Des leaders d'opinions et intellectuels : la situation du pays dans les 3 derniers mois a dicté ce mouvement de redressement du processus démocratique

Des leaders d'opinions et intellectuels mauritaniens ont affirmé que le mouvement de redressement opéré par les forces armées et de sécurité hier mercredi est
Des leaders d'opinions et intellectuels mauritaniens ont affirmé que le mouvement de redressement opéré par les forces armées et de sécurité hier mercredi est " intervenu pour mettre fin à l'anarchie dans le pouvoir, au blocage des institutions constitutionnelles et au gâchis de la vie politique dans le pays ". " Le blocage politique qu'a connu le pays pendant les derniers mois, l'individualisation du pouvoir et l'empêchement du Parlement de jouer son rôle dans le contrôle et la législation ont dicté le lancement d'un mouvement de redressement du processus démocratique dont les forces armées et de sécurité avait jeté les fondements à l'issue du changement du 3 août 2005 ", ont déclaré ces leaders d'opinions et intellectuels dans une émission intitulée " Redressement du 16 août : motifs et perspectives), diffusée par la télévision mauritanienne hier soir. Selon M. Ahmed Baba Miske, ex porte parole du Pacte national pour la démocratie et le développement (ADIL), la crise politique qu'a connue ce parti s'est répercutée sur la situation générale du pays et a conduit au blocage des institutions constitutionnelles dès lors que les parlementaires ont été empêchés de tenir une session dont le but est d'examiner des questions vitales et fondamentales. " La dernière session ordinaire du Parlement qui avait duré deux mois n'a vu la soumission d'aucun projet de loi par le gouvernement ", a-t-il précisé, rappelant que l'année dernière a été marquée par un bas niveau du travail gouvernemental et soulignant l'incapacité claire à faire face aux problèmes dont souffre le citoyen dans les différentes régions du pays ". M. Miske a considéré que " ces pratiques ont représenté un retour à la période d'avant le 3 août 2005 lorsque la vie générale s'étaient arrêtée et que les gouvernants avaient fait fi des demandes du peuple et de sa volonté débordante du changement ". Il a révélé que les forces politiques ayant soutenu le projet de changement et de réforme lors des élections de 2007 ont tenté à plusieurs reprises de contrôler les choses et de se conformer à la ligne de réforme mais que les forces de gabegie se sont opposées à toutes ces tentatives. " Cela s'est traduit dans la composition du parti ADIL qui a exclu toutes les initiatives, les personnalités et les sensibilités soutenant le changement pour que ses instances soient totalement dominées par des forces en dehors des courants réformistes et que ces forces là l'utilisent pour contrôler l'appareil et le institutions de l'Etat ainsi que la prise de décision politique et économique après y avoir échoué à travers les urnes ", a-t-il renchéri. De son côté, Mme Aichetou Mint M'heiham, a indiqué, pendant la même émission télévisée, que " le blocage politique et celui des institutions constitutionnelles ont atteint un seuil tel qu'il était devenu impératif d'entreprendre une mesure de redressement, ce qui a eu lieu à travers la formation du Haut conseil d'Etat et l'annulation des prérogatives de l'ancien président ". Elle a considéré que la situation se serait notoirement dégradée si les forces armées et de sécurité n'avaient pas pris une telle mesure ". Pour sa part, M. El Moudir Ould Boune a affirmé, dans la même émission, que le " pays se dirigeait vers un effondrement réel sur les plans politique, économique et social ". " Nous avons connu une année et demie de pouvoir au cours desquels le pays n'a pas avancé d'un seul pas alors que les efforts déployés par les adeptes de la réforme et du changement étaient annihilés par le rejet de toute initiative en faveur du citoyen et de la patrie ", a-t-il ajouté. Pour M. Ould Bouna, " quand le président de la république envisage de dissoudre le parlement pour la simple raison que des parlementaires ont tenté d'exercer leur rôle de contrôle et de législation, cela veut dire que le dérapage a atteint un seuil inacceptable ". Il a considéré que " le mouvement de redressement est intervenu pour enraciner la vie démocratique en Mauritanie " et que ses dirigeant sont " des officiers connus pour leur non attachement au pouvoir, leur sérieux dans l'engagement et leur détermination à faire face à tout déviationnisme de nature à bloquer la marche générale du pays ". M. Ould Bouna a estimé que les dossiers traités pendant l'étape passée " l'ont été de façon fantaisiste et propagandiste dénuée du moindre niveau de sincérité et de responsabilité ". Quand à M. Abou Medyen Ould Ebbatt, il a indiqué que " le traitement des affaires publiques pendant la période passée a atteint un seuil où il a vidé toutes les décisions de leur contenu et bloqué toutes les institutions, y compris l'instance législative ". Il a ajouté que " le citoyen mauritanien a eu à faire face à de réelles difficultés dans sa vie et que les mesures prises par les pouvoirs publics pour les solutionner étaient insignifiants ". Il a pris comme exemple la situation de la ville de Tintane et le Programme d'urgence, rappelant " les montant qui leur ont été dépensés sans l'autorisation du Parlement, ce qui constitue une violation flagrante de la loi ". M. Ould Ebbatt a relevé que toutes les tentatives de réforme et de redressement étaient contrées par les forces de gabegie qui ont fait main mise sur l'appareil de l'Etat et repris le détournement de l'argent public ". Il a exprimé sa confiance quant à l'objectif des officiers qui ont opéré le mouvement de redressement, à savoir le redressement du processus démocratique". Un point de vue presque partagé par M. Abdi Salem Ould Cheikh Saad Bouh qui a dit que " ceux qui ont opéré le changement du 3 août et remis le pouvoir volontiers après avoir organisé des élections justes et transparentes sont ceux là même qui ont bougé aujourd'hui lorsque notre processus démocratique a dévié et que nos institutions constitutionnelles ont été bloquées et vidées de leurs prérogatives ". Il a évoqué ce qu'il a considéré comme " stations du dérapage politique " résidant dans " l'exclusion des forces du changement de la direction du parti ADIL, la confiance replacée dans les symboles de la période d'avant le 3 août, la prédominance des adeptes de la gabegie dans l'appareil de l'Etat et le blocage du rôle des institutions constitutionnelles ". " Le dérapage a atteint son pic à travers l'offre des établissement de l'Etat comme corruption aux députés restants dans le parti ADIL ", a souligné M. Ould Cheikh Saad Bouh. Pour lui, ce qui est surprenant ce n'est pas le mouvement de redressement mais plutôt le limogeage des chefs d'état major de l'armée, de la Gendarmerie et de la Garde par une décision précipitée et insensée qui a constitué une tentative de semer le conflit et de déchirer la cohésion de l'Armée ". Prenant la parole à l'émission télévisée, M. Hamadi Ould Baba Ould Hamadi a considéré que le peuple mauritanien attachait de grands espoirs aux institutions constitutionnelles qu'il avait élues dans la liberté et la transparence. Mais, devait il ajouter, un coup d'Etat a été organisé contre le processus démocratique dans sa logique et ses objectifs dès lors que des personnalités en dehors des forces politiques qui ont produit le projet de réforme et de changement ont pris le contrôle de toutes les sphères publiques". Il a précisé que la gestion ne s'était pas déroulée de façon correcte au cours de l'année passée et que le citoyen mauritanien n'a pas bénéficié dans sa vie des mutations démocratiques. " Lorsque le Parlement a tenté d'exercer son rôle de contrôle de la gestion et de composition de commissions d'enquêtes, il en a été empêché ", a-t-il relevé. Les participant à ce débat télévisé ont été unanimes à dire que le projet de mouvement de redressement sera bénéfique pour le citoyen et la patrie, affirmant que les dirigeants de ce projet sont attachés aux constantes de la nation et à l'unité de l'Etat et du peuple et convaincus que la démocratie doit être un outil au service du citoyen. Ils ont ajouté que les objectifs du mouvement de redressement consistent à redresser le processus, enraciner la démocratie, préserver les acquis du peuple mauritanien, faire face à la gabegie, régler les problèmes quotidiens du citoyen et traiter la situation économique chaotique. Les participants ont aussi considéré que le mouvement de redressement constitue un attachement aux principes du mouvement du 3 août 2007. Ils ont appelé les partis politiques et les parlementaires à coopérer avec les dirigeants de ce mouvement pour consacrer la démocratie pluraliste, considérant que son adoption sur le plan intérieur représente la meilleure garantie pour la sécurité de l'Etat mauritanien.

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Mis à jour le 24/10/2026 00:02