Le président de la République se félicite des résultats de sa visite en France
Au terme de la visite officielle de 2 jours qu'il vient d'effectuer en France, le président de la République, Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi a donné, mardi après-midi
Au terme de la visite officielle de 2 jours qu'il vient d'effectuer en France, le président de la République, Monsieur Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdellahi a donné, mardi après-midi à Paris, une conférence de presse dans laquelle il s'est félicité des résultats de cette visite.
Introduisant cette conférence de presse, le président de la République a dit: "Merci beaucoup, merci de m'avoir accueilli ici, et merci pour votre disponibilité à m'écouter pendant quelques minutes et je me ferai un plaisir de répondre aux questions que vous voudrez me poser.
D'abord je vais dire de façon très brève que la visite que j'effectue actuellement en France et dont le dernier épisode, si je peux m'exprimer ainsi, est cette rencontre ici, s'est passée dans d'excellentes conditions. J'ai été reçu par un pays qui considère la Mauritanie comme un pays ami et par un pays qui attache beaucoup d'importance à la démocratie et à son développement.
Donc, à ce double titre, j'ai été très bien reçu. Les entretiens que j'ai eus avec le président Sarkozy ont été tout à fait à la mesure et, peut-être au-delà même, de ce que je pouvais attendre en venant ici parce que le président Sarkozy non seulement a marqué très fortement cette amitié et cet attachement à la défense de la démocratie mauritanienne mais il a, de façon claire, donné des directives pour la réponse à un certain nombre de questions et un certain nombre de problèmes que je lui avais posés dans certains domaines.
Donc, pour me résumer sur cet aspect des choses, je dirais que nous avons passé ces trois jours dans une ambiance et une atmosphère amicales et chaleureuses dont je voudrais remercier Monsieur le président Sarkozy et remercier la France.
Quant à ce que je pourrais dire concernant notre pays, vous savez que ce dernier a, au terme d'un processus que vous avez qualifié tout à l'heure de transparent et honnête, mis en place des institutions démocratiques aussi bien en ce qui concerne les municipales, les législatives que l'élection présidentielle. Je crois que nous pouvons dire aujourd'hui sans nous tromper et sans réserves que ces institutions ont été mises en place de façon totalement démocratique.
Je pense que ceux qui sont maintenant, aussi bien au niveau des municipales qu'au niveau du Parlement, sont réellement des représentants élus démocratiquement par les Mauritaniens. Alors, depuis que ces élections ont eu lieu, nous sommes appelés d'abord à nous attaquer à quelques problèmes importants par rapport auxquels j'avais pris des engagements, qui s'inscrivent dans la volonté de renforcer l'unité nationale dans notre pays.
L'un des deux dossiers importants est celui du retour des réfugiés mauritaniens qui depuis 1989 sont pour leur plus grand nombre au Sénégal et sont aussi au Mali, sans parler de certains de nos compatriotes qui sont allés dans d'autres pays.
J'ai, de façon solennelle, marqué à la fin du moi de juin dernier, notre volonté de ramener nos compatriotes, de les faire revenir dans la dignité et de tout faire pour pouvoir les insérer dans de bonnes conditions chez eux.
Nous avons mis en place une structure qui a été chargée de mener de larges concertations aussi bien en Mauritanie qu'avec les réfugiés eux-mêmes. Deux ministres se sont déplacés pour se rendre au Sénégal et Au mali où ils ont eu à contacter ces réfugiés, à parler avec eux, à les écouter.
Cette structure est entrain de travailler depuis trois mois et elle collecte - si vous voulez - l'ensemble des informations qu'elle a pu avoir. Bien sûr, cet aspect des choses n'a pas été médiatisé et c'est pourquoi certains pensent que, après une période d'activité nous avons tempéré par rapport à cette question. Il n'en est rien, il y a simplement que ce travail n'avait pas besoin d'être médiatisé.
Il se faisait dans des bureaux et il doit déboucher sur des journées de concertations qui vont avoir lieu à la mi-novembre. A ces journées nous associons, comme nous l'avons fait d'ailleurs au départ, les parlementaires, les partis politiques d'opposition et de la majorité et la société civile.
Nous avons envoyé des missions dans toutes les régions du pays pour pouvoir expliquer ce que nous allions faire et demander à nos compatriotes d'accueillir avec l'hospitalité qui leur est connue leurs frères qui devaient entrer.
Le deuxième dossier - si vous voulez - était celui de ce qu'on appelle l'esclavage. Vous savez, l'esclavage a existé pendant plusieurs siècles dans notre région, dans cette région du Sahel, et peut-être dans d'autres régions, mais enfin je me contente de dire qu'il a existé dans notre région.
Il faisait partie d'un système d'organisation socio-économique et en Mauritanie, il a un aspect particulier qui le fait - disons -sentir plus et voir plus parce que dans ce pays, il y a des gens qui sont de couleur noire et il y a des gens qui ne sont pas de couleur noire. Il est très facile de confondre esclavage et racisme. Je vous assure qu'en Mauritanie ce n'est pas le cas.
Confondre esclavage et racisme c'est commettre une erreur. Toujours est il que l'esclavage ne pouvait d'ailleurs disparaître parce que le système socio-économique dont j'ai parlé changeait. Et au fur et à mesure qu'il changeait, l'esclavage en tant que tel diminuait et ça s'est accéléré beaucoup avec les sécheresses qu'a connues cette région dans les années 70 et qui ont accéléré la sédentarisation des Mauritaniens.
Par conséquent, la ville a des conditions qui étaient différentes. Mais il en est resté des séquelles réelles et des séquelles psychologiques, sociales et économiques et c'est à cela que nous avons voulu nous attaquer.
Il y a eu donc une loi criminalisant l'esclavage, qui a été adoptée par le nouveau parlement et nous entendons nous attaquer à ces poches de pauvreté plus grande puisque malheureusement, il y a beaucoup de gens qui n'ont jamais été esclaves et qui sont très pauvres dans ce pays.
Nous nous attaquons à cela et j'espère que nous arriverons assez vite, par une sorte de discrimination positive, à gommer ces différences. Il y a rapidement aussi le fait que nous sommes appelés à mettre en place un pays de droit véritablement.
Les citoyens sont libres, il n y a aujourd'hui aucune contrainte à la liberté d'un mauritanien, que ce soit au niveau de la presse que ce soit à d'autres niveaux. Nous avons voulu traduire nos options en matière de bonne gouvernance dans un certain nombre de textes que nous avons pris et que nous mettons en oeuvre.
Et ma foi, nous nous engageons résolument à faire de la Mauritanie un pays réellement démocrate qui cherche à se développer et améliorer les conditions de vie de ses populations.
Ce que je voudrais dire ici c'est que nous découvrons de façon forte que la démocratie est liée à la situation réelle des gens. Autrement dit, j'ai utilisé l'expression l'autre jour avec un journaliste du Figaro qui m'avait interviewé.
J'ai dit qu'il me semble que la démocratie et la misère ne font pas bon ménage. Je crois très franchement que ce qui peut menacer la démocratie dans notre pays et dans d'autres c'est le fait qu'on n'arriverait pas à améliorer, et de façon sensible, dans un délai pas très long, les conditions de vie des populations.
Alors, nous nous employons à faire ce que nous pouvons faire pour essayer de faire connaître à ce pays des taux de croissance dans un avenir proche qui permettraient de faire des progrès dans ce domaine.
Et je crois pouvoir dire que dans les efforts que nous menons, ce que nous avons reçu ici en France comme appui est extrêmement encourageant. Voila ce que je voulais dire à ce stade".
AMI
