Le président de la République prononce un discours devant le sommet UE-Afrique
Le président de la République Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi a indiqué que la bataille contre la pauvreté, la maladie, l'ignorance, la drogue, l'extrémisme,
Le président de la République Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi a indiqué que la bataille contre la pauvreté, la maladie, l'ignorance, la drogue, l'extrémisme, les guerres, les conflits internes et tous les aspects du sous-développement et de la pollution écologique et intellectuelle doit être la bataille de tous.
"C'est la bataille pour l'avenir du monde entier, et son succès offre à la mondialisation rampante des traits humains dont elle a le plus grand besoin", a expliqué le président de la république au cours d'une réunion à huis clos, samedi soir à Lisbonne, du sommet UE-Afrique.
Voici ce discours dans son intégralité :
"Je voudrais d'abord vous remercier, Monsieur le président, pour m'avoir adressé cette invitation et vous exprimer notre joie pour la reprise de la tenue de ce sommet, espérant que notre encontre à Lisbonne serve d'occasion pour compenser le retard accusé pendant 7 ans depuis le sommet du Caire.
Je me fais ici une obligation d'adresser des remerciements spéciaux au Portugal et à son peuple pour les dispositions que ce pays a prises afin de garantir le succès de cette rencontre.
Je voudrais également exprimer notre fierté de voir ce sommet se tenir à Lisbonne quelques jours après la célébration de l'Année européenne du dialogue des civilisations.
Les peuples d'Afrique attachent de grands espoirs à notre conférence, et nous pensons que ce sont des espoirs partagés par les peuples d'Europe, par tous ceux qui s'intéressent à la sécurité, à la stabilité et au développement et par ceux qui se préoccupent de l'avenir de l'humanité, où qu'ils soient sur cette petite planète.
La bataille contre la pauvreté, la maladie, l'ignorance, la drogue, l'extrémisme, les guerres, les conflits internes et tous les aspects du sous-développement et de la pollution écologique et intellectuelle doit être la bataille de tous, car c'est la bataille pour l'avenir du monde entier, et son succès offre à la mondialisation rampante des traits humains dont elle a le plus grand besoin.
Avec la solidarité, nous sommes capables, en tant que deux groupes complémentaires, d'apporter une grande contribution pour gagner cette bataille et régler d'autres problèmes secondaires comme celui de la migration clandestine.
Avec la solidarité, nous pouvons aussi bâtir un monde plus juste et plus équitable où les riches et les puissants comprennent que leur fortune et leur puissance se renforceront lorsque les pauvres et les marginalisés autour d'eux deviendront riches, productifs et acteurs dans l'édification de la civilisation humaine.
Mon pays, la Mauritanie, a réussi dernièrement à conduire un processus démocratique dont la transparence et la justesse ont été reconnues par les observateurs internationaux. Et je voudrais dans ce cadre adresser mes sincères remerciements au président français Nicolas Sarkozy pour l'hommage qu'il a rendu à l'expérience démocratique mauritanienne.
Dans mon pays, les citoyens jouissent de toutes les libertés fondamentales, avec y compris la liberté d'expression et d'organisation; nous avons enraciné la tradition de dialogue entre tous les acteurs politiques sans exclusion.
Et, oeuvrant à renforcer l'Etat de droit et à jeter les bases de la bonne gouvernance, mon pays a pris une série de mesures dont l'adoption d'une stratégie de lutte contre la gabegie.
De même, des mesures efficaces pour garantir la justice et renforcer l'unité et la concorde nationales ont été prises. Nous avons décidé dans ce cadre de lutter contre les séquelles de l'esclavage dans un contexte qui incrimine l'exploitation de l'homme par son frère l'homme tout comme nous avons commencé à traiter les problèmes d'injustice qui ont eu lieu au cours de périodes précédentes, en ouvrant la porte au retour, dans la dignité, de tous nos concitoyens réfugiés au Sénégal et au Mali, à oeuvrer à favoriser leur intégration économique et sociale et à régler les questions subséquentes liées au passif humanitaire.
Nous avons élaboré un plan de nature à conduire notre pays au développement qui va renforcer ces différents processus, à limiter la pauvreté, à créer des opportunités d'emploi, à promouvoir la production et à améliorer les conditions de vie des citoyens. Je voudrais ici remercier particulièrement tous nos partenaires au développement qui se sont réunis ces derniers jours à Paris, qui ont placé en nous leur confiance, nous ont accordé leur appui et se sont engagés à nous accompagner dans la mise en oeuvre de ce plan.
Sur un autre plan, la Mauritanie, de par sa large superficie et sa position stratégique sur l'Atlantique, constitue un point de passage privilégié des aventuriers et autres trafiquants de drogue et candidats à l'immigration clandestine.
Nous avons enregistré, grâce à Allah, des réalisations importantes dans notre action de lutte contre ces deux phénomènes en dépit de la modestie de nos moyens, convaincus que nous sommes de la nécessité de la solidarité pour faire face aux problèmes transfrontaliers et conscients de nos responsabilités vis-à-vis d'autres pays et d'autres peuples qui sont la cible réelle de ce commerce et de cette immigration.
Nous pensons qu'il appartient au monde, et à l'Europe en particulier, d'assumer sa responsabilité dans la création de mécanismes intelligents de traitement et de prévention permettant d'atténuer ces phénomènes. Au premier plan de ces mécanismes, se trouve l'aide aux pays africains pour réunir les conditions d'une vie décente et créer les opportunités d'emploi productif à leurs citoyens.
Le sommet Afrique - Europe constitue une précieuse opportunité pour réfléchir, planifier et ensuite oeuvrer consciencieusement au traitement des problèmes dans leurs profondes racines, un traitement fondé sur une vision solidaire et lucide et basé sur les principes du dialogue constructif.
En Mauritanie, terre des échanges humains et culturels féconds, nous sommes entièrement disposés, en utilisant tous les cadres disponibles, à contribuer à l'enrichissement du dialogue et au renforcement de la concorde entre les peuples de nos deux continents.
Je ne saurais terminer sans exprimer ma confiance totale dans le fait que le sommet de Lisbonne constitue une voie d'accès par la grande porte à l'ère de partenariat agissant pour la réalisation de nos objectifs communs.
Je vous remercie".
