Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz a ouvert, lundi matin, au palais de justice à Nouakchott, la nouvelle année judiciaire 1432 de l'héjir correspondant à l'année 2011, et ce sous le signe de "la déontologie du magistrat".
A cette occasion, le Président de la cour suprême, M. Seyid Ould Ghailany a passé en revue, devant le Président de la République, dans un discours prononcé pour la circonstance, le plan d'action élaboré par la Cour suprême pour jouer pleinement son rôle entier dans le renforcement de l'Etat de Droit, en sa qualité de symbole du pouvoir judiciaire.
Il a ajouté que les efforts de la cour suprême, au cours des derniers mois, ont été orientés vers la création des conditions appropriées pour lui permettre d'occuper la place qui lui revient dans les institutions constitutionnelles dans notre pays, en sa qualité de la plus haute instance judiciaire dans le pays.
Le président de la cour suprême a en outre souligné que ces efforts ont comporté les mesures organisationnelles suivantes:
- la réhabilitation du bâtiment qui abrite actuellement la cour suprême, en attendant de rejoindre le nouveau siège,
- des instructions relatives au respect des horaires du travail et pour l'amélioration des décisions prises par les tribunaux,
- la disponibilisation des ressources humaines et matérielles nécessaires,
- la réorganisation des services administratifs et le début d'exécution des activités portant sur la modernisation des outils de travail,
- l'unification du travail judiciaire sur l'ensemble du territoire national,
-le renforcement du rôle de la cour suprême dans un Etat de droit respectant la séparation des pouvoirs.
Le président de la Cour suprême a précisé qu'en choisissant le thème de"la déontologie du magistrat" pour la nouvelle année judiciaire, le Président de la République qui est le premier magistrat du pays a voulu surtout insister sur l'importance de ce sujet dans le bon fonctionnement quotidien de la justice, ce qui permettra à notre Etat de s'édifier sur des bases justes.
M. Seyid ould Ghailany a passé ensuite en revue les règles essentielles sur lesquelles s'établit la déontologie du magistrat à savoir notamment l'attachement à notre sainte religion, le patriotisme et l'indépendance en tant que l'un des principes énoncés par la constitution dans les articles 89 et 90, la neutralité, la bonne conduite c'est-à-dire le courage du magistrat à rechercher la vérité, l'égalité des justiciables, l'honnêteté, le respect de la légalité et des procédures, garder le secret professionnel et faire preuve d'un bon comportement dans la vie privée.
Le président de la Cour suprême a précisé que le rappel de ces principes, ne doit pas nous faire oublier l'émergence de nouvelles réalités qui s'imposent à nous tous, en ce sens que la question ne se limite plus à la résolution des problèmes qui se renouvellent dans le cadre des structures tribales ou régionales traditionnelles, mais qu'il s'agit plutôt aujourd'hui d'un cadre plus vaste au sein duquel se dissout la société dans sa diversité, ses transformations et ses aspirations, ce qui exige de nous de faire face à cela et fait ressortir le besoin d'une justice compétente professionnellement et honnête au plan déontologique.
Il a ajouté que l'ampleur des litiges posés devant les tribunaux fait que le Président de la Cour suprême est tenu de rappeler la nécessité de la révision d'une partie de notre arsenal juridique et de nos procédures judiciaires, de la disponibilisation des moyens susceptibles de permettre la réalisation du travail judiciaire dans le but d' adapter cet arsenal et ces procédures au développement de notre société et aux changements intervenus dans le monde.
Le président de la cour suprême a de nouveau réaffirmé, au nom des membres de la famille judiciaire, sa volonté de renforcer la crédibilité de la justice, son impartialité et son attachement au respect de la loi, soulignant que les instructions que le président de la République n'a cessé donner pour le respect de l'indépendance de la justice contribueront à la réalisation de cet objectif.
Il a enfin exprimé, au nom de la famille judiciaire, ses remerciements et sa gratitude, au Président de la République.
De son côté, le procureur de la République près la Cour suprême, M. Ahmed Ould Weli, a passé en revue les significations de l'éthique du juge de façon générale, soulignant le respect des devoirs et obligations honorifiques de la profession.
Il a également cité l'indépendance, l'intégrité, la neutralité, l'égalité, le courage moral, la compétence etc..
Ould Weli a expliqué que le Parquet général est une partie indivisible du pouvoir judiciaire, représentée dans toutes les cours correctionnelles. Le Parquet, a-t-il ajouté, accomplit ses missions avec rigueur en prenant en compte l'équilibre entre les exigences de la sécurité d'une part et les droits de l'homme consignés dans la Constitution, les lois en vigueur et les conventions internationales contraignantes d'autre part.
Le procureur de la République a indiqué que les statistiques établies par le Parquet pour l'année judiciaire 2010 démontrent l'efficacité de ce dernier dans la mesure où il a agi dans 6129 affaires et a apporté l'assistance dans l'application de 600 verdicts.
Il a appelé à aller de l'avant dans la mise en application des instructions du Président de la République Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz pendant la dernière session du Conseil supérieur de la magistrature relatives à la révision et à l'actualisation du système juridique national, à la formation des juges et de leurs auxiliaires et à l'application du principe de la récompense et de la sanction.
De son côté, le bâtonnier de l'Ordre national des avocats, Me Ahmed Salem Ould Bouhebeini, a rappelé les doléances de l'Ordre consistant, entre autres, en la mise à disposition d'un siège, l'implication des avocats dans les consultations juridiques, l'affirmation de l'obligation de l'exécution des verdicts prononcés contre l'Etat et la promulgation des textes d'application de la loi sur l'assistance judiciaire.
Pour sa part, le porte parole des juges, M. Haroune Ould Ideighbi, a souligné les acquis réalisés sur la voie de l'indépendance de la justice.
La cérémonie d'ouverture s'est déroulée en présence du Premier ministre, Dr Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, du premier vice-président du Sénat, du vice-président de l'Assemblée Nationale, des membres du gouvernement, des hautes personnalités de l'Etat, des membres du corps diplomatique accrédité en Mauritanie, du président et des membres de la cours suprême, des anciens présidents de la cour suprême, des présidents des chambres, des magistrats, des auxiliaires de la justice et de plusieurs invités.
A son arrivée comme à son départ du palais de justice, ce matin, le Président de la République a été accueilli et salué par le ministre de la justice, le président de la cour suprême, le procureur général près la cour suprême, le wali de Nouakchott, le vice-président de la communauté urbaine de Nouakchott, le hakem et le maire du Ksar.
