Les députés commentent le projet de loi de finances rectificative pour l'exercice 2007

41 députés sur les 95 que compte l'Assemblée Nationale sont intervenus hier au cours d'une séance plénière consacrée à l'examen et à l'adoption
41 députés sur les 95 que compte l'Assemblée Nationale sont intervenus hier au cours d'une séance plénière consacrée à l'examen et à l'adoption du projet de loi de finances rectificative pour 2007. Les interrogations de ces derniers ont porté sur le contenu du projet, les amendements proposés par le gouvernement et la Commission des Finances de l'Assemblée nationale ainsi que ceux proposés par certains députés. Les amendements qui ont suscité des débats houleux,qui ont même atteint le stade d'échange d'accusations entre les députés de l'opposition et ceux de la majorité présidentielle étaient essentiellement proposés par les députés Kane Hamidou Baba du RFD et Moustapha Ould Bedr Eddine de l'UFP. Les propositions de ces deux députés ont porté sur la nécessité d'introduire de nouveaux chapitres dans le budget, destinés au financement de l'opération du retour des réfugiés mauritaniens, à l'appui à la solution du problème des mauritaniens expulsés du Sénégal et au traitement de l'affaire de la drogue à travers l'institution d'une commission issue de l'Assemblée nationale chargée de cette question. Certains députés de la majorité ont qualifié les propositions des deux députés "de propos démagogiques et de machinations", considérant que ce genre de propositions rentre dans le cadre des compétences du gouvernement et non des celles du parlement. Le député Bâ Aliou Ibra, président du groupe des députés indépendants a mis en garde contre l'exploitation du parlement pour "des fins de surenchères politiques et un lieu de démonstration de force". Il s'est dit surpris de la présentation de ces amendements au cour d'une séance plénière de l'Assemblée nationale au lieu de les proposer pendant les débats de la commission qui ont duré un mois, en présence des deux députés. Le président du groupe des députés indépendants a souligné que l'objectif des commissions parlementaires spécialisées est justement de débattre de toutes les propositions et l'intégration de celles qui sont approuvées au niveau des rapports présentés à l'assemblée générale. Il a évoqué dans ce cadre la réponse du président du comité ministériel chargé du dossier des réfugiés et du passif humanitaire, il y a deux jours devant les députés, qui a précisé que le financement de cette opération ne se pose pas avant 2008. M. Bâ Aliou Ibra a enfin indiqué que l'affaire de la drogue ressort des compétences des appareils exécutif et judiciaire avant d'apprécier le contenu du rapport de la commission des finances de l'Assemblée nationale relatif au projet de loi de finances rectificative 2007, qui reflète la compétence, le sérieux et le dévouement des députés et la conscience qu'ils ont de l'ampleur de leur responsabilité. Le député Mohamed Jemil Ould Mansour, président du groupe de la réforme et du changement a demandé à ses collègues de ne pas s'attaquer à un député qui a usé de son droit, car, a-t-il dit, chaque député a le droit de formuler des propositions au cours de la séance plénière à qui elle revient le droit de les approuver ou les rejeter. Il a ajouté " je ne comprends pas pourquoi les politiciens se déchaînent contre leur mission dès lors qu'ils doivent en user en faveur de l'intérêt général". Ould Mansour a qualifié les chapitres ouverts dans le budget relatifs à la dépense de biens et services "de dangereux" dans la mesure où ils ouvrent la voie à la mauvaise gestion, surtout si le fonctionnaire ou le responsable de la gestion est mal payé. Il a déploré le volume des montants alloués aux secteurs sociaux en citant comme exemple le budget des hôpitaux régionaux et les ressources de la santé qui ne dépassent pas 588 millions Ouguiyas alors que le budget de la télévision nationale atteint 538 millions et le budget des trois institutions officielles de presse dépasse 1 milliard 200 millions Ouguiyas tandis que la presse indépendante ne bénéficie d'aucun appui. Cette comparaison a-t-il dit, atteste du manque d'intérêt accordé à un secteur, aussi vital et sensible, que la santé publique. Ellen selon lui, n'est pas destinée à minimiser la valeur des organes de presse étatique ni à toucher à leur crédibilité. M. Jemil s'est étonné du volume de l'enveloppe financière accordée à l'ambassade de Mauritanie en Israël qui, a-t-il dit, atteint 75 millions Ouguiyas alors la moitié seulement de ce montant est allouée à d'autres ambassades dans des pays d'intérêt capital pour notre pays. M.Ould Mansour a proposé la réduction du budget de cette ambassade pour le chiffrer seulement à 5 millions. Il a soutenu les amendements relatifs aux réfugiés mauritaniens au Sénégal et à la drogue et invité ses collègues à juger ces amendements à travers l'intérêt général et non l'appartenance politique des députés qui l'ont proposés. Le député Mohamed El Moustapha Ould Bedr Eddine de l'AFP a affirmé que le projet de loi de finances rectificative va dans trois sens pour arriver à un résultat unique, à savoir l'appui continu en faveur des riches et la dégradation des conditions de vie des pauvres à travers un libéralisme qu'il a qualifié de "sauvage" entraînant la démission de l'Etat de la plupart de ses responsabilités. Il a ajouté que ce projet de loi serre l'étau autour des pauvres et des exclus à travers le poids du prélèvement fiscal consécutif à l'augmentation des taxes sur salaire à 10% par rapport à la loi de finances initiale pour 2007, la dégradation du pouvoir d'achat de ces catégories sous l'effet de la croissance de l'inflation qui a atteint 7% et le mutisme du gouvernement quant aux mesures à prendre dans ce cadre pour stabiliser les prix et protéger les couches vulnérables. Le président du groupe des députés de l'UFP a fait savoir que le projet de loi n'accorde aucune priorité à la lutte contre la pauvreté dont le taux est de l'ordre de 47% des citoyens et qui est considérée dans le discours officiel comme objectif principal de l'action du gouvernement. Il a souligné que le projet de loi de finances rectificative pour 2007 a été marqué par la persistance de la discrétion autour des informations et données politiques sur lesquelles le gouvernement fonde ses politiques financières. Le député Ahmedou Ould Abdel Kader du RFD a apprécié le volume du budget rectificative précisant que sont importance ne résulte pas dans les débats et les commentaires qu'elle a suscités mais plutôt dans sa dépense à 90% aux fins pour lesquelles elle a été mobilisée. Le député El Khalil Ould Teib de l'APP a demandé l'adoption de modalités pratiques et rationnelles pour l'élaboration du budget afin qu'elle soit en mesure de refléter les programmes de développement conçus et exécutés par le gouvernement. Il a insisté sur la nécessité de centrer les efforts sur les secteurs sociaux et d'allouer des montants suffisant pour la création de projets à même de garantir une vie décente aux citoyens. Le député de l'APP a enfin appelé à la suspension des relations avec Israël et attribution de l'enveloppe allouée à l'ambassade de la Mauritanie dans ce pays à des projets sociaux.

Sujets similaires

Voir plus

Archives

Cours de change

Devise de base : MRU

DeviseAchatVente
€ Euro 44,4245,77
$ Dollar américain 39,5240,73

Mis à jour le 24/10/2026 00:02