Imams, ulémas, chefs de mahadras et récitateurs de Coran condamnent l'assassinat des touristes français
Le ministre de la Justice, ministre des affaires islamiques et de l'enseignement originel par intérim, M. Limam Ould Teguedi, a condamné mercredi l'assassinat de touristes français à Aleg. Cette condamnation
Le ministre de la Justice, ministre des affaires islamiques et de l'enseignement originel par intérim, M. Limam Ould Teguedi, a condamné mercredi l'assassinat de touristes français à Aleg. Cette condamnation est contenue dans une déclaration faite au cours d'une réunion organisée par les associations des imams de mosquées, des ulémas, des chefs de mahadras et des récitateurs de Coran pour fustiger ce qu'ils ont qualifié "d'opération criminelle" ayant visé l'assassinat de touristes français dans la ville d'Aleg.
M. Limam Ould Teguedi a indiqué, dans un discours prononcé lors de cette réunion, que le gouvernement sera ferme pour assurer la paix et la stabilité dans le pays, précisant qu'il n'épargnera aucun effort pour arrêter les criminels et les présenter devant la justice afin de répondre de leurs actes. Le ministre a aussi dit que "notre pays a été jusque-là épargné par ce genre d'actes barbares", demandant aux "ulémas, aux imams de mosquées ainsi qu'aux leaders d'opinion nationaux de chercher les solutions pour éviter qu'un tel phénomène ne se propage dans notre pays, et ce par la sensibilisation de l'opinion publique, et particulièrement les jeunes, sur les vertus de la tolérance en Islam et les dangers de l'extrémisme". Il a souligné, preuves religieuses tirées du Coran et de la Sunna à l'appui, l'interdiction de tuer le résident en terre d'Islam, rappelant les vertus de tolérance et de paix qui caractérisent notre pays depuis fort longtemps.
M. Limam Ould Teguedi s'est demandé quelles pourraient être les vrais mobiles de cette opération qu'il a qualifiée de "criminelle" et de "barbare", insistant sur la nécessité de connaître les causes de tels comportements et la meilleure manière d'y faire face. Il a déclaré que "toutes ces questions interpellent aujourd'hui nos ulémas et imams de mosquées pour prendre les mesures nécessaires, au niveau du vrai prêche dans les clubs, les mahadras et même à l'intérieur des maisons".
Le ministre a ajouté que notre pays "condamne toute forme de violence", soulignant que la tolérance et l'esprit d'ouverture sont des vertus que l'Islam met en avant et constituent une particularité mauritanienne reconnue par tous. Il a précisé que l'incident d'Aleg qui a coûté la vie à des touristes français doit pousser tous les Mauritaniens à ancrer la culture de paix et du dialogue, au moment où "notre pays vit une nouvelle période d'ouverture démocratique, de liberté et de participation de tous les courants de pensée au dialogue".
M. Limam Ould Teguedi a enfin demandé aux ulémas et aux leaders d'opinions de vulgariser ces idéaux et d'oeuvrer à leur préservation pour le bien de tous.
De son côté, le secrétaire général de l'Association des imams et ulémas de Mauritanie, l'érudit Hamden Ould Tah, a traité, dans son intervention, d'un certain nombre de constantes juridictionnelles qui interdisent, formellement, une opération comme celle qui a coûté la vie aux touristes français. Il a précisé dans ce cadre que la "légitimité de la Direction nationale du pays, élue de manière transparente et légale, somment tous les Mauritaniens de respecter les engagements qu'elle a prise dans l'intérêt général du pays".
Le secrétaire général de la "Rabita" des ulémas et imams de mosquées de Mauritanie a ainsi expliqué que les décisions du président, faisant office de "Waliyou El Emri", engagent tous les citoyens, précisant qu'une telle loi tire sa source dans la Chari'a, à travers ce qui est communément appelé, en jurisprudence musulmane, le pouvoir d'appréciation.
M. Hamden Ould Tah a poursuivi en disant que de tels agissements sont vecteurs de tueries et de vandalisme, soulignant que notre pays est sérieusement menacé dans son honneur et sa souveraineté si de telles opérations sont exécutées de nouveau. Il a également mis en garde contre le risque de se laisser aller à la compassion religieuse non conforme aux préceptes islamiques et qui est plus proche de l'hérésie, tel que cela est souligné dans les sources de la Chari'a.
A son tour, M. Mohamed Lehbib Ould Ahmed, a, dans un mot prononcé au nom de toutes les associations d'ulémas, d'imams de mosquées et de récitateurs du Coran, condamné cette opération qu'il a qualifiée de barbare, indiquant que ces associations restent attachées aux orientations et engagements des pouvoirs publics. Il a demandé de faire face, "avec tous nos moyens, à tous ceux qui cherchent à créer une atmosphère d'instabilité dans notre pays, à menacer notre sécurité et notre sérénité ou à ternir l'image de la Mauritanie à l'extérieur". Il a aussi déclaré sa ferme condamnation de toutes les formes d'extrémisme, d'injustice et de dégâts sur terre, appelant à l'ancrage des valeurs de tolérance dont les ulémas, les prêcheurs et tous les leaders d'opinion doivent faire leur préoccupation essentielle pour barrer la route au phénomène de la surenchère et de l'extrémisme.
A son tour, le cheikh Ahmedou Ould Lemrabott a condamné, au nom de l'Islam, l'opération qu'il a qualifiée d'odieuse, précisant que l'Islam la réprouve totalement puisqu'elle est contraire à tous ses enseignements et préceptes, "ce qui la rend condamnable au nom de tous les musulmans".
Le cheikh a demandé d'unir tous les efforts pour faire face à ce genre d'opérations et "nous prémunir contre ses effets néfastes".
La même condamnation a été formulée par le cheikh Ball Mohamed El Béchir qui a qualifié l'opération de dangereuse, demandant de faire preuve de fermeté avec les auteurs de cet acte qui, a-t-il dit, doivent être présentés devant la justice pour répondre de leur crime. Il a souligné que "notre pays était, jusqu'à une date récente, épargné par un tel phénomène et connu pour ses vertus de tolérance, de centrisme et d'ouverture", précisant que ceux qui ont perpétré cet acte cherchent à plonger le pays dans les troubles par des agissements marginaux.
