Programme Spécial d'Intervention : un cadre d'entraide et de solidarité

Augmentation de la capacité de la SONIMEX à assurer la régulation du marché et l'acheminement vers les zones les moins accessibles et les moins concurrentielles, détaxation
Augmentation de la capacité de la SONIMEX à assurer la régulation du marché et l'acheminement vers les zones les moins accessibles et les moins concurrentielles, détaxation du riz, aliment de base pour toute la population, plafonnement provisoire de la valeur absolue des droits et taxes à l'importation applicables au blé, au sucre et aux huiles alimentaires à leur niveau du 31 mars 2008, en cas de hausse des prix à l'importation par rapport à ce niveau de référence, augmentation de la subvention du pain initialement prévue pour 500 millions d'UM dont les projections montrent qu'elle sera d'au moins 1,2 milliards d'UM, introduction d'une subvention de 420 millions UM pour la Société Nationale des Eaux (SNDE) pour la stabilisation du tarif de l'eau à son niveau actuel: telles sont entre autres, les mesures prises par les pouvoirs publics pour atténuer les souffrances des populations face à la vie chère causée par la flambée des prix sur le plan international. Ces mesures font partie du Programme Spécial d'Intervention, annoncé récemment par le Président de la République M Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, et qui comporte plusieurs autres volets dont nous publions les parties les plus saillantes En Mauritanie, la contrainte du marché mondial s'est traduite par des difficultés d'approvisionnement du marché local. Dans ce contexte, la SONIMEX est appelée à jouer un rôle de " stabilisateur " de l'impact de la montée des prix des céréales sur la consommation alimentaire domestique. Dans ce cadre, des mesures d'urgence ont été prises par le Gouvernement au cours des trois derniers mois de l'année 2007, visant à réduire les prix à travers, d'une part, la mise en place d'un système d'approvisionnement efficace afin d'enrayer les conditions favorables à la spéculation et, d'autre part, à élaborer un mécanisme de subventions ciblées pour certains produits ou certaines zones géographiques. Cependant, cette institution ne dispose pas présentement des moyens de la mise en oeuvre de cette mesure. Ces contraintes, combinée avec d'autres facteurs tels que la dépréciation continue du dollar vis-à-vis de l'Euro; le niveau encore faible de la production nette céréalière et le faible niveau du stock d'urgence ont eu tendance à raffermir les fortes pressions inflationnistes. Pour le blé, les importations commerciales ont atteint 269 mille tonnes en 2007 dont 161 mille tonnes directement importées par les moulins. La surcapacité de production de farine (estimée à près de 200 tonnes) dépasse largement le besoin national et sert les pays voisins. Les importations du riz en 2007 ont été de 50 892 tonnes dont 12 269 tonnes de dons. Ce chiffre très bas est loin de couvrir le besoin de consommation en riz qui est estimé à 150 000 tonnes. Pour pallier l'effet des chocs externes sur la dynamique des prix, les efforts devraient s'accentuer sur la production locale. Les résultats provisoires de la campagne agricole 2007/2008 le confirment du point de vue de l'évolution des prix, quoi que la production locale ne couvre que 24% des besoins de la demande nationale Cette campagne agricole est en effet, marquée par une hausse de la production brute céréalière de 24,5 % à 171,2 tonnes par rapport à la campagne précédente, laquelle, au regard du déficit pluviométrique enregistré en 2006, a accusé un recul de sa production de l'ordre de 31%. Les céréales traditionnelles (mil, sorgho, maïs, blé, etc.) fortement soumises aux conditions pluviométriques, ont connu une hausse de leur production nette de plus de 11% (contre une baisse estimée à prés de 20% en 2006), pour s'établir à 97,7 tonnes en 2007 contre 87,9 tonnes en 2006. Concernant la production rizicole, il convient de noter que malgré une quasi stabilisation des superficies autour de 16.000 hectares, la production nette a connu une forte reprise pour se situer 73.5 tonnes en 2007 contre 49.6 tonnes en 2006, marquant ainsi une hausse de prés de 48%. Cette situation serait concomitamment le fait de la minimisation des dégâts causés par les oiseaux granivores et de l'efficacité des mesures de soutien aux opérateurs du secteur (crédits de campagne, intrants, vulgarisation agricole, etc.). Tenant compte de cette situation, le gouvernement a mis en place un Programme Spécial d'Intervention visant à permettre aux populations vulnérables de passer le cap de la période de soudure et d'atténuer, de manière générale, les effets des augmentations importantes de prix sur l'ensemble de la population. Ce Programme fut annoncé le 05 avril par le Président de la République lors d'un discours à la Nation dans lequel il a exhorté les populations à plus de solidarité et d'entraide. Il comprend deux trains de mesures visant à court terme à atténuer les effets de l'élévation des prix et à moyen et long terme, à renforcer la sécurité alimentaire et le pouvoir d'achat des populations. La loi de finances initiale 2008 avait déjà prévu certaines mesures d'accompagnement de la montée des prix constatée au cours du deuxième semestre 2007. Le total de ces mesures était d'environ 8,712 milliards UM, se décomposant comme suit : Les mesures considérées portent notamment sur : - l'acquisition de stocks importants des produits les plus sensibles, étant donnée la persistante de la hausse des prix et du rationnement du marché mondial, à travers la mobilisation de financements des importations qui soient accessibles à tous les importateurs et à des conditions libérales : crédits de 10 à 11 mois à un taux d'intérêt intéressant. Un montant de l'ordre de 50 Millions de Dollars sera mobilisé à cet effet pour tous les importateurs intéressés; - l'augmentation de la capacité de la SONIMEX à assurer la régulation du marché et l'acheminement vers les zones les moins accessibles et les moins concurrentielles. Facilité de caisse, à hauteur de 3,4 Milliards UM, accordée par le Trésor public à la Société afin de permettre l'extension de ses capacités de stockage et de distribution et garantie par la BCM de prêts commerciaux bonifiés de 15 Millions de Dollars en sa faveur (10 avec la BID et 5 avec le fonds de l'OPEC). Ce montant pourra être porté à 40 millions de dollars si nécessaire (en l'absence d'intérêt de la part des importateurs privés pour le financement mentionné plus haut); - la détaxation du riz, aliment de base pour toute la population : Le riz importé le sera désormais en hors taxes et hors droits de douane; - le plafonnement provisoire de la valeur absolue des droits et taxes à l'importation applicables au blé, au sucre et aux huiles alimentaires à leur niveau du 31 mars 2008, en cas de hausse des prix à l'importation par rapport à ce niveau de référence ; - l'augmentation de la subvention du pain initialement prévue pour 500 millions d'UM et dont les projections montrent qu'elle sera d'au moins 1,2 milliards d'UM ; - l'augmentation de la subvention du gaz et attribution d'un complément de subvention pour la couverture du déficit d'exploitation de la SOMELEC afin d'éviter des réajustements tarifaires Ceci se traduira donc par une augmentation de la subvention du gaz butane à hauteur de 3,5 Milliards et 1,5 Milliard supplémentaire de transfert à la SOMELEC ; L'introduction d'une subvention de 420 millions UM pour la SNDE pour la stabilisation du tarif de l'eau à son niveau actuel ; L'augmentation de 10% de la valeur du point indiciaire des salaires du personnel de la Fonction Publique et des pensions de ses retraités, à partir du mois de juillet 2008 , pour un coût d'environ 3,545 milliards UM. Pour ce qui est de l'aide alimentaire, le programme prévoit : - l'augmentation du stock national de sécurité alimentaire en blé de 17 000 Tonnes, afin de le porter à trois mois de consommation, alors qu'il est limité actuellement à moins d'un mois. Ce stock sera constitué essentiellement grâce à la mobilisation de l'aide internationale déjà annoncée et attendue avant la fin du mois de juillet, dans le cadre d'une complémentarité entre les apports de l'Etat et de ses partenaires. L'essentiel parviendra du PAM dont l'intervention sera complémentaire en terme de zonage et de groupes de vulnérabilité ; - la distribution gratuite de vivres et la mise en oeuvre de programmes vivres contre travail dont bénéficieront environ 463.000 personnes dont (367.000 en milieu rural et 96.000 en milieu urbain). Les distributions gratuites concerneront les populations en extrême vulnérabilité qui ne seront pas en mesure de travailler (en VCT) tandis que la formule VCT, qui est une modalité " auto-ciblante " particulièrement efficace pour répondre aux besoins des populations vulnérables en milieu urbain, sera également appliquée en milieu rural pour soutenir la préparation de la campagne agricole et éviter que ne s'y installe l'esprit d'assisté. Le coût correspondant est estimé à 2,38 milliards UM ; -la vente à un prix stabilisé à 5000 UM le sac de blé à environ 1.944.000 personnes dont (1.727.000 en milieu rural et 217.000 en milieu urbain) et ce, à travers la mise en place d'un réseau national de Stocks Alimentaires Villageois de Sécurité (SAVS). -le renforcement des programmes de nutrition communautaire, notamment en faveur des femmes et des enfants en bas âge, dont la situation alimentaire actuelle risque de provoquer des dégradations irréversibles de leur état de santé. Le coût de ce programme est estimé à 41,7 millions UM. - la vente d'aliments de bétail à des prix sociaux (subvention à hauteur de 1000 UM, le sac de 50 kg) dans les zones les plus affectées pendant la période de soudure car certains groupes vulnérables pourraient faire usage des vivres à leur disposition pour préserver le bétail qui constitue leur unique capital. Il s'agit de mettre à disposition de la CAIE (Centrale d'Achat des Intrants d'Elevage) une quantité d'aliments de bétail nécessaire pour le bétail sédentarisé, en milieu villageois. Cette quantité sera à commercialiser à travers les SAVS. Le coût pour l'Etat sera de 993 millions UM, pour 34644 Tonnes d'aliments de bétail. Les mesures structurelles seront de deux ordres : Le Renforcement de la Campagne Agricole. L'accroissement de la production agricole locale se fera à travers la mise en valeur de d'environ 30. 000 ha irrigués (dont 5000 ha en contre saison) et de 239.500.ha de terres cultivables toutes autres catégories confondues, quelle qu'en soit la spéculation afin de soutenir l'autosuffisance des communautés paysannes, servir la sécurité alimentaire au niveau du pays et favoriser l'emploi en milieu rural. Ceci serait renforcé par l'encouragement de l'utilisation de substituts aux produits sur lesquels il y a une forte tension (blé, riz, etc.). Pour réduire les importations de céréales (riz et blé), il est impératif d'assurer le maximum d'emblavures. L'objectif global de cette campagne sera une production nette de 190 000 tonnes toutes céréales confondues soit 34% de couverture des besoins céréaliers du pays. Les productions nationales du riz et des céréales traditionnelles, attendues au cours de cette campagne couvriront respectivement 58% et 56% des besoins nationaux. Pour le pluvial l'accent sera mis sur la mise en valeur des zones de Diéri habituellement cultivées (147.000), les barrages et digues (61.000 ha), le Walo (22.000 ha) et les zones de décrue contrôlée (9500 ha). La priorité sera accordée aux potentiels mis régulièrement en valeur et sécurisés. L'irrigué ciblera les périmètres publics et privés en campagne 2007-2008 mais aussi l'ensemble des périmètres aptes à l'exploitation ou en mesure d'être mis à niveau. Pour soutenir la production agricole, notamment dans le secteur irrigué, l'Etat accordera sa garantie pour environ 6 milliards UM, correspondant à 3,8 pour le crédit de campagne et 2,2 pour un crédit de moyen terme en aménagement et équipement agricoles. Les activités de formation et d'insertion et des activités génératrices de revenus seront développées en vue d'améliorer l'employabilité des jeunes chômeurs et la création de revenus (AGR) au profit des ménages, notamment à travers des modalités de micro crédit. La formation et l'insertion de 4 000 jeunes sans emploi dans le cadre d'un programme développé avec les entreprises nationales et les centres de formation professionnelle ; La mise en place d'AGR au profit de jeunes diplômés, dont une partie servira à ouvrir des boutiques témoins en périphérie des grandes villes afin de mettre a disposition des populations des denrées à des prix abordables ; Le développement d'activités de soutien aux Micro et Petites Entreprises et aux Groupements d'Intérêt Economique ; La mise en place d'un fonds de promotion de l'emploi des jeunes. Le volet mis en oeuvre par le Ministère chargé de la Promotion Féminine de l'Enfance et de la Famille comporte la mise en place d'AGR au profit des femmes sans emploi, dont une partie servira à ouvrir des boutiques témoins en périphérie des grandes villes en complément des moughataas couvertes par le MEIFP ; Dans ce programme spécial, l'hydraulique villageoise et pastorale n'est pas en reste. C'est ainsi qu'il est prévu la conduite d'un programme hydraulique urgent afin de créer des points d'eau, notamment, en milieu villageois et sur les parcours de l'élevage afin de faciliter la transhumance du bétail pour un coût total de 923.000.000 UM. Ce programme comprend également l'acquisition de 5 citernes d'eau pour la distribution d'eau aux populations en l'absence de réseaux. Concernant la sécurité alimentaire, sa mise en oeuvre devra se faire avec la plus grande transparence. Pour les VCT (Vivres contre Travail), les tonnages sont définis jusqu'au niveau Moughataa. S'agissant du volet emploi, insertion et formation accélérée, afin d'augmenter les revenus des moins nantis, il ciblera les groupes de jeunes chômeurs, de femmes chefs de ménages ou sans revenus et de travailleurs : le programme de formation-emploi jeunes et le fonds de promotion de l'emploi des jeunes seront mis en oeuvre par le MEIFP qui ciblera d'abord les jeunes des quartiers périphériques et les diplômés chômeurs inscrits au niveau de l'ANAPEJ ; Les bénéficiaires des AGRs seront ciblés en concertation avec les autorités administratives et les collectivités locales ; les critères de choix et les quotas par Moughataa ont été prédéfinis par le département de l'emploi et celui de la promotion féminine ; Des économats seront mis en place en collaboration avec les principales institutions employant un maximum de travailleurs ; ils aideront à atténuer la montée des prix de première nécessité. En ce qui concerne le volet hydraulique, le programme compte réaliser ou réhabiliter de 22 stations pastorales motorisées, qui constituent l'essentiel de ce volet. Il s'agira, dans l'ordre, de couvrir les wilayas (i) du Hodh Echargui, (ii) du Hodh Elgharbi, (iii) de l'Assaba et du Tagant et (iv) du Brakna, du Gorgol et du Guidimakha. Les services du Centre national de recherche en eau (CNRE), de l'Agence nationale d'eau potable et d'assainissement (ANEPA) et de la Société nationale des forages et des puits (SNFP) seront mis à profit afin d'écourter les délais nécessaires aux études d'implantation et aux travaux de forage et d'équipement de ces stations

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Mis à jour le 24/10/2026 00:02