Les chefs de ménage : relever le triple défi du ramadan, de l'ouverture scolaire et de la fête
A l'approche de la fête de l'"Aid El Fitr", les mauritaniens, particulièrement les chefs de ménage doivent faire face à de nombreux défis. Déjà
A l'approche de la fête de l'"Aid El Fitr", les mauritaniens, particulièrement les chefs de ménage doivent faire face à de nombreux défis. Déjà épuisés par les dépenses sans nombre de ce mois béni, et pratiquement fauchés au milieu de sa dernière décade, ils viennent de vivre les contraintes de l'ouverture de l'année scolaire avec son rythme infernal d'achats et vont devoir relever, de surcroît, le terrible défi de la fête de l'"Aid El Fitr".
En effet, un ménage nanti consomme en 24 heures, en légumes, pour les besoins de la fameuse soupe, ce qu'il consommait pour plusieurs jours en temps normal. Une famille moyenne quant à elle, achète deux fois plus de viande et trois à quatre fois plus de farine qu'à l'accoutumée.
A cela s'ajoute la longue liste des boissons qu'il convient de rendre disponibles en série sans compter les dattes, le sucre, l'huile, le lait et le pain utilisés sans ménagement.
Malgré les efforts consentis en matière de régulation des prix et de maîtrise du marché, ces produits, largement utilisés, restent inabordables pour le consommateur. Ainsi le kilogramme de viande de mouton, très prisé pendant la saison, dépasse souvent le prix fixé correspondant à 1200 ouguiya pour atteindre les 1300 voire les 1400 UM.
Le lait en poudre "Célia", après une douteuse disparition, est réapparu en affichant une nouvelle hausse passant ainsi de 950 à 1100 UM dans un premier temps, pour se stabiliser autour des cimes de 1400 UM hors points de vente de la Sonimex.
L'huile, cette denrée très sollicitée pour les besoins des fritures et autres, a battu tous les records de hausse en opérant un saut de 250 UM à 350 UM le litre.
Le sucre a toutefois fait exception en maintenant non seulement son niveau mais encore en accusant une légère baisse de prix.
Exténué par ce rythme infernal de dépenses, le chef de ménage vient d'être également sollicité par de nouvelles contraintes liées à la rentrée scolaire.
Non seulement il doit pourvoir les enfants en fournitures scolaires mais il a désormais l'obligation de leur acheter des habits neufs car, phénomène de société oblige, il est impensable dans la mentalité de nos enfants d'aujourd'hui, d'aller à l'école, même après les petites vacances, sans habits neufs.
En dépit de facilités consistant à avancer les salaires pour les employés et l'élan de solidarité qui se manifeste en cette période au profit des plus humbles, ainsi que l'assistance des pouvoirs publics à travers les prestations fournies par les boutiques témoins de la Sonimex, le portefeuille du consommateur moyen demeure incapable de faire face à la demande, au demeurant croissante, en cette période.
L'Etat, il y a lieu de le noter, a consenti des efforts consistant en l'intervention de la Sonimex et de certains opérateurs qui ont ouvert des boutiques un peu partout dans les quartiers de la capitale et exposé des étalages notamment à la foire nationale pour contribuer à augmenter l'offre des produits et assister les populations démunies.
Néanmoins, cette assistance n'a pu être optimisée, certains citoyens reprochant aux boutiques de la Sonimex d'être souvent prises d'assaut par de longues files de clients, de ne pas êtres ouvertes la nuit et d'avoir, pour certaines d'entre elles, des problèmes de balance : le kilogramme manquant plus 100 grammes.
Non encore sortis du climat général du Ramadan, où le rythme accablant des dépenses n'a d'égal que la hausse vertigineuse des prix des denrées de première nécessité, le consommateur doit par ailleurs relever le terrible défi des besoins de la fête avec son lot de contraintes : habillement de la famille, mouton du sacrifice etc.
