Le CILSS: un centre d'excellence dans le domaine de la sécurité alimentaire et de la gestion des ressources naturelles

La communauté des pays membres du Comité Permanent Inter Etats de Lutte contre la Sècheresse dans le Sahel (CILSS), commémore aujourd'hui, le 35ème anniversaire de la
La communauté des pays membres du Comité Permanent Inter Etats de Lutte contre la Sècheresse dans le Sahel (CILSS), commémore aujourd'hui, le 35ème anniversaire de la création de cette organisation régionale. A cette importante occasion, le Général Mohamed Ould Abdel Aziz, Président du Haut Conseil d'Etat, Chef de l'Etat, Président en exercice du CILSS a prononcé un discours dans lequel il a souligné que l'agriculture occupe une place prépondérante dans les stratégies nationales de sécurité alimentaire et de lutte contre la pauvreté, notamment en milieu rural, mais de plus en plus en milieu urbain. Le Chef de l'Etat a aussi indiqué que trois décennies et demie après la création du CILSS, "nous pouvons légitimement être fiers de cette institution devenue un véritable centre d'excellence dans le domaine de la sécurité alimentaire, de la gestion des ressources naturelles et de la lutte contre la désertification". Voici le texte intégral de cet important discours: "Sahéliennes, Sahéliens, Aujourd'hui nous célébrons le 35ème anniversaire de la création de notre organisation commune, le Comité Permanent Inter Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel. Il subsiste dans la mémoire des populations de chacun des pays membres de notre organisation, de leurs responsables et de leurs partenaires, le souvenir de la grande sécheresse qui, dans les années 70, a mis en péril l'existence de millions de personnes à travers le Sahel. C'est pour faire face à ce phénomène que le CILSS a été créé le 12 septembre 1973. Trois décennies et demie plus tard, nous pouvons légitimement être fiers de cette institution laquelle est devenue un véritable centre d'excellence dans le domaine de la sécurité alimentaire, de la gestion des ressources naturelles et de la lutte contre la désertification. Le CILSS s'ouvre aujourd'hui à l'ensemble des pays de la sous - région concernés par les problèmes de sécheresse. Sahéliennes, Sahéliens, Pays frères et amis, La 23ème journée du CILSS que nous commémorons aujourd'hui est placée, sous le thème : " Harmoniser la gestion des produits chimiques pour une meilleure sécurité alimentaire au Sahel. Dans notre sous - région, l'agriculture occupe une place prépondérante dans les stratégies nationales de sécurité alimentaire et de lutte contre la pauvreté, notamment en milieu rural, mais de plus en plus en milieu urbain. La conjoncture que nous vivons aujourd'hui, caractérisée par la hausse des prix des denrées alimentaires de base sur les marchés nationaux, sous-régionaux et internationaux nous oblige d'opposer de meilleures performances de nos agricultures et une meilleure circulation de nos produits alimentaires. Dans ce contexte, l'utilisation de produits chimiques est une donnée incontournable pour l'amélioration de la productivité agricole et l'accroissement des revenus des populations rurales. Nos Etats ont donc entrepris d'importants programmes d'intensification agricole qui s'accompagnent, de fait, d'une augmentation de l'utilisation des intrants agricoles, des produits chimiques et notamment des pesticides. Ces produits chimiques sont appliqués aussi bien sur les cultures d'exportation et de consommation locale, que contre le criquet pèlerin, les oiseaux granivores et les rongeurs. Sahéliennes, Sahéliens, Bien que nécessaire à l'augmentation de la production agricole, tous ces produits sont dangereux et causent, lorsqu'ils sont mal utilisés, des préjudices irréversibles à la santé humaine, animale et à l'environnement. Nous constatons, hélas, dans nos campagnes et aux périphéries de nos villes que les produits chimiques sont souvent appliqués sans la moindre précaution. Les conditions d'utilisation et les qualités douteuses de certains produits mettent nos populations en danger. Nous ne pouvons nier les graves problèmes de santé qu'ils provoquent trop souvent et les dommages importants qu'ils causent sur notre environnement et celui de nos enfants. Pour faire face à ce phénomène, les Etats membres du CILSS ont adhéré, signé et ratifié de nombreuses Conventions Régionales et Internationales sur les produits chimiques en général et les pesticides en particulier. Je voudrais saisir cette opportunité pour vous rappeler quelques unes de ces Conventions auxquelles nous avons volontairement adhéré. Il s'agit : 1. Du Code International de conduite pour la distribution et l'utilisation des pesticides qui vise à minimiser les risques pour la santé et l'environnement. 2. De la Convention de Rotterdam relative à la commercialisation internationale des produits dangereux. 3. De la Convention de Stockholm qui a pour objectif de protéger la santé humaine et l'environnement des polluants organiques persistants toxiques qui s'accumulent dans les écosystèmes terrestres et aquatiques. 4. Des Conventions de Bâle et de Bamako relatives aux mouvements transfrontières des déchets dangereux. 5. De la Convention du CILSS sur l'homologation des pesticides. Cette Convention concerne l'homologation, la mise sur le marché, l'utilisation et le contrôle des matières actives et des pesticides dans l'espace sahélien. Je voudrais ici saluer la volonté politique de nos Etats qui ont permis ainsi d'aider à la valorisation des compétences et de l'expertise sahéliennes en matière d'évaluation, d'homologation, d'utilisation et de gestion des pesticides. Nous devons poursuivre nos efforts, car cette expérience unique est en train de servir d'exemple à d'autres régions d'Afrique. Sahéliennes, Sahéliens, Si la communauté internationale s'est dotée de tous ces instruments législatifs et réglementaires, c'est qu'elle est consciente que les produits chimiques interdits ou mal utilisés sont un danger réel ou potentiel pour l'homme et pour l'environnement. Nous ne cessons de clamer que le Sahel est un milieu fragile et soumis à de nombreux aléas. N'aggravons pas la situation par l'utilisation hasardeuse de produits chimiques nocifs. Dans notre espace sahélien, nous devons oeuvrer de manière solidaire à une harmonisation de la gestion des pesticides pour une meilleure sécurité sanitaire et environnementale. Je vous le disais, nos Etats ont pratiquement tous adhéré, signé et ratifié ces Conventions internationales. Cependant, chaque Etat oeuvre séparément pour assurer une gestion des produits chimiques à la mesure de ses moyens. Les Etats sont cependant confrontés à une sous information en ce qui concerne les effets des pesticides sur la santé humaine et animale et sur l'environnement. De plus, les Etats ne forment pas un front commun lors des négociations relatives à l'interdiction ou à la stricte réglementation de la circulation des pesticides. Au sein même des Etats, la gestion des produits chimiques est souvent déficiente en raison de la multiplicité des centres de décision et de la faiblesse des mécanismes de communication et de concertation. C'est pourquoi, j'en appelle à l'esprit de solidarité et de conscience collective pour une gestion concertée des produits chimiques. Cette solidarité doit concerner toutes les étapes de la vie des produits utilisés. La collaboration entre le Comité Sahélien des Pesticides et les Comités nationaux de gestion des produits chimiques appuyés par la FAO est un modèle de coopération qui commence à porter ses fruits. Grâce à cette collaboration, les Etats membres du CILSS peuvent désormais remplir leurs obligations vis-à-vis de la Convention de Rotterdam. Ceci est également possible pour les autres Conventions. Sahéliennes, Sahéliens, Dans un contexte marqué par la hausse vertigineuse des prix des denrées alimentaires sur le marché mondial, le Sahel a plus que jamais besoin d'accroître la productivité de son agriculture et faire face aux besoins alimentaires des 50 millions de Sahéliens. Nous ne devons, à aucun moment, perdre de vue que tous ces produits sont dangereux quand ils sont mal utilisés. J'appelle donc tous les acteurs impliqués, décideurs, services techniques de nos Etats, firmes agro - pharmaceutiques, commerçants, utilisateurs, associations de consommateurs, syndicats et associations pour la protection de l'environnement à assumer leurs responsabilités dans la gestion des produits chimiques. Nous devons ensemble oeuvrer pour faire en sorte que les avantages découlant de l'utilisation nécessaire des produits chimiques ne soient pas obtenus au détriment de notre santé et de l'environnement du Sahel. Dans cette perspective, l'information, la sensibilisation et la formation sont des aspects essentiels. Nous devons oeuvrer à faire des Sahéliennes et des Sahéliens des utilisateurs conscients des risques que représentent les résidus de ces produits. Sahéliennes, Sahéliens, Je ne saurais terminer sans exhorter vivement nos Etats, la société civile, les acteurs privés et les partenaires au développement à continuer de soutenir les populations sahéliennes dans leurs efforts de gestion concertée des produits chimiques afin d'améliorer de manière durable la sécurité alimentaire. Je voudrais enfin remercier la Communauté internationale pour le soutien multiforme et constant qu'elle ne cesse d'apporter au CILSS et à ses Etats membres. Vive le CILSS, Vive la solidarité sahélienne, Vive la solidarité internationale Je vous remercie".

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Mis à jour le 23/10/2026 00:02