Le parti "Hatem" critique l'action du gouvernement et appelle à un dialogue national
Le parti de l'Union pour le changement (Hatem) a qualifié l'action du gouvernement au cours des six derniers mois écoulés depuis l'investiture du Président de la république
Le parti de l'Union pour le changement (Hatem) a qualifié l'action du gouvernement au cours des six derniers mois écoulés depuis l'investiture du Président de la république d'"être modeste au point de conduire à une grande déception en ce qui concerne les réformes attendues et les espoirs suscités par l'avènement du nouveau pouvoir". C'est ce que révèle un communiqué rendu public par cette formation politique aujourd'hui, dimanche, à Nouakchott.
Le même communiqué poursuit en disant que durant cette période, qu'il juge suffisante pour apporter une appréciation préliminaire, "le bilan de ce régime est plus que modeste au point de laisser supposer une incapacité à résoudre les problèmes posés, doublée d'un manque notoire de clairvoyance et de compétence pour apaiser les souffrances des populations et leur procurer les moyens d'une vie décente".
L'observateur, ajoute le document de "Hatem", remarquera que le climat de népotisme, de clientélisme et de gabegie continuent de plus belle leur nidation au plus haut niveau de l'appareil de l'Etat. En témoignent les multiples déclarations des hauts responsables et le vécu quotidien catastrophique des citoyens ainsi que les désillusions qui brunissent les horizons où se multiplient déceptions et déconvenues.
Sur le plan économique, observe-t-il, la situation se dégrade de jour en jour, le chômage endémique s'accentue, la flambée des prix atteint un rythme rarement égalé, les taux d'imposition surélevés, la déliquescence des institutions de l'Etat résultant de la corruption et du trafic d'influence, les fonctions et avantages répartis suivant les allégeances politiques corroborant la nouvelle version de l'Etat rentier et patrimonial.
Au niveau social, fait-il remarquer, le gouvernement a montré ses limites face aux différents défis touchant les citoyens et la faiblesse des mesures prises pour atténuer la pauvreté, des maladies et des catastrophes naturelles (sècheresse, drogue, inondations, incendies, sécurité du citoyen).
Dans le domaine politique, indique le communiqué de "Hatem", le pays connait un retour fébrile au régime de l'avant 3 août 2005 avec ses tares, ses symboles et ses styles et donc l'envol des derniers espoirs suscités par les élections de 2006 et de 2007.
C'est ainsi que, note le communiqué, "la Présidence de la république a commencé à superviser directement la débauche des partis politiques et à initier une série de pressions sur les acteurs et les groupes en vue de reconstruire le parti - Etat ou l'Etat du parti unique que notre peuple a déjà expérimenté durant ces dernières décennies et a mesuré ses dangers pour la démocratie, la paix et la stabilité du pays".
Face à cette situation, souligne le document, le Parti Mauritanien de l'Union et du Changement (HATEM) déclare son "rejet catégorique des politiques malsaines suivies par le gouvernement durant les mois écoulés et dont les répercussions négatives sur la vie et le niveau de vie du citoyen ne font plus de doute".
"Le parti "demande au Président de la république d'assumer toutes ses responsabilités en empêchant l'instrumentalisation de l'Etat ou l'exploitation de ses moyens en faveur d'une quelconque obédience ou formation politiques".
Ce qui advient actuellement constitue une violation de l'esprit de la constitution et un détournement - voire une négation - du principe de l'Etat de droit égalitaire pour tous et où les droits du citoyen sont inaliénables à l'allégeance politique, dit en substance le communiqué.
Et d'appeler à un dialogue national avec toutes les forces vives du pays pour faire face aux défis qui s'annoncent avec acuité.
Répondant aux questions de la presse, le président du parti, M. Saleh Ould Hanena a dit que sa formation oeuvre, au sein de l'opposition à mettre en place un cadre de travail pour cette dernière, loin des médias, pour surveiller et contrôler l'action gouvernementale.
Il a exprimé l'opposition énergique de son parti à toute présence militaire étrangère en Mauritanie quelqu'en soit le prétexte, réaffirmé que la Mauritanie n'est pas partie dans la guerre contre le terrorisme et qualifié de dangereuse toute tentative visant à l'y entraîner
