L'Assemblée adopte un projet de loi pour protéger le milieu marin
L'Assemblée nationale a adopté, à l'unanimité dans sa session de jeudi soir un second projet de loi portant qur la ratification de l'accord de coopération dans le domaine de la protection du milieu marin

L'Assemblée nationale a adopté, à l'unanimité dans sa session de jeudi soir un second projet de loi portant qur la ratification de l'accord de coopération dans le domaine de la protection du milieu marin et de l'investissement dans les zones du littoral en Afrique de l'ouest, du centre et du sud.
Cet accord signé en 1983 vise la protection de l'environnement marin des pays signataires à travers l'échange d'informations et de données entre pays concernés notamment dans le domaine de la recherche scientifique et technique et l'appui aux capacités des acteurs du secteur et l'intervention rapide en cas de pollution.
Les députés ont insisté dans leurs interventions sur l'interpellation du gouvernement sur les garanties accordées à la Mauritanie dans le cadre de cet accord, trouvant curieux qu'un texte de cette importance reste dans les tiroirs pendant plus de 17 ans.
Ils ont souligné également la nécessité de protéger le cordon dunaire qui sépare la ville de Nouakchott de l'océan atlantique mais aussi les autres sites menacés du littoral comme le Banc d'Arguin et le Parc de Diawling, entre autres.
Les représentants du peuple ont critiqué ce qu'ils ont qualifié "d'absence de contrôle strict des activités des sociétés investissant dans le pays et dont les projets ont un impact sur l'environnement et portent préjudice aux citoyens, à la faune, à la flore et au milieu d'une manière générale.
Ils ont évoqué l'apparition de maladies humaines et animales graves qui n'étaient pas connues auparavant dans les zones d'exploitation de sociétés minières demandant à l'Etat d'enquêter sur les matières et produits utilisés par ces sociétés et leur contrôle en particulier le cyanure utilisé dans le procédé de séparation de l'or du minerai brut. Il s'agit, disent-ils, d'un poison mortel dangereux appelant le gouvernement à prendre des mesures pratiques pour prendre en charge aussi les risques liés à l'existence du prosopis, plante utilisée pour la fixation des dunes mais qui nuit au milieu vétégal des alentours et dont la nuisance sur l'environnement semble établie par l'expérience, selon certains.
Les députés ont interrogé le gouvernement sur les mesures à prendre pour protéger Nouakchott du danger éventuel des inondations consécutives à la montée des eaux de l'océan suite à la baisse du niveau du cordon dunaire suite à son exploitation pour les besoins de la construction. Ils ont noté à cet égard que la capitale comme d'autres villes du monde en deçà du niveau de la mer est menacée du fait aussi du réchauffement climatique faisant remonter le niveau des océans, d'où le danger réel.
Le député de Ouad Naga a demandé au gouvernement de revoir le problème de l'enfouissement des ordures ménagères et l'incinération de la drogue et des produits (denrées ou médicaments) périmés sur la route de l'espoir entre Nouakchott et Ouad Naga car cela porte préjudice à la santé des populations et du cheptel et menace l'environnement.
Le ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de l'environnement et du développement durable, M. Ba Housseynou Hamady a précisé que le retard de l'accord signé en 1983 résulte des lenteurs de la bureaucratie administrative non justifiées en raison de l'importance de l'accord proposé par les Nations Unies qui donne des garanties aux pays signataires dans le domaine de la protection maritime partant des données sur les contenus, les parcours et les destinations des navires.
Le ministre a souligné les dangers résultant du relèvement du niveau de l'océan notant que le choix du site de Nouakchott était au départ une erreur mais relevant l'existence d'études pour voir comment éviter les dangers consécutifs à cet état de fait.
Il a passé en revue les mesures prises par le gouvernement pour atténuer les effets de l'extraction minière sur l'environnement notamment l'utilisation du cyanure qui est nocif mais pour laquelle il n'y a pas de produits de substitution en raison de la nature de nos minerais. Il n'a pas manqué aussi de noter que son département ne dispose pas de laboratoires et d'experts compétents dans le domaine de la recherche scientifique.
Le ministre a enfin, reconnu que la manière avec laquelle sont traités les déchets domestiques de Nouakchott et le choix de leur site d'enfouissement a des effets nocifs sur la santé des populations.
