Des raisons diverses à l'origine du retard de la distribution du livre scolaire
Plusieurs parents d'élèves se plaignent, depuis un certain temps, du retard pris par le ministère de l'éducation nationale (MEN) dans l'exécution de certaines des promesses
Plusieurs parents d'élèves se plaignent, depuis un certain temps, du retard pris par le ministère de l'éducation nationale (MEN) dans l'exécution de certaines des promesses faites à la veille de la rentrée des classes 2007-2008, notamment en ce qui concerne la distribution gratuite et générale du livre scolaire à tous les lycées, collèges et établissements primaires du pays.
A ce sujet, M. Abdel Jelil Ould Abdellahi, membre de l'association des parents d'élèves au niveau de Nouakchott, déclare que la plupart des familles ont été contraintes à se résoudre finalement à acheter ces manuels ainsi que les cahiers au marché du livre sis à l'Office des Anciens Combattants, ajoutant que le retard pris dans la fourniture des effets scolaires a, immanquablement, des répercussions négatives sur le rendement des élèves.
Abondant dans le même sens, M. Abdallahi Ould Mataa ajoute que les promesses du MEN de rendre disponibles, cette année, les effets scolaires à l'ensemble des élèves mauritaniens l'ont incité à ne pas se préoccuper de leur achat hypothéquant, du coup, la scolarité de ses enfants qui, dit-il, attendent toujours la fourniture de ces effets.
Dans le même ordre d'idées, M. Sid'Ahmed Ould Salem, directeur de l'école Khatry Ould Amar Taleb de Toujounine, déclare que son établissement a bien reçu un lot de livres mais reconnaît que ceux-ci sont loin de couvrir les besoins des élèves. Il affirme avoir écrit une lettre à la direction régionale de l'enseignement pour réclamer que l'on comble le déficit en livres scolaires.
Il a expliqué que la problématique de la distribution des manuels scolaires est liée à celle de leur conservation en bon état dans les bibliothèques destinés à cet effet, avis que ne partage pas M. Mohamed Mahmoud Ould Lemrabott, directeur des études au collège de Tensoueîlem I qui déclare que son établissement "a reçu suffisamment de livres et même des surplus dans certaines matières". C'est également l'avis de M. Saleck Ould Bilal, inspecteur départemental de Dar Naim qui déclare que les livres distribués au niveau de sa moughataa ont couvert 80% des besoins des élèves précisant que la répartition a été faite en fonction de critères objectifs et transparents.
Quant à M. Isselkou Ould Mohamedou, ancien directeur général de l'Institut pédagogique national (IPN), il a déclaré au reporter de l'AMI que son institution dispose d'un surplus de livres scolaires qu'il a distribué en fonction des statistiques établis par le MEN, qui peuvent au demeurant être imprécises s'agissant du nombre exact des élèves mauritaniens.
Il a signalé que la faute peut être due également au fait que la plupart des établissements ont transmis au ministère les listes des élèves durant l'année 2007. C'est ce qui explique, précise-t-il, le manque constaté au niveau de certains établissements et le surplus dans d'autres. Il a déclaré que tous les besoins exprimés par le ministère de l'Education nationale ont été satisfaits de la première à la troisième année du collège, précisant que les manuels scolaires destinés à la quatrième année sont encore sous presse mais seront distribués au cours de l'année.
M. Isselkou Ould Mohamed a encore déclaré que les classes de lycée n'ont pas été prévues dans la distribution gratuite des manuels scolaires du fait que
les programmes de celles-ci sont encore en cours révision de la part de l'Inspection générale de l'enseignement.
Il a tout de même indiqué que le ministère a adopté une solution provisoire consistant à se procurer des livres conformes aux programmes des classes similaires dans les pays voisins et a procédé à leur distribution aux élèves.
Il convient signaler que le ministère de l'éducation avait décidé, au début de l'année scolaire en cours, de distribuer gratuitement livres et cahiers à l'ensemble des élèves mauritaniens des cycles primaire et secondaire.
Cette promesse qui n'a pas été tenue au premier mois de la rentrée 2007-2008,
ce qui a poussé plusieurs parents d'élèves à se procurer les manuels et autres effets scolaires au niveau du marché du livre.
