Le président de la république répond aux cadres de Nouadhibou
"Je suis d'accord avec vous que l'évocation de tous les problèmes ne sera utile que si elle se fait dans la sincérité totale, loin de toute déformation des choses",
"Je suis d'accord avec vous que l'évocation de tous les problèmes ne sera utile que si elle se fait dans la sincérité totale, loin de toute déformation des choses", a dit le président de la république Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi, mercredi soir, devant les cadres et les représentants des différentes couches sociales de la wilaya de Dakhlet Nouadhibou.
Répondant aux questions des intervenants au cours de la réunion des cadres, le président de la république a indiqué qu'il y a une "culture quelque peu bizarre qui consiste à considérer ceux qui sont au pouvoir comme traîtres agissant contre les intérêts de la patrie".
"Ils sont en revanche blanchis de ces qualificatifs et se transforment en serviteurs de l'intérêt général dès qu'ils déclarent leur opposition", a-t-il ajouté, précisant que l'existence de personnes dans les rangs de l'opposition cherchant les intérêts du pays ne contredit pas l'existence d'autres au pouvoir plus soucieux de ces intérêts.
S'agissant de la SNIM, le président de la république a souligné qu'il la connaît mieux que la plupart des citoyens étant donné qu'il fut ministre chargé des mines à l'époque de la nationalisation de la MIFERMA.
Il a relevé que le gouvernement n'a jamais déclaré avoir l'intention de vendre cette société, précisant que de simples suspicions ont été traduites en rumeurs selon lesquelles l'entreprise serait vendue à 700 millions de dollars.
"A ce jour, le gouvernement n'a pas annoncé son intention d'ouvrir le capital de la SNIM devant qui que ce soit, et une étude est actuellement en cours pour définir les mesures à prendre à ce sujet", a aussi dit le chef de l'Etat.
Il a signalé l'existence de "raisons objectives et claires pour réfléchir à la situation de la SNIM, d'autant plus que le volume d'exportations de celle-ci ne dépasse pas 1% des exportations au niveau mondial".
"La SNIM ne contrôle pas les exportations mondiales de fer dont elle fait partie", a expliqué le président de la république, ajoutant que cela "ne signifie pas plus le rétrécissement de ses chances que l'élargissement du monde autour d'elle, ce qui la prive, toute seule, de son pouvoir d'influence sur les cours mondiaux du fer".
L'autre raison objective, devait-il dire, réside dans le fait que "des pays autour de nous, tels la Guinée et le Sénégal, disposent de minerais plus riches que les nôtres".
"C'est pourquoi, lorsque le gouvernement a réfléchi à la situation de l'entreprise, il a pris d'abord en considération le fait que toute solution à son sujet ne peut être justifiée que dans le cadre de deux approches", a-t-il souligné.
Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi a précisé que la première approche consiste essentiellement à augmenter considérablement la production, la main d' ouvre et les entrées du Trésor public et à garantir l'accroissement du rôle de l'entreprise dans le domaine des prestations sanitaires et sociales qu'elle offre.
Il a ajouté que la deuxième approche vise à obtenir un rendement permettant de développer les services apportés dans les domaines de l'énergie, de l'eau, des routes et des infrastructures qui ne trouvent pas de financements, soulignant le climat de liberté et de démocratie que vit le pays et qui ouvre la voie à l'examen de tous les aspects relatifs aux intérêts de la nation.
S'agissant de la compagnie Air Mauritanie, le président de la république Monsieur Sidi Mohamed ould Cheikh Abdallahi a indiqué que sa situation ressemble avec celle de la SNIM, comme étant une entreprise incarnant le symbole du pays, ajoutant qu'il avait fait ce constat lorsqu'il vivait à l'étranger.
Il a souligné l'importance du rôle d'Air Mauritanie quand elle était en bonne forme et noté qu'elle a connu, depuis un certain temps, l'accumulation de lourdes dettes et une gestion n'ayant pas permis l'allègement de cet endettement qui a atteint l'année dernière 16 milliards d'UM.
Le Président de la République a ajouté que cette entreprise a enregistré au cours des 7 premiers mois de l'année des pertes de 2 milliards d'UM, ce qui, souligne-t-il, a fait qu'il est impossible de conserver cette société, eu égard à la limite des moyens et en dépit des nombreuses tentatives du gouvernement pour la sauver.
"Dans la foulée de ces tentatives qui ont porté, entre autres, sur l'allouement du montant d'un milliard d'UM du budget de l'Etat", "la saisie des deux avions de la compagnie l'a complètement handicapée en la privant de ses moyens de travail", a ajouté le chef de l'Etat.
Dans ce cadre, le Chef de l'Etat a souligné le souci des pouvoirs publics de préserver les droits des employés et de continuer à réfléchir à la création d'une autre compagnie aérienne mauritanienne.
Monsieur Sid Mohamed Ould Cheikhj Abdallahi a noté que les besoins du développement du pays requièrent des ressources supplémentaires (pétrolières ou autres), précisant qu'en l'absence de ces ressources supplémentaires, l'Etat s'appuie sur les institutions financières internationales et les pays étrangers.
Le gouvernement, a-t-il aussi indiqué, a convoqué une réunion des bailleurs de fonds sur un programme de développement ambitieux chiffré à plus 500 milliards d'UM en vue de mobiliser son financement.
Il a expliqué que cela reste tributaire de l'évaluation que ces bailleurs feront de la politique économique nationale, de sa conformité avec les critères qu'ils exigent et qui nécessitent le soutien. "Cela fait que le gouvernement ne peut pas continuer adopter un projet non rentable", a-t-il souligné.
S'agissant des prix, Le Président de la République a précisé que ces derniers comprennent les prix d'achat, de transport et d'assurance. L'Etat a-t-il ajouté, ne contrôle qu'une partie de ces facteurs, comme les impôts et taxes douaniers, l'allègement des procédures administratives et l'amélioration des infrastructures portuaires.
Il a également précisé que le gouvernement ne peut pas maîtriser les prix du blé qui sont définis au plan international.
"Les informations disponibles indiquent que le marché mauritanien se caractérise par la disponibilité des denrées, ce qui contribue à la limitation de la hausse des prix", a précisé le chef de l'Etat.
Il a aussi expliqué que "si on écarte le prix du riz, toutes les autres denrées sont de 25% à 30% moins chères sur notre marché que ceux du Mali, du Sénégal et de Côte d'Ivoire".
"Nous constatons que ceux qui visitent le pays dans les occasions religieuses consacrent une journée au marché pour s'y approvisionner, en raison des importantes différences des prix", a aussi relevé le président de la république.
Le chef de l'Etat a rappelé les efforts déployés par le gouvernement en ce qui concerne la suppression des taxes douanières sur tous les produits essentiels, à l'exception du riz dont les taxes ont été réduites de 36% à 26%, dans le but de protéger les agriculteurs mauritaniens qui subiront de grandes pertes en cas de suppression totale des taxes.
Il a souligné qu'en cas de subvention de ces produits, en plus du fait que cela occasionnerait des charges énormes à l'Etat, ils feront aussi l'objet de contrebande, en ce sens qu'ils seront transportés et vendus dans les pays limitrophes.
Le chef de l'Etat a par ailleurs indiqué qu'il y a aussi une question essentielle relative au parti en voie de création, soulignant qu'il a, par le passé, beaucoup parlé de cette question avec tous les leaders des partis politiques mauritaniens de la majorité et de l'opposition.
"Cette question a été aussi l'objet de débats, dans le cadre de concertations auxquelles ont participé toutes les sensibilités politiques", a-t-il dit, soulignant que ses positions sur cette question sont claires et qu'il n'est pas nécessaire de les répéter ici. Il a néanmoins dit qu'il comprend les inquiétudes suscitées à ce sujet.
Le président de la République a rappelé qu'il s'est présenté aux élections présidentielles en tant qu'indépendant et qu'il n'a jamais appartenu à un parti politique, que ce soit le Parti républicain ou les autres partis créés par des amis auxquels il est lié par des rapports d'amitié et de respect.
Il a rappelé qu'il y a quelques mois, lorsque la coalition "El Mithaq" a voulu le soutenir dans les élections, sur la base d'un programme clair, une grande propagande s'est déclenchée prétextant que cela est contraire au changement, soulignant qu'il est décidé d'appliquer son programme électoral, en collaboration avec tous ceux qui sont disposés à aider à cela.
Le président de la République a indiqué que le parti dont on parle et "auquel je n'appartiens pas" n'aura pas des moyens financiers ou des facilités spéciales qui pourraient créer un préjudice pour l'émulation entre les partis politiques.
Il a ensuite donné la parole aux ministres de l'agriculture et de l'élevage et des pêches dont les interventions ont été axées sur l'appui que l'Etat peut apporter à ces deux sous-secteurs, à la lumière de la faiblesse des précipitations sur la wilaya de Dakhlet Nouadhibou (22 mm seulement).
Le ministre des pêches a, lui, passé en revue la stratégie nationale de réforme du secteur de la pêche et les efforts déployés par l'Etat pour son organisation de manière à lui permettre d'absorber le plus grand nombre d'employés.
