Espaces verts à Nouakchott: contraintes et perspectives
La ville de Nouakchott étouffe à cause de l'absence d'un plan d'urbanisme digne de ce nom, aux contours bien précis, prenant en compte la nécessité d'aménager
La ville de Nouakchott étouffe à cause de l'absence d'un plan d'urbanisme digne de ce nom, aux contours bien précis, prenant en compte la nécessité d'aménager des espaces verts, qui permettent à la ville de respirer, ainsi que des carrefours et des autoroutes.
Les problèmes urbains de Nouakchott sont également liés à l'absence d'organisation de ses marchés et de son centre urbain. S'ajoute à cela le manque d'une stratégie efficiente pour la gestion des ordures de Nouakchott, ce qui constitue une autre facette des difficultés urbanistiques d'une capitale encore jeune par rapport à d'autres grandes villes du monde.
Et pour trouver des solutions à tous les problèmes auxquels la capitale est confrontée, le wali de Nouakchott, M. Mohamed Lemine Ould Moulaye Zein, déclare que le gouvernement planche actuellement sur une stratégie pour le développement de la ville de Nouakchott, l'objectif étant de lui donner un visage qui sied à la capitale d'un pays. Le wali de Nouakchott a ajouté que pour rendre fluide la circulation dans la capitale, il est nécessaire de "définir le plan d'urbanisme de la ville et de disposer d'une banque de données qui rend impossible les doubles attributions de terrains", en plus de la réalisation de routes et d'infrastructures de base modernes "répondant aux exigences du temps". Le wali a également souligné la nécessité de réorganiser les marchés de la capitale, d'assainir la ville et d'appliquer les textes et réglements en vigueur dans ce domaine.
M. Mohamed Lemine Ould Moulaye Zein a indiqué, au cours d'une déclaration faite à l'AMI que "l'occupation des places publiques à Nouakchott, par qui que ce soit, n'est plus permis", précisant que ces espaces permettent à la ville de respirer.
Dans ce même cadre, le Dr El Khalil Ould Maouloud, professeur à la faculté des Sciences et techniques et vice-président de la Communauté urbaine de Nouakchott (CUN), a déclaré à l'AMI que celle-ci s'occupe de 5 espaces verts à Nouakchott, ceux du Sénat, du ministère de la Justice, de la Radio, de l'OMVS et du 5 Mars. Il a indiqué que ces jardins publics ont été cédés pendant 30 ans à des particuliers avant que la CUN ne mette fin à ces contrats, ajoutant que la Communauté urbaine de Nouakchott compte transformer ces espaces en parcs publics pour embellir le visage de la capitale.
Le Dr Ould Mowloud a précisé que la Place des Scouts, sise à l'Assemblée Nationale, a été utilisée par le ministère chargé de la Promotion de la Femme, de l'Enfance et de la Famille pour l'édification d'un Centre pour la promotion de la petite enfance.
En ce qui concerne les carrefours, le professeur à la faculté des Sciences a indiqué que la CUN a mis fin à des contrats passés avec des commerçants qui les utilisaient à des fins de publicité. Il a signalé que la Communauté urbaine planche, actuellement, sur une étude visant à améliorer l'aspect des carrefours, citant, à ce sujet, la réalisation d'une borne fontaine par la commune du Ksar au Carrefour dit "Ould Mah".
S'agissant de l'organisation de la circulation routière à Nouakchott, le vice-président de la CUN a indiqué qu'une stratégie complète a été adoptée, suite à une étude financée par la Banque mondiale visant à rendre fluide la circulation et à diminuer les phénomènes d'embouteillages que connaît la ville de Nouakchott. Il a précisé à ce sujet que les pouvoirs publics comptent réorganiser le centre-ville en construisant un réseau routier complet, en améliorant la façade des bâtiments et en pavant les abords des goudrons.
M. Ould Mowloud a aussi dit que la CUN comptait réaliser quatre sites de dépôt des ordures au niveau de Nouakchott mais que, jusqu'à présent, elle n'a pas encore trouvé les aires nécessaires malgré la disponibilité des financements.
Il a ajouté que la CUN a voté, pour le budget des investissements 2008, une enveloppe de 673 millions d'ouguiyas destinée à améliorer le visage de la capitale. Il a cité à ce propos la réalisation de 20 kilomètres de bitume répartis entre les 9 moughataas de Nouakchott, l'équipement des sites de dépôts d'ordure secondaires, l'adressage de la ville, l'achat de matériels sportifs et culturels et la construction d'infrastructures municipales, tels les jardins d'enfants et les stades.
Le maire de Tevragh-Zeina, Mme Yaye Coulibaly, a mis l'étouffement de la ville de Nouakchott et tous problèmes que cela engendre, sur le compte du non respect de la loi, déclarant, à ce sujet, que "seule l'application des textes en vigueur, sa généralisation et sa transparence sont en mesures de régler les problèmes auxquels la capitale est confrontée".
Mme Yaye Coulibaly a ajouté que la mairie a pris à sa charge certaines actions, dont des campagnes de nettoyage du Marché de la Capitale, qui ont échoué à cause de l'obstination des vendeurs dans le non respect de la loi. Mme la maire de Tevragh-Zeina a déclaré que la commune a offert 400 lieux de vente à de bas prix au Marché Chinguitt mais les vendeurs sont très vite revenus à "la situation de pagaille et à l'occupation illégale des abords du marché de la Capitale et de ses passages exigus, ce qui perturbe la circulation en son sein et engendre des problèmes d'insécurité".
Pour appréhender le rôle des communes de Nouakchott dans la gestion des infrastructues publiques, et particulièrement les places publiques, nous avons demandé l'avis de M. Idoumou Ould Cheikhna, chef du service technique au niveau de la commune d'El Mina, qui a indiqué que la municipalité n'a pas les prérogatives pour traiter de la question des espaces publics. Il a souligné dans ce cadre que les compétences de la commune sont maintenant limitées dans certains domaines, tels l'assainissement, la gestion des marchés et des espaces publics.
En ce qui concerne la gestion des marchés, M. Idoumou Ould Cheikhna a déclaré que la commune "ne dispose pas des moyens matériels nécessaires pour leur organisation, d'une part, et que l'administration s'occupe elle-même de cet aspect important, d'autre part".
Le chef du service technique au niveau de la Commune d'El Mina a exprimé son mécontentement face aux prestations de la société française chargée de l'assainissement de la ville de Nouakchott. Chose qu'il met sur le compte de l'absence de coordination entre cette entreprise et la municipalité qui, a-t-il dit, l'a interpellée maintes fois à ce sujet.
Il a enfin affirmé que l'accaparement des places publiques a été accompli avec la complicité et la participation de l'Administration.
