Adoption du projet de loi sur la route Atar - Tidjikja
Les députés de l'Assemblée nationale ont adopté ce mardi matin à l'unanimité, le projet de loi présenté par le gouvernement autorisant la ratification
Les députés de l'Assemblée nationale ont adopté ce mardi matin à l'unanimité, le projet de loi présenté par le gouvernement autorisant la ratification de la convention de prêt signée le 29 mai 2007 à Dakar entre la Mauritanie et la Banque Islamique de Développement (BID) portant sur le financement partiel du projet de construction de la route Atar - Tidjikja.
Le ministre de l'économie et des finances, M. Abderrahmane Ould Hamma Vezaz a, au cours d'une séance plénière de l'Assemblée nationale, présidée par M. Messaoud Ould Boulkheir, son président, et destinée à la discussion du projet de loi, a fait un exposé explicatif sur la route Atar - Tidjikja, longue de 345 kilomètres.
Il a mis en exergue la politique du gouvernement en la matière expliquant que l'enveloppe consacrée aux routes dans le budget de l'Etat est de 11,3 milliards d'ouguiya ce qui représente l'équivalent de 10 % du budget d'investissement.
Le ministre a dit que le gouvernement a élaboré un programme de routes en Mauritanie devant être réalisé avant 2011 avec une enveloppe de 103 milliards d'ouguiya soulignant que, sur ce montant, déjà 70 milliards sont quasiment acquis.
Ould Hamma Vezaz a ensuite abordé l'importance économique, sociale et sécuritaire des routes et leur rôle dans la répartition des richesses, la lutte contre la pauvreté et la fixation des populations dans leur terroir ainsi que l'attrait des investissements étrangers.
Il a indiqué que la Mauritanie, en disposant d'un réseau routier qui la relie au Maghreb arabe et à l'Afrique de l'ouest, est à même de jouer un rôle pivot dans le commerce entre ces deux espaces en raison de sa situation géographique privilégiée et de son ouverture sur l'océan atlantique.
Le ministre de l'économie et des finances a ajouté que la route Atar - Tidjikja est un tronçon de la route Tindouf (Algérie) - Kayes (Mali) via Zoueirate Atar, Tidjikja, Kiffa et Sélibaby.
Le financement de ce segment de cette grande route sous-régionale va coûter 102,5 millions de dollars US et la convention signée avec la Banque Islamique de Développement couvre 14,8 millions de dollars de ce montant.
Le ministre a rappelé que la réalisation de la route Atar - Tidjikja rentre dans le cadre de l'amélioration substantielle des infrastructures routières au niveau national de manière à permettre la liaison des parties nord du pays avec le centre et le sud-est en plus du fait qu'il relie notre réseau routier aux réseaux maghrébin et ouest africain.
Ould Hamma Vezaz a également passé en revue les répercussions positives de la route dans le domaine des communications, du désenclavement des villes et villages situés sur son tracé ce qui est de nature à améliorer les conditions de vie des populations des zones traversées, d'en promouvoir le développement et d'y soutenir les activités touristiques.
Pour sa part, le ministre des transports, M. Mohamed Ould Mohameden a précisé que le schéma directeur routier national axe sur le désenclavement des zones de production et leur liaison avec le réseau routier principal tout comme il met un accent particulier sur la maintenance et la construction de routes sur la base de critères internationaux.
Il a ajouté que la priorité du gouvernement en la matière est fondée sur la division du pays en zones : agricole (la vallée), minière, pastorale et touristique.
Les députés avaient, au début de leur séance, écouté le rapport de la commission spécialisée sur ledit projet qui souligne l'importance de ce projet et recommandé son adoption.
Dans leurs interventions, les députés ont demandé au gouvernement d'élaborer un schéma directeur routier national avec un ordre de priorités qui devra être soumis au parlement et l'institution de structures de contrôle de l'exécution des routes et de leur maintenance, structures où les parlementaires seront représentés.
Ils ont été unanimes sur la nécessité de désenclaver toutes les zones du pays et à les relier les unes aux autres.
Certains d'entre eux ont considéré que cette route n'est pas prioritaire par rapport à d'autres axes beaucoup plus rentables économiquement.
La plupart des intervenants ont abondé toutefois dans la défense de l'intérêt économique, sécuritaire, et en matière de souveraineté de cette route qui permettra de tirer profit des richesses de toutes les zones du centre et du nord du pays qui sont des zones minières et touristiques.
De plus l'Etat pourra désormais étendre sa souveraineté sur ces zones longtemps restées en dehors de tout contrôle.
