Le Sénat adopte le projet de loi de finances 2008
Le Sénat a adopté, ce jeudi au cours d'une séance plénière tenue au siège de cette assemblée à Nouakchott et présidée par son président,
Le Sénat a adopté, ce jeudi au cours d'une séance plénière tenue au siège de cette assemblée à Nouakchott et présidée par son président, M. Ba Mamadou dit M'Baré, le projet de loi de finances 2008.
Le gouvernement était représenté par M. Abderrahmane Ould Hama Vezaz, ministre de l'économie et des finances, entouré de ses proches collaborateurs.
Les sénateurs ont voté le projet de budget amendé avec 48 voix pour et deux contre.
Le vote, qui était secret, s'est déroulé en l'absence des sénateurs de l'opposition qui s'étaient retirés.
Le budget de l'Etat, objet de cette adoption, s'équilibre en recettes et en dépenses à la somme de 340 milliards 62 millions 890 mille ouguiya dont 110 milliards de financements extérieurs. Ce budget a enregistré une augmentation de l'ordre de 28% comparativement à la loi de finance revisée de 2007.
7 sénateurs du groupe de l'opposition avaient présenté des amendements sur ce projet de loi de finance, amendements qui ont été rejetés.
Ces amendements portent sur le prélèvement de certains montants à partir de chapitres et de sections dont notamment les allocations pour notre ambassade en Israel pour les consacrer à l'appui des programmes de retour des réfugiés et de leur insertion ainsi que de la lutte contre l'esclavage et le relèvement des salaires des employés des secteurs de la santé, de l'enseignement et le soutien aux activités de développement.
Avant l'adoption de cette loi de finances, le ministre de l'économie et des finances avait fait devant les sénateurs un exposé succint dans lequel il a abordé les spécificités de ce nouveau budget et répondu aux questions des sénateurs.
Le ministre a notamment relevé que ce budget est le premier du genre concrétisé dans l'esprit du cadre budgétaire à moyen terme (2008 - 2010) qui traduit la politique du gouvernement pour les 3 prochaines années.
Il a précisé que ce cadre détermine la façon dont vont être réparties les allocations budgétaires conformément aux priorités de la lettre de mission du Président de la république au premier ministre et de la déclaration de politique générale du gouvernement faite devant le Parlement.
M. Ould Hama Vezaz a indiqué que les priorités du gouvernement à l'heure actuelle sont axées sur le renforcement de l'unité nationale, la réforme de l'Etat, l'ancrage de la culture démocratique, la moralisation de la gestion des deniers publics en plus de la réalisation de la croissance économique, de la lutte contre la pauvreté, de la promotion des ressources humaines et de l'accès aux services de base.
Le ministre a noté que la nouvelle loi de finance axe sur le financement des investissements à partir des ressources propres, financement qui a passé de 35 milliards 952 millions en 2007 à 48 milliards 757 millions en 2008 soit un taux d'augmentation de 35%. Les dépenses d'investissement ont connu une hausse de
73 % comparativement à l'année 2007.
Il a fait remarquer que l'augmentation de 9% de la rubrique salaires par rapport, à la loi de finance rectificative 2007, l'a été pour permettre aux départements de la santé et de l'enseignement de couvrir leurs nouveaux besoins en matière d'emploi. Il a réaffirmé que le gouvernement prendra en considération les recommandations et suggestions des sénateurs et oeuvrera à les appliquer suivant les possibilités offertes.
Auparavant des sénateurs de la majorité avaient pris la parole pour apprécier la façon dont ce budget a été élaboré mettant l'accent sur l'action du gouvernement au cours des mois écoulés. D'autres de l'opposition, avaient, eux, demandé de surseoir au vote de ce projet de loi de finance pour le reporter à une autre session afin de leur donner l'occasion de l'étudier judicieusement et de pouvoir lui apporter les amendements nécessaires.
Notons que la commission des finances au Sénat avait recommandé dans son rapport l'appui au programme de création et d'équipement des points d'eau dans les zones rurales et la création d'un fonds national pour la promotion et la modernisation des ressources animales.
La commission avait recommandé, par ailleurs, de prendre les mesures d'urgence nécessaires pour créer un stock de sécurité alimentaire, de rendre disponibles les moyens supplémentaires pour prendre en charge les besoins sanitaires des populations nécessiteuses, d'apporter l'appui institutionnel et de renforcer les capacités des partis politiques représentés au Parlement et au sein des conseils municipaux.
