Nouvel essor de l'agriculture irriguée en Mauritanie

Le directeur du Programme de l'agriculture irriguée en Mauritanie (PDIAIM), M. Dendou Ould Tajidine, a déclaré que son programme a réalisé une grande partie de ses objectifs
Le directeur du Programme de l'agriculture irriguée en Mauritanie (PDIAIM), M. Dendou Ould Tajidine, a déclaré que son programme a réalisé une grande partie de ses objectifs du moment qu'il a réussi à construire les infrastructures de base nécessaire à l'agriculture irriguée et à renforcer les capacités des coopératives agricoles pour tendre vers plus de diversification et mieux développer la culture du riz. Dans un entretien avec l'Agence Mauritanienne d'Information, Ould Tajidine a énuméré les objectifs du programme qu'il pilote, citant, à ce sujet, la diversification agricole, l'augmentation de la valeur ajoutée de l'agriculture irriguée et l'orientation des agriculteurs vers une plus grande pratique des méthodes modernes d'agriculture dans le Haut Fleuve et l'augmentation de leur production et de leurs revenus. Il a déclaré que la première phase de la composante "diversification", allant de 2000 à 2004, a permis de déterminer, par l'expérience, les capacités productives de ce type d'agriculture, que ce soit au niveau local, régional ou international. M. Dendou Ould Tajidine a indiqué que cette phase a aidé à établir un plan d'action pour déterminer les mesures qu'il faut entreprendre pour augmenter les superficies agricoles exploitables, précisant que parmi les objectifs poursuivis dans ce domaine, il y a la généralisation et le développement des techniques d'irrigation, tels le goutte à goutte, le développement du maraîchage, la production des fruits et la disponibilisation des structures nécessaires à leur conservation et à leur commercialisation. Il a ajouté que la seconde phase de ce programme a permis de développer les capacités des agriculteurs, notamment dans le domaine de la commercialisation, au niveau local, et de l'exportation et de la gestion des unités de réfrigération dans les deux stations pilotes de Rosso et de Nouakchott, en plus du renforcement des mesures incitatives et de la multiplication par deux du nombre de périmètres exploités par les producteurs agricoles dans le domaine de l'agriculture irriguée. Le directeur du PDIAIM a précisé que grâce à l'appui apporté par celui-ci, par la formation des bénéficiaires aux méthodes agricoles les plus modernes et la rationalisation des quantités disponibles en terres et en eau, l'on est arrivé, au bout du compte, à un rendement en riz bon en quantité et en qualité ainsi qu'à l'exportation par les producteurs de diverses variétés de fruits et légumes. Il a assuré que les coopératives féminines affiliées à des groupements agricoles et qui exercent leurs activités dans le domaine du maraîchage depuis plus de 25 ans bénéficient de l'appui du Projet dans le cadre de la diversification agricole. Il a expliqué que la deuxième phase du PDIAIM vise la mise en valeur de 5000 hectares à raison de 1000 hectares par an et que le Projet a financé, au cours des années passées, des études et des travaux d'aménagement de superficies agricoles et d'extension des périmètres exploités par des collectivités, à raison de deux hectares pour chaque membre d'un regroupement agricole. M. Dendou Ould Tajidine a ajouté que cette phase a également financé la réalisation de nouveaux périmètres destinés à la diversification agricole, en plus de l'octroi de crédits à travers l'UNCACEM remboursables sur une période de 8 ans et d'aides incitatives données aux exploitants sous forme d'encadrement ou de prise en charge d'une partie des charges d'exploitation. Il a souligné que ce type d'intervention permet d'absorber une grande partie de la main d'oeuvre et d'augmenter les revenus des familles bénéficiaires. De son côté, M. NGaîdé Abou Yéro, responsable de la composante environnementale du PDIAIM, a indiqué que le projet accorde une attention particulière à ce volet dans ses zones d'intervention, précisant que la problématique de l'environnement dans la Vallée soulève plusieurs défis, tels l'avancée du désert, les insectes et les mauvaises herbes qui influent négativement sur les rendements agricoles. Il a ajouté qu'à la lumière des recommandations de la Banque mondiale, et en concertation avec le gouvernement mauritanien, une composante chargée de l'environnement a été créée au sein du Programme pour atténuer les impacts négatifs de l'irrigation, notamment après la fin de la réalisation des barrages de Diama et de Manantali qui ont changé le milieu naturel et favorisé l'apparition de mauvaises herbes comme le "typha" qui perturbe le cours des eaux du Fleuve et fait monter le taux de salinité néfaste pour les superficies cultivables. Il a affirmé que l'apparition de certaines maladies dans la zone du Fleuve à cause de la pollution des eaux a poussé le Projet à prendre certaines dispositions pour préserver un environnement sain qui prend en compte tous ces facteurs. De son côté, l'un des bénéficiaires a déclaré que l'appui du PDIAIM aux agriculteurs du Haut Fleuve a eu un impact positif sur les activités et la vie des habitants de cette zone, indiquant que, grâce à l'utilisation de nouvelles techniques d'agriculture irriguée, il a pu agrandir son périmètre et en consacrer une bonne partie pour la production des fruits et légumes, ce qui, dit-il, lui a permis d'acheter une voiture pour la commercialisation de sa production et d'augmenter le nombre des travailleurs. M. Aliou Sow a également loué les "efforts de l'Etat qui, à travers ce projet, a pu rehausser, de manière sensible, le niveau de vie des citoyens et contribuer à la résorption du chômage et à la lutte contre la pauvreté". Quant au secrétaire général de la coopérative "Sunna" au Gorgol, il a indiqué que les agriculteurs dans cette wilaya sont en mesure, aujourd'hui, grâce aux techniques modernes introduites par le PDIAIM, de s'adonner à la diversification et d'augmenter leur production qui, ajoute-t-il, peut concurrencer actuellement celles de la sous région. C'est aussi l'avis du responsable du Crédit agricole à Rosso, M. Sidi Mohamed, qui déclare que l'intervention de l'UNCACEM dans la région du Fleuve s'inscrit dans le cadre d'un accord convenu avec le PDIAIM avec pour objectif d'appuyer les organisations d'agriculteurs pendant les deux phases du Projet dont ont bénéficié des milliers de familles d'agriculteurs dans les wilayas du Trarza, du Brakna, du Gorgol et du Guidimakha. Il a ajouté que la composante "appui aux organisations agricoles" - comprenant des composantes sectorielles, tels l'appui aux activités de base pour la gestion agricole et la disponibilisation des moyens d'exploitation ainsi que des services de vulgarisation agricole, l'amélioration de la production - a pour objectif de rendre compétitives la culture du paddy et l'agriculture diversifiée. Il a affirmé que la collaboration entre le Crédit agricole et le PDIAIM a permis d'obtenir des résultats encourageants dans le cadre de l'approche participative. A son tour, M. Mohamed Abdallahi Ould Béchir, coordinateur de l'unité du PDIAIM à Rosso, a indiqué que malgré les bons résultats enregistrés par le projet au cours de sa première phase d'exécution, la réussite de la seconde phase, qui a atteint un taux d'exécution de 65%, dépend de la capacité des agriculteurs à s'adapter aux techniques agricoles vulgarisées tout le long de la Vallée, allant de Rosso à Sélibaby en passant par Boghé et Kaédi. Il a ajouté que le PDIAIM au niveau du Haut Fleuve a pu dépasser les prévisions dans la seconde phase de son exécution, malgré l'existence de certaines contraintes. Notons que le PDIAIM, cofinancé par la Banque mondiale et l'Etat mauritanien, a pu réaliser de grands acquis dans le domaine de la diversification, l'aménagement de surfaces agricoles et le crédit agricole dans le cadre de la mission qui lui a été confiée. Cependant, on ne peut pas dire qu'il a réussi à résoudre tous les problèmes de l'agriculture en Mauritanie dont la solution requiert des moyens financiers énormes non seulement circonscrits au Projet mais demandant aussi l'élaboration à long terme d'une stratégie agricole. Celle-ci doit prendre en compte toutes les contraintes qui empêchent l'émergence d'une agriculture moderne qui permettrait de satisfaire les besoins du pays et d'arriver à une autosuffisance alimentaire de ses habitants.

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Mis à jour le 24/10/2026 00:02