Conférence de presse conjointe du président de la république et de son homologue allemand
Le président de la république, Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi, a donné, mercredi à Nouakchott, une conférence de presse conjointe avec son homologue allemand,
Le président de la république, Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi, a donné, mercredi à Nouakchott, une conférence de presse conjointe avec son homologue allemand, Monsieur Horst Kehler, en visite dans le pays depuis ce matin.
Le président de la république a indiqué au cours de ce point de presse qu'il a évoqué avec M. Kehler, leur de leur entretien, les problèmes du terrorisme, de la drogue et de l'immigration clandestine.
Il a précisé que ces sujets sont liés les uns aux autres et que le problème de l'immigration clandestine, en tant que question afro-européenne, concerne beaucoup de pays.
"La Mauritanie est un pays de transit et non d'origine pour l'immigration clandestine", a-t-il souligné, estimant qu'il y a un besoin de coopérer dans ce domaine non seulement en vue de ramener les immigrés dans leurs pays d'origine mais pour traiter les causes de ce phénomène et définir les efforts à entreprendre pour son endiguement.
Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi a également affirmé que la Mauritanie est un pays musulman, non producteur de terrorisme, étayant cette thèse par la "vacance du pouvoir dans le pays en 2003
Pendant 36 heures au cours desquelles aucun citoyen n'a été agressé et aucune ambassade n'a été attaquée grâce à la nature paisible de la société mauritanienne". "Cela ne signifie pas que le terrorisme ne peut pas nous parvenir à partir d'autres régions", a-t-il indiqué, expliquant que c'est une raison pour laquelle il faut s'échanger les informations et entretenir une coopération multilatérale pour faire face à ce phénomène.
S'agissant de la drogue, le chef de l'Etat a dit que la Mauritanie est un pays de transit, surtout à partir de l'Amérique du Sud et d'autres pays encore. Il a rappelé que de grosses quantités de stupéfiants ont été saisies ces derniers mois. "Là aussi, cela ne veut pas dire que la drogue n'existait pas dans le pays mais plutôt que les efforts entrepris par l'Etat ont donné des résultats palpables.
A une question sur les capacités de la police, le président de la république a répondu que ce secteur requiert davantage de formation et de développement de capacités, et que le gouvernement déploie d'importants efforts dans ce sens.
Il a estimé que ce qui menace la démocratie dans ce pays c'est la pauvreté, expliquant que la démocratie est basée sur deux axes à savoir les institutions démocratiques élues dans la transparence et l'amélioration des conditions de vie des populations. "Car la démocratie ne cohabite pas avec la pauvreté", a-t-il souligné.
Concernant les derniers évènements, le chef de l'Etat a dit qu'ils résultent de la hausse des prix et de la baisse du pouvoir d'achat des citoyens. Il a ajouté que cette réalité, il "la connaît" et qu'elle lui "fait mal plus que ceux qui l'évoquent souvent".
"L'Etat est entrain de traiter ce problème, et ceux qui portent un minimum de responsabilité connaissent les limites du possible ", a précisé le président de la république qui a estimé que la classe politique mauritanienne fait semblant, fort malheureusement d'ignorer cette réalité".
En réponse à une question relative à une éventuelle installation d'une base américaine (Africacom) en Mauritanie, M. Sidi Ould cheikh Abdallahi a noté que bien qu'il ait "beaucoup de respect pour la presse, cette dernière crée parfois des problèmes à partir de rien".
Il a rappelé que cette information a été distillée par le journal "Echarq Al Awssat" et qu'après avoir reçu en audience le collectif de l'opposition mauritanienne, qui lui a également rapporté la même information, il lui a assuré le non fondé de cette nouvelle.
"Par ailleurs, il y a eu un communiqué de l'ambassade des Etats-Unis d'Amérique à Nouakchott dans lequel cette dernière a indiqué que "les Etats unis n'ont jamais parlé de cette question et n'ont pas l'intention de le faire", a-t-il ajouté.
De son côté, le président Kehler, après avoir félicité le président de la république pour la chaleur de l'accueil qui lui a été réservé, a souligné que sa visite en Mauritanie entre dans le cadre du raffermissement des relations de coopération qui ont toujours existé entre les deux pays.
Il a noté que la République Fédérale d'Allemagne suit avec beaucoup d'attention ce qui se passe en Mauritanie, ajoutant qu'au niveau de son pays, l'heure est à la révision de sa coopération internationale et que la Mauritanie doit figurer en bonne place dans la nouvelle approche de la coopération.
Le président allemand a aussi rappelé que son pays s'est investi, en dehors du partenariat avec l'UE, dans la gestion durable du secteur de la Pêche ainsi que dans la surveillance maritime.
La coopération dans ce domaine, a-t-il encore dit, pourrait s'intensifier par la création de fonds de pêches qui entraîneraient l'installation d'usines de transformation et de traitement de ressources halieutiques.
Abordant la question de l'écologie et des énergies renouvelables, M. Kehler a noté que force est de constater que des mesures urgentes doivent être prises pour réduire le réchauffement climatique. Pour ce faire, a-t-il indiqué, les pays avancés doivent donner le bon exemple. S'agissant du cas précis de la Mauritanie, il a affirmé que l'énergie solaire serait la mieux indiquée pour son développement.
Quant à la pauvreté, le président allemand a noté que l'exemplarité de la démocratie de la Mauritanie reste un facteur déterminant pour venir à bout de ce phénomène. Il a ajouté que la Mauritanie est soumise aux aléas qui conditionnent toute l'Afrique du Nord.
La lutte contre la pauvreté, a-t-il conclu, est la plus importante coopération qui puisse exister entre les pays de l'UE et l'Afrique pour endiguer le péril lié à l'immigration clandestine.
