Des partis de la majorité demandent l'ouverture d'une enquête
Les partis de la majorité présidentielle ont dénoncé ce qu'ils ont appelé "des actes de violence étrangers à nos moeurs et valeurs islamiques originelles"
Les partis de la majorité présidentielle ont dénoncé ce qu'ils ont appelé "des actes de violence étrangers à nos moeurs et valeurs islamiques originelles" et demandent l'ouverture d'une enquête.
C'était au cours d'une conférence de presse tenue par ces partis au siège de la formation "Sawab" consacrée aux évènements qui ont secoué le pays, sur fond de hausse des prix des matières de première nécessité.
Les partis de la majorité se sont indignés, dans le communiqué qu'ils ont lu à l'assistance, des attaques perpétrées contre les symboles de l'Etat et des actes irresponsables commis au moment où toutes les formes paisibles et civilisées d'expression sont offertes et garanties par la constitution.
Ils ont précisé que le gouvernement a hérité une situation difficile qu'il n'est pas aisé d'assainir du jour au lendemain contrairement à ce que d'autres forces politiques croient et qu'il convient de lui accorder le temps nécessaire pour régler les problèmes avant de lui demander de rendre des comptes.
Sur la question des lieux où se sont produits les évènements et qui sont des réservoirs électoraux de la majorité, ce qui rend peu probable une responsabilité quelconque, M. El Khalil Ould Tayeb, vice président de l'APP a considéré que la Mauritanie est une seule scène notant que la cause ayant fait que la violence s'est produite dans ces lieux est que ceux-ci sont éloignés du centre, Nouakchott, ce qui a rendu plus sensible dans ces régions la hausse des prix en cause.
Pour sa part, M. Moustapha Ould Abeidarrahmane président du Renouveau Démocratique a indiqué que l'Etat ne vit pas une crise économique ou sociale indiquant tout simplement qu'en l'occurrence il ne s'agit que d'augmentation des prix consécutive à une autre politique économique et sociale.
Il a ajouté que le niveau de vie bas dans le pays dans un contexte de crise mondiale et d'abus de certaines sociétés commerciales a contribué dans une large mesure à la situation peu satisfaisante qui prévaut actuellement.
Les partis de la majorité ont, fait-il remarquer, demandé la mise en oeuvre, à l'issue du diagnostic opéré, d'un plan d'urgence, de concert avec le gouvernement, pour lutter contre la hausse des prix.
Pour sa part, M. Yahya Ould Ahmed El waghef, coordinateur de la majorité présidentielle a nié, au cours de la conférence de presse, l'existence d'une crise économique dans le pays demandant d'appeler les choses par leur nom.
Il a dit que la cause de la cherté des prix est consécutive à la hausse vertigineuse des prix du pétrole, qui a frôlé le plafond des 100 dollars US et celui du blé qui est monté de 160 à 400 dollars la tonne soulignant que cette hausse n'a pas influé sur la seule Mauritanie.
Le concept de crise, poursuit-il, pour qualifier la situation actuelle, n'est pas ici approprié puisque le pays n'a pas connu une dégringolade au niveau des principaux indices notant que les exportations ont connu une augmentation. Ainsi la tonne de minerai de fer est passée de 12 à 60 dollars la tonne et celle du poisson de 3.000 à 8.000 dollars la tonne.
M. Ould Ahmed El Waghef a minimisé l'importance des derniers évènements relevant que cela s'est déroulé de façon spontanée, le gouvernement y ayant probablement contribué en évoquant les difficultés économiques ce qui a suscité des craintes au niveau de la rue.
Et de demander au pouvoir et aux autres acteurs de rassurer les populations à ce sujet.
Dans une autre intervention, M. Ahmed Ould Sidi Baba, président du RDU a indiqué que l'économie est une science qu'il appartient aux décideurs d'appréhender avec précaution loin des solutions improvisées et des décisions mal étudiées.
L'Etat doit prendre en ligne de compte, dans son plan d'action d'urgence, les ressources disponibles pour que celles-ci ne contribuent pas, au cours des 5 prochaines années par exemple, à une crise.
Le coordinateur de la majorité a appelé la presse à ne pas prendre part à l'intoxication de l'opinion publique et à ne pas évoquer, à l'emporte pièce, l'existence d'une crise économique infondée comme le lui ont demandé les acteurs politiques et à orienter les citoyens vers des produits de substitution autres que celles qui ont flambé ces derniers temps sur le marché international jusqu'à ce l'on dépasse cette période de perturbations au niveau du marché.
