Les professeurs affiliés au SIPES organisent un sit-in dans les locaux du ministère de l'éducation
Les professeurs affiliés au Syndicat indépendant des professeurs de l'enseignement secondaire (SIPES) et ceux qui les soutiennent ont organisé mercredi un sit-in devant les locaux
Les professeurs affiliés au Syndicat indépendant des professeurs de l'enseignement secondaire (SIPES) et ceux qui les soutiennent ont organisé mercredi un sit-in devant les locaux du ministère de l'éducation nationale (MEN) avec un arrêt de travail de 10 heures à midi.
Cette forme de protestation des professeurs du secondaire a touché l'ensemble du territoire national, selon les correspondants de l'AMI qui rapportent que la plupart des établissements secondaires ont été désertés par les professeurs.
Au niveau de Nouakchott, des dizaines de professeurs se sont regroupés dans l'enceinte du MEN où ils ont organisé un semblant de meeting au cours duquel les responsables et les activistes des centrales syndicales de l'éducation ont présenté leurs revendications et évoqué les problèmes auxquels sont confrontés les professeurs du secondaire. Un communiqué relatant les principales étapes de la lutte syndicale du SIPES, ses objectifs, le degré de collaboration des autorités concernées et les raisons de cette manifestation a été distribué.
Ce communiqué déclare toutefois que le SIPES reste ouvert au dialogue constructif avec le ministère à propos de sa plate-forme revendicative, distribuée également lors de cette manifestation, et dont les principaux points sont le relèvement de la prime d'incitation à 35.000 UM, l'augmentation de l'indemnité d'éloignement et son payement sur les bulletins de salaires, comme convenu dans un précédent accord avec le MEN, la révision du décret organisant les cycles de l'enseignement, en plus de la création d'une indemnité de 10.000 UM pour l'acquisition d'ouvrages de référence et d'une autre pour le transport urbain dans les grandes villes.
La liste revendicative du SIPES se poursuit avec la révision du mode de payement des heures supplémentaires, le relèvement des primes de correction du baccalauréat et du brevet, la possibilité pour les professeurs de poursuivre des études supérieures, la transparence dans les procédures de promotion, qu'il s'agisse des directeurs régionaux, des inspecteurs, des chefs d'établissements ou des directeurs des études, l'appui à la formation continue et la levée du secret entourant l'évaluation administrative et pédagogique des professeurs.
L'énumération des revendications du Syndicat se poursuit avec la nécessité d'améliorer le travail de l'Inspection générale de l'enseignement et la possibilité pour les professeurs d'obtenir rapidement leurs notes, la participation des professeurs en activité dans les classes à l'élaboration des stratégies et programmes éducatifs, la mise en place d'un système d'avancement automatique, la simplification des procédures pour la participation aux concours organisés par les autres départements ministériels, l'organisation, au plus vite, des journées nationales de concertation et l'implication du SIPES dans toutes les commissions de préparation et enfin la mise en place d'une commission crédible, dans laquelle le SIPES sera représenté, chargée de veiller à la bonne application des critères de promotion et d'affectation.
Dans une déclaration à l'AMI, le secrétaire général du SIPES, M. Mohameden Ould Rabani, a indiqué que son organisation a pris toutes les mesures légales avant d'organiser cet arrêt de travail de deux heures sur l'ensemble du territoire national.
Il a précisé que le SIPES a pris soin d'informer le ministère de la fonction publique ainsi que les walis deux semaines environ avant le passage à l'acte. Il a ajouté que le Syndicat compte recommencer cette opération le 14 février prochain si les revendications ne sont pas satisfaites.
Le secrétaire général du SIPES a rappelé que celui-ci avait discuté avec le ministère durant 8 mois au cours desquels il a fait savoir toutes ses revendications sans parvenir, toutefois, à se faire entendre et n'obtenant que des promesses sans fin.
Il a ajouté que les promesses des plus hautes autorités de l'Etat quant à l'organisation de journées de concertation sur l'éducation ont fait naître de l'espoir au SIPES qui, lors de sa rencontre avec la ministre de l'éducation, le 15 mai 2007, a exprimé toute sa disposition à participer activement à la réussite de ces journées.
Mais poursuit le secrétaire général du SIPES, "8 mois après cette rencontre, il nous a apparu que le ministère cherche à faire des syndicats un canal pour faire passer et accepter son agenda pré-établi."
Il a déclaré à la fin que le SIPES est prêt à se concerter et à discuter avec toutes les parties concernées, et cela, dans le seul but de satisfaire les revendications des professeurs et d'améliorer leurs conditions de vie et de travail
