Signature à Bruxelles d'un protocole d'accord de pêche entre la Mauritanie et L'Union Européenne
Un protocole d'accord de pêche entre la Mauritanie et l'Union Européenne (UE) a été paraphé jeudi à Bruxelles par l'ambassadeur de Mauritanie en Belgique, M. Moulaye
Un protocole d'accord de pêche entre la Mauritanie et l'Union Européenne (UE) a été paraphé jeudi à Bruxelles par l'ambassadeur de Mauritanie en Belgique, M. Moulaye Ould Mohamed Laghdhaf, et le directeur général de la pêche et des affaires maritimes à la Commission européenne, a annoncé le ministre des pêches, M. Assane Soumaré.
L'accord qui devait être signé mardi dernier à l'issue de 3 mois de négociations n'a pu l'être pour cause de risques réels sur des points de divergences entre les deux parties, a précisé le ministre lors d'un point de presse, jeudi à Nouakchott, en présence des représentants de la presse nationale et internationale.
"Nous sommes arrivés à un accord mutuellement avantageux pour la Mauritanie et l'UE", a-t-il affirmé, ajoutant qu'il " s'inscrit dans le cadre de la mise en oeuvre d'une politique sectorielle en droite ligne avec la stratégie de développement des pêches " et qu'il " prend en compte le souci des pouvoirs publics à préserver nos ressources halieutiques".
Selon lui, "l'effort de pêche, qui a été revu à la baisse, réduit de 43% les prises de pélagiques, de 25% celles des céphalopodes et de 41% les captures de toutes les espèces confondues".
S'agissant de la réduction du nombre des navires communautaires opérant dans les côtes mauritaniennes, M. Assane Soumaré a indiqué que les thoniers sont ramenés à 44 au lieu de 69 dans l'ancien accord, les céphalopodes de 32 au lieu de 41 et les pélagiques de 17 au lieu de 25.
Il a aussi annoncé que l'effort de pêche des ressources de fond qui sont les plus menacées a été réduit de 25%, précisant à ce sujet que les bâtiments européens qui pêchaient une quantité de 440.000 tonnes de poissons au titre de l'ancien protocole se limiteront, en vertu de l'actuel protocole, à 250.000 tonnes.
Evoquant l'aspect financier, le ministre a indiqué que " le protocole comporte une contrepartie annuelle de 76 millions d'euros par an, introduisant un appui sectoriel de 65 millions d'euros sur les 4 ans (2008-2012) et 15 millions d'euros de redevance sur les navires de pêche communautaires".
L'appui sectoriel vise, entre autres, à mettre en place des infrastructures de base en vue d'un éventuel débarquement, recommandé lors des Etats généraux de pêche organisés à Nouakchott le 14 décembre dernier, a-t-il expliqué.
M. Assane Soumaré a en outre révélé que le nouveau protocole d'accord prévoit un deuxième arrêt biologique pendant les deux mois d'avril et de mai en plus de celui de septembre et d'octobre de chaque année.
Concernant les chaînes racleuses, en usage par les crevettiers européens et interdites par la législation mauritanienne, le ministre a souligné que les deux parties ont convenu d'observer une période d'évaluation de leur impact pour s'assurer qu'aucun matériel destructeur des ressources de crevettes n'est utilisé.
Rappelons que des sources officielles au ministère mauritanien des pêches avaient indiqué mercredi dernier à l'AMI que les " négociations de pêche entre l'UE et la Mauritanie, entamées à Nouakchott le 11 mars courant, ont été suspendues ".
Les mêmes sources ont précisé que " ces négociations qui devraient aboutir à la signature d'un protocole d'accord entre les deux parties pour la période 2008-2012 ont été suspendues sur fond de divergences de points de vue sur un certain nombre de questions, notamment l'arrêt biologique et l'interdiction des géants navires de pêche (chaînes racleuses) qui sont destructeurs pour les ressources halieutiques ".
