Les députés interpellent un certain nombre de membres du gouvernement
L'Assemblée nationale a achevé tard le soir sa séance de débâts commencé dimanche matin sous la présidence du député Mohamed Mahmoud Ould Emmat, 2ème vice président de cette chambre et consacrée à l'interpellation

L'Assemblée nationale a achevé tard le soir sa séance de débâts commencé dimanche matin sous la présidence du député Mohamed Mahmoud Ould Emmat, 2ème vice président de cette chambre et consacrée à l'interpellation de certains membres du gouvernement.
La séance a commencé par une question orale adressée par le député Moustapha Ould Bedredine, président du groupe UFP au ministre du commerce, de l'artisanat et du tourisme, M. Bamba Ould Dermane sur les sources de financement de l'opération "solidarité 2011".
Le député a estimé dans sa question que cette opération n'est pas la meilleure manière de faire face au phénomène de la hausse des prix demandant au gouvernement d'y surseoir et d'entrer dans un dialogue avec les partenaires sociaux en vue de proposer un plan plus adapté aux préoccupations des citoyens.
Dans ses réponses, le ministre du commerce a précisé que la hausse des prix est un phénomène mondial et le gouvernement a décidé d'oeuvrer pour en limiter les effets sur le citoyen à travers la mise en place d'un plan comprenant l'ouverture de 200 boutiques sur toute l'étendue du territoire national.
Ces boutiques sont destinées à vendre à prix accessible les denrées de consommation courante comme le riz, le sucre, le blé et l'huile de table.
Ce plan, qui a coûté, dit-il, des milliards à l'Etat, a été mis au point sur des bases objectives qui ont pris en compte les expériences passées en la matière tout en s'assurant que les produits ne vont pas être réexportés à l'étranger.
Et de souligner que le financement du plan et sa gestion se sont déroulés de manière transparente conformément à l'accord signé avec la fédération du commerce et que l'Etat supporte plus du 5ème du prix des denrées.
Le ministre a relevé que le nombre de boutiques pourrait être augmenté ainsi que leur durée d'ouverture si les circonstances l'exigeaient et que l'Etat est prêt à recevoir toutes les propositions de nature à améliorer ledit plan niant toute existence de monopole sur le marché.
La 2ème question orale adressée par le député Mme Lalla Mint Hassana de l'UPR au ministre de l'intérieur et de la décentralisation, M. Mohamed Ould Boilil portait sur les raisons à l'origine du remerciement d'un groupe de travailleurs du projet carte nationale d'identité qui étaient en poste depuis 2000 après concours pour certains et sans concours pour d'autres au terme d'un acord entre le ministère de tutelle et le commissariat aux droits de l'homme, à l'action humanitaire et aux relations avec la société civile.
C'est ainsi que les droits de ces employés leurs ont été versés sur la base d'un document qu'ils contestent comme comme le précise la question de Mme Lalla Mint Hassana.
Dans ses réponses, le ministre de l'intérieur a indiqué que pour 74 de ces travailleurs le problème est réglé sur la base d'un accord aux termes duquel leurs droits leur ont été payés. 23 d'entre eux n'ont pas accepté cet accord.
Le ministre a fait état d'une réunion la semaine dernière avec les représentants de ces travailleurs au cours de laquelle il a présenté 3 propositions de solutions: la 1ère est de poser leur problème à l'inspection du travail et l'accepter comme arbitre entre les parties ou accepter la solution pour laquelle sont partis leurs 74 collègues.
La 3ème solution est de paser le concours: celui qui y admet sera titularisé par l'administration de l'Agence nationale du registre de la population et des titres sécurisés. Le problème de ces travailleurs sera réglé dès qu'ils acceptent une de ces solutions.
Le ministre a répondu à une question de Mme Kadiata Malick Diallo, de l'UFP sur ce que compte faire le gouvernement pour régler les problèmes des citoyens liés à l'accès à la carte nationale d'identité dont la date de validité est dépassée et à celle qui est perdue ou à celui qui vient d'atteindre l'âge de la majorité. Elle s'est également interrogée sur les délais des prochaines échéances électorales.
Le ministre a, dans ses réponses, relevé que le gouvernement est soucieux de voir l'état civil dans notre pays au niveau des aspirations niant l'existence d'obstacles au niveau de la production d'actes de naissance ou autres pour ceux qui en ont droit.
Il a précisé qu'en 2010, 369500 actes de naissance ont été produits à Nouakchott auxquels il faut ajouter 64 mille pour le seul mois de janvier 2011.
Il a ajouté que les citoyens de retour du Sénégal ont obtenu 20111 actes de naissance et il y a 13728 en cours de production et 4574 autres cas ont été traités.
S'agissant des prochaines échéances électorales, M. Mohamed Ould Boilil a indiqué qu'elles se dérouleront dans les délais prévus notant que des mesures seront prises pour munir tout celui qui a perdu sa carte d'identité ou qui vient d'atteindre l'âge de la majorité de carte d'identité lui prmettant d'exercer son droit de vote.
Le ministre a précisé que la société internationale qui a remporté l'appel d'offre pour la réalisation de ces documents d'état civil sécurisés commencera en mars prochain au lieu de novembre 2010 relevant que ce retard est dû au fait que le gouvernement mauritanien veille scrupuleusement à assurer un niveau de qualité élevé du travail à accomplir.
La 3ème question orale a été adressée par le député Cheikhna Ould Sakhaoui du groupe UFP au ministre de l'habitat, de l'urbanisme et de l'aménagement du territoire, M. Ismail Ould Boddé Ould Cheikh Sidiya.
Elle porte sur les étapes d'exécution du programme de réhabilitation des quartiers précaires et les divers problèmes que cela suppose et dont ont souffert les populations.
Dans ses réponses, le ministre que les quartiers en cause représentent le tiers de la superficie de Nouakchott et leurs habitants le tiers également de sa population relevant que l'opération requiert des moyens énormes.
Il a dit que le gouvernement a décidé de réhabiliter les zones d'accueil des populations transférées et de les doter d'infrastructures nécessaires: santé, éducation, eau, électricité, routes, etc. contrairement à ce qui se faisait dans le passé.
Le ministre a passé en revue les expériences des décennies écoulées en matière de règlement de cette problématique des quartiers précaires assurant qu'elles ont été un échec.
Il a souligné que le Président de la République a décidé que cette fois ce sera le règlement définitif cette problématique donnant des instructions claires et fermes dans ce sens et suivant de près l'évolution de l'affaire.
Dans ce cadre, précise le ministre, un recensement des populations a été effectué dans les zones ciblées pour définir les zones d'accueil et les aménager.
Il a noté que l'opération a englobé jusqu'à présent 35 mille familles et que son rhytme va s'accélérer les mois prochains en raison du fait que tous les secteurs d'accueil ont été aménagés et les opérations de recensement ont pris fin avec 82 mille familles recensées qui obtiendront chacune une parcelle de terrain dans une bonne zone de la capitale tant au niveau du positionnement du site que des infrastructures.
Et de rassurer les citoyens de pouvoir disposer de terrain et de règler leurs problèmes car le gouvernement a décidé de règler leurs problèmes de façon définitive et le phénomène des quartiers précaires fermant la porte devant ceux qui n'ont pas droit.
M. Ould Bodda Ould Cheikh Sidiya a enfin dit que cette opération s'est déroulée dans le cadre d'un financement exclusif de l'Etat mauritanien ce que les institutions financières internationales ont loué.
